Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    L’histoire du Québec en mille morceaux

    Pointe-à-Callière présente une première grande exposition sur l’archéologie québécoise

    13 février 2016 |Caroline Montpetit | Arts visuels
    Les artefacts exposés ont été recueillis lors de fouilles menées dans quelque 10 000 sites québécois.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les artefacts exposés ont été recueillis lors de fouilles menées dans quelque 10 000 sites québécois.

    Né en Nouvelle-France, à Montréal, il a choisi de se rembarquer pour la France plutôt que de porter serment à la Couronne britannique. Après avoir fait naufrage à bord de l’Auguste en Nouvelle-Écosse, il rentre à pied à Québec, où il a écrit son histoire.

     

    Peu d’entre nous connaissent l’histoire de Luc de la Corne, l’un de ces Canadiens français qui a refusé de prêter allégeance à la Couronne britannique après la Conquête, en 1761.

     

    C’est l’une des histoires que l’on découvre dans l’exposition Fragments d’humanité. Archéologie du Québec, qui prend l’affiche mardi au musée Pointe-à-Callière.

     

    À l’aide d’artefacts, l’exposition traverse les millénaires, remontant loin dans la préhistoire, à l’époque des glaciations, jusqu’au naufrage de l’Empress of Ireland, dans le Bas-Saint-Laurent, il y a maintenant 100 ans.

     

    La pièce d’archéologie la plus ancienne est en effet une pointe de lance de 12 000 ans, trouvée près de Lac-Mégantic, au lac aux Araignées, et qui ouvre l’exposition.

     

    Cette pièce, recueillie en 2003 par l’archéologue Claude Castonguay, a fait reculer dans le temps l’occupation connue du territoire québécois de plus de 2000 ans. Son matériau indique que les autochtones qui l’ont utilisée arrivaient du sud, aux États-Unis, à une époque où l’ensemble du Québec était couvert de glaciers.

     

    Rare pirogue

     

    Autre pièce majeure de l’exposition, une pirogue, taillée à même un énorme tronc de pin, qui a été retrouvée au fond d’un lac dans la région de Chertsey, dans Lanaudière. L’objet aurait été confectionné autour du XVe siècle, et a été repéré par des plongeurs amateurs. Les autochtones de l’époque préféraient utiliser le canot, plus polyvalent, expliquent l’archéologue en chef de Pointe-à-Callière, Louise Pothier, et la chargée de projet, Élizabeth Côté. À ce jour, on n’a retrouvé qu’une dizaine d’épaves de pirogues sur le territoire du Québec.

     

    Les artefacts exposés ont été recueillis lors de fouilles menées dans quelque 10 000 sites québécois. La grande majorité des pièces présentées proviennent du Laboratoire et de la Réserve d’archéologie du Québec.

     

    Plusieurs n’ont encore jamais été présentées au public. Il s’agit en effet de la première grande exposition consacrée à l’archéologie québécoise.

     

    Plus loin, on trouve des vestiges d’une colline de quartzite, découverte dans la région de Mistissini, où se trouvaient les Mistassins, ancêtres des Cris. En plus d’être à l’origine de divers outils, d’une blancheur émouvante, et qui étaient utilisés à quelque 1000 kilomètres à la ronde, cette colline avait une connotation spirituelle capitale pour les autochtones. Baptisée l’Antre du lièvre, elle était utilisée pour la tenue de rituels par les chefs spirituels.

     

    C’est « un lieu magique et l’un des plus importants sites archéologiques du Québec, bien que peu connu du public », peut-on lire dans le livre Fragments d’humanité, archéologie du Québec. Pièces de collection, paru sous la direction de Louise Pothier, qui accompagne l’exposition. Il semble d’ailleurs que les Cris de la région continuent d’attribuer une valeur spirituelle à ces lieux.

     

    On plonge donc dans la préhistoire, puis dans l’exploration européenne, à partir des vestiges basques. On visite la table de bourgeois de Montréal et de Québec, au XVIIIe et au XIXe siècle, et on la compare à celle de familles moins fortunées.

     

    Vestiges aquatiques

     

    L’archéologie subaquatique occupe une place importante dans l’exposition, qui présente les vestiges de nombreux bateaux naufragés à différents endroits du territoire.

     

    L’histoire de l’Auguste est particulièrement intéressante puisqu’elle témoigne de l’épopée de représentants de familles de l’élite canadienne-française, qui avaient préféré s’embarquer pour la France plutôt que de prêter serment à la Couronne britannique, en 1761.

     

    Parti le 11 octobre, le bateau fait naufrage le 15 novembre, au large de l’île du Cap-Breton, après trois tempêtes.

     

    Seuls sept passagers survivront, dont Luc de la Corne, dit aussi Saint-Luc de la Corne, qui se fera aider des Micmacs pour rentrer à pied, à Québec, au printemps.

     

    Le livre qui relate son expérience, Journal du voyage de M. Saint-Luc de la Corne, écuyer dans le navire de l’Auguste, en l’an 1761, sera le premier texte écrit par un Canadien et publié sous forme de livre au Québec, aux éditions Fleury-Mesplets.

     

    Autre collection phare de l’archéologie subaquatique, celle de l’épave de l’Élizabeth and Mary, qui faisait partie de la flotte de 32 navires menée par William Phips pour attaquer Québec en 1690. Un plongeur amateur a découvert cette épave en 1994, à l’anse aux Bouleaux de Baie-Trinité, sur la Côte-Nord.

     

    L’expo permet de dévoiler une foule d’autres aspects méconnus de l’histoire du Québec. La présence par exemple des vestiges de la première brasserie de Nouvelle-France, créée par l’intendant Jean-Talon, à Québec. La brasserie a cependant dû rapidement cesser ses activités, puisque le roi de France souhaitait plutôt protéger le commerce issu de la métropole.

    Les artefacts exposés ont été recueillis lors de fouilles menées dans quelque 10 000 sites québécois. Le naufrage de l’«Empress of Ireland», dans le Bas-Saint-Laurent, est présent dans l’exposition. Une pièce majeure de l’exposition, une pirogue, taillée à même un énorme tronc de pin, a été retrouvée au fond d’un lac dans la région de Chertsey, dans Lanaudière. Les artefacts exposés ont été recueillis lors de fouilles menées dans quelque 10 000 sites québécois.  La grande majorité des pièces présentées proviennent du Laboratoire et de la Réserve d’archéologie du Québec.
    Fragments d’humanité. Archéologie du Québec
    Au musée Pointe-à-Callière du 13 février 2016 au 8 janvier 2017












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.