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    Musée national des beaux-arts du Québec

    Un musée, un peu plus dans sa ville

    Le quatrième pavillon, toujours en chantier, mettra à l’honneur l’art contemporain

    27 février 2016 | Jérôme Delgado - Collaborateur à Québec | Arts visuels
    La Ville de Québec a été une des premières à appuyer, à hauteur de 5 millions, ce changement dans l’écosystème local.
    Photo: Renaud Philippe Le Devoir La Ville de Québec a été une des premières à appuyer, à hauteur de 5 millions, ce changement dans l’écosystème local.

    La Fête nationale prendra à Québec des couleurs muséales. Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) a annoncé cette semaine qu’il inaugurera le 24 juin son quatrième bâtiment, en construction depuis cinq ans. Qualifié de plus important chantier culturel au Québec, le projet, baptisé pavillon Lassonde, est doté d’un budget de 103,4 millions, financé à 80 % par les deniers publics.

     

    À quatre mois jour pour jour de l’événement, le MNBAQ a dévoilé quelques détails de la programmation. Le gros des festivités, qui inclura un grand nombre de partenaires et débordera du nouveau bâtiment, durera trois jours. Mais pendant un an, le Tout-Québec y mettra du sien, à l’instar de l’organisme Exmuro arts publics qui proposera pendant l’été une sorte de fête foraine intitulée Humanorium.

     

    « La date du 24 juin est symbolique. On voulait s’inscrire dans l’esprit de la fête populaire », dit Pierre Lassonde, président du conseil d’administration du MNBAQ et principal mécène derrière l’édifice qui portera son nom. Sa contribution personnelle s’élève à 10 millions.

     

    Une fête participative, conçuepar Alexandre Fecteau, figure locale en théâtre, lancera le bal le jour de la Saint-Jean. Kiosques, galeries à ciel ouvert, plateaux de danse… Deux artères voisines du musée, Cartier et Grande Allée, seront transformées pour l’occasion.

     

    « On souhaite créer un événement rassembleur pour faire vivre un moment historique marquant, tant pour la Ville de Québec que pour notre institution nationale », soutient la directrice du musée, Line Ouellet.

     

    Un pont muséal

     

    Rappelons que le pavillon Lassonde, qui sera doté de 12 salles d’exposition et d’un théâtre, doublera les espaces du MNBAQ. Il portera la signature d’OMA, la firme du starchitecte Rem Koolhaas choisie après concours international. Dessiné par un des associés du bureau new-yorkais, Shohei Shigematsu, le bâtiment de Québec vise à rapprocher le musée de son quartier. Ainsi, l’entrée officielle de l’établissement sera désormais sur Grande Allée.

     

    « L’idée était de faire que le musée soit un pont entre la ville et le parc des Champs-de-Bataille. La manière de le faire était de donner l’impression que le bâtiment se détache du sol », explique Ceren Bingol, l’architecte de premier plan envoyée par la firme OMA.

     

    La Ville de Québec a été une des premières à appuyer, à hauteur de 5 millions, ce changement dans l’écosystème local. Elle a aussi accepté de repenser l’image des environs du musée et de les rebaptiser Quartier des arts.

     

    « Le MNBAQ est une institution extrêmement importante, un partenaire du développement de la Ville et une vitrine prestigieuse. Ce projet est l’occasion de faire sortir le musée de ses murs », dit Julie Lemieux, responsable de la culture, du patrimoine et de l’aménagement du territoire à la Ville de Québec.

     

    L’élue municipale s’est montrée très favorable en conférence de presse à soutenir les arts visuels. Elle n’a cependant pas pris le temps d’expliquer ce que l’administration Labeaume fera pour ne pas laisser dans l’ombre d’autres coins de culture de Québec, exclus, de facto, du Quartier des arts.

     

    Les expos, au compte-gouttes

     

    Il était déjà connu que cinq programmes inaugureront les espaces intérieurs du nouveau pavillon. La collection d’art inuit du MNBAQ et celle en arts décoratifs et design auront leurs propres salles. L’art contemporain est cependant le principal bénéficiaire de l’expansion muséale.

     

    L’hommage à Rosa Luxembourg, manifeste pictural de Riopelle sur 40 mètres de long, occupera un corridor à lui seul. L’expo permanente De Ferron à BGL survolera en 80 oeuvres toute la diversité de la création depuis 1960. Enfin, la première expo temporaire rassemblera une trentaine d’oeuvres monumentales sous l’intitulé Installations. À grande échelle.

     

    Ceux qui s’attendraient à en apprendre plus sur le contenu de ces expos devront patienter. Le MNBAQ dévoile son programme au compte-gouttes et les oeuvres sélectionnées, toutes tirées de ses réserves, ne seront révélées qu’en juin.

     

    « Ce sont des oeuvres qui parlent de l’espace, qui jouent avec l’espace, qui changent la perception de l’espace. Ça ressemblera à une typologie des expériences dans l’installation », dit Bernard Lamarche, conservateur en art actuel, au sujet de l’expo À grande échelle. Parmi les 200 installations du musée, il a choisi, dit-il, les plus « gigantesques ».

     

    Commissaire de l’exposition De Ferron à BGL, Ève-Lyne Beaudry, conservatrice de l’art contemporain, soutient avoir « voulu casser des moules ». « Je me restreins à une seule oeuvre par artiste, dit-elle. Le parcours est chronologique, mais il y aura des intrus, des oeuvres de périodes différentes qui montrent comment une époque a des résonances sur d’autres. »

     

    Lumière et chute d’eau

     

    À quatre mois de son inauguration, le pavillon Lassonde est toujours en chantier. Les grues sont encore fort nombreuses à l’extérieur, les outils pas mal bruyants à l’intérieur. Les représentants des médias et des partenaires du MNBAQ ont néanmoins pu constater l’avancée des travaux. Et, dans certains cas, la réussite du programme architectural.

     

    Les salles d’expositions temporaires se trouveront à proximité de la rue, « en continuité du hall d’entrée », précise Line Ouellet. Ce hall sera dominé par un escalier monumental et ondulatoire. L’auditorium bénéficiera, malgré son emplacement au deuxième sous-sol, de la lumière naturelle. Le bleu de ses murs et de ses 250 sièges accentuera le dénivelé du bâtiment en donnant l’impression qu’une chute d’eau coule sur place.

     

    À noter que le MNBAQ fermera ses portes pendant le mois précédant l’inauguration du pavillon Lassonde. Toute fête oblige quelques sacrifices.

    La Ville de Québec a été une des premières à appuyer, à hauteur de 5 millions, ce changement dans l’écosystème local. Ils étaient plusieurs cette semaine à vouloir présenter le fruit du long travail qui annonce de beaux lendemains pour le MNBAQ.  Le pavillon Lassonde sera inauguré dans quatre mois. Le pavillon Lassonde portera la signature d’OMA, la firme du starchitecte Rem Koolhaas, choisie après concours international. Le pavillon Lassonde, qui sera doté de 12 salles d’exposition et d’un théâtre, doublera les espaces du MNBAQ.












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