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    Art souterrain

    L’épineuse question de la séduction

    4 février 2016 | Jérôme Delgado - Collaborateur | Arts visuels
    L’artiste de Washington Mark Jenkins, actuellement en résidence à l’Arsenal, dans l’atelier où il crée des personnages hyperréalistes placés dans des situations dérangeantes.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir L’artiste de Washington Mark Jenkins, actuellement en résidence à l’Arsenal, dans l’atelier où il crée des personnages hyperréalistes placés dans des situations dérangeantes.

    Plus vaste, plus éclatée. En 2016, l’exposition Art souterrain prend le large, sans nécessairement être la plus grosse, avec sa sélection de quelque 75 projets. Porté par une question aux multiples réponses, « L’art doit-il séduire ? », le « festival » d’art contemporain puisera néanmoins dans plusieurs puits. À trois semaines de son inauguration, la 8e édition était dévoilée mercredi à l’Arsenal, devenu le quartier général de l’entité organisatrice.

     

    De prime abord, l’expo ressemblera aux précédentes. Elle se déroulera dans l’habituel réseau de corridors publics et intérieurs du centre-ville et du Vieux-Montréal. Les trois circuits à marcher sur plus de sept kilomètres s’étaleront encore entre le centre Eaton et la Place des Arts. Des artistes québécois comme étrangers en feront partie, et une série d’activités de médiation parsèmeront les trois semaines où les oeuvres resteront sur place.

     

    Des défis

     

    Frédéric Loury, fondateur et directeur de l’événement, sera une nouvelle fois le principal orchestrateur. C’est lui qui a choisi le thème de la séduction. Exposer dans l’espace public pose toutes sortes de défis, notamment celui de plaire à un grand nombre d’intervenants. La formule interrogative qui colore la 8e édition découle de l’aventure entamée en 2009.

     

    Plusieurs sous-thèmes ont teinté la sélection de Loury, notamment ceux de l’émerveillement, de la subversion et de l’inconfort. Parmi les artistes dont il a retenu des oeuvres, signalons Michel de Broin, le collectif Doyon-Rivest et le Danois Jesper Just, présent grâce à un prêt du Musée des beaux-arts de Montréal.

     

    Plutôt que de faire place à un pays invité (Israël, l’an dernier), Frédéric Loury a invité non pas une, mais deux commissaires à se joindre à lui. Anaïs Castro, connue pour son travail à la galerie Art mûr, s’est tournée vers « des artistes attentifs à la culture de l’autopromotion […], qui créent des malaises ». Marie-Josée Rousseau, propriétaire d’une discrète galerie du Mile-End dédiée à la photographie, La Castiglione, a sélectionné des images qui provoquent « autant d’admiration que de dégoût ».

     

    Les espaces

     

    Fait à noter, les trois commissaires ont travaillé en vase clos, bien que leurs choix s’entremêlent dans les espaces d’exposition. Le passage vitré de l’OACI accueillera ainsi une installation représentant des sans-abri, oeuvre du Mexicain Renato Garza Cervera, et des photos critiques du tourisme dans des lieux de drames, du Français Ambroise Tezenas.

     

    Frédéric Loury s’est aussi tourné vers deux collections publiques, celle du Conseil des arts du Canada (CAC) et celle de Loto-Québec, pour imbiber un peu d’histoire à l’expo. Il faut dire que ça se faisait déjà, puisqu’à Art souterrain on s’est toujours approprié les oeuvres permanentes qui se trouvent sur sa route.

     

    Cette fois, le volet rétrospectif sera un peu plus officiel. Il aura son espace propre. Les oeuvres du CAC, telles qu’une sculpture d’Ulysse Comtois ou un ensemble pictural de Jacques Hurtubise, seront rassemblées près de la station de métro Victoria. Une sélection tirée des coffres de l’entreprise du jeu sera, elle, exposée dans une vitrine de la Place Ville-Marie.

     

    Parcours interactif

     

    Autre nouveauté pour 2016, un parcours interactif a été mis en place par la société immobilière Ivanhoé Cambridge, propriétaire de plusieurs des immeubles visités par Art souterrain. Des tablettes électroniques seront à notre disposition pour qu’on y aille de nos impressions. « Les gens devront lire les cartels et rester plus longtemps face aux oeuvres. C’est un test pour continuer notre développement », résume le directeur d’Art souterrain.

     

    Un parcours dit satellite, hors du centre-ville, pointe vers des activités de diffusion dans de multiples adresses, de l’Arsenal aux galeries Art mûr et La Castiglione, en passant par Ubisoft. La bonne entente avec le privé se traduit aussi par la présence dans Art souterrain de l’artiste de Washington Mark Jenkins, actuellement en résidence à l’Arsenal. Ses personnages hyperréalistes placés dans des situations sinon spectaculaires, dérangeantes, seront ainsi l’objet en mars d’un solo dans le complexe situé dans Griffintown.

     

    Rappelons qu’Art souterrain est accessible sans frais. Les visites guidées sont cependant payantes. L’expo sera inaugurée le 27 février, lors de la Nuit blanche, et se poursuivra jusqu’au 20 mars.













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