Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Peinture actuelle au féminin

    3 octobre 2015 | Marie-Ève Charron - Collaboratrice | Arts visuels
    Marie-Claude Bouthillier fait partie de l’exposition avec son installation «Dans le ventre de la baleine».
    Photo: Yan Giguère Marie-Claude Bouthillier fait partie de l’exposition avec son installation «Dans le ventre de la baleine».
    Arts visuels
    Elles aujourd’hui
    Musée des beaux-arts de Montréal 1380, rue Sherbrooke Ouest Jusqu’au 7 août 2016

    Avec l’ouverture prévue de son nouveau pavillon en 2017, le Musée des beaux-arts de Montréal se lance pour la prochaine année dans un important réaménagement de ses collections. L’art contemporain québécois, canadien et international en constitue la première étape avec des résultats déjà visibles dans les salles qui lui sont consacrées au sous-sol.

     

    L’accrochage a été confié à Marie-Eve Beaupré, la première au musée, depuis 2014, à porter le chapeau de conservatrice de l’art contemporain québécois et canadien. Pour elle, les oeuvres de la collection à sa charge devaient trouver meilleur écrin en étant montrées parmi celles de l’art international. Ce faisant, l’espace jadis dédié aux oeuvres d’art québécois et canadien s’ouvre à une programmation d’expositions temporaires, avec, à tout le moins pour l’instant, l’art d’ici à l’avant-scène. L’objectif poursuivi est double : être plus en phase avec l’actualité tout en développant les acquisitions.

     

    Elles aujourd’hui inaugure cette nouvelle approche qui, ici, s’inscrit en résonance avec l’exposition sur les peintres du Beaver Hall qui ouvrira le 24 octobre. Grâce à un réexamen, ce groupe sera révélé pour avoir été déterminant dans le développement de la modernité picturale au Québec et pour avoir fait une place de choix aux artistes femmes. Sans conclure de l’influence de celles-là sur les autres, l’exposition organisée par Beaupré montre le travail de six peintres actuelles du Québec et du Canada choisies tant pour la pertinence de leur pratique que pour leur engagement dans leur communauté ou dans l’enseignement.

     

    Marie-Claude Bouthillier, Wanda Koop, Christine Major, Angèle Verret, Carol Wainio et Janet Werner sont les élues de cette exposition qui mise sur des valeurs établies, mais qui joue d’audace en montrant de la production très récente, parfois encore jamais sortie de l’atelier, et en constituant pour certains cas une première collaboration avec l’institution.

     

    Bouthillier en fait partie avec son installation Dans le ventre de la baleine, qui avait été remarquée en 2010 au centre Optica. L’oeuvre reconstituée fait partager une expérience intime de la création et de la peinture. Elle enveloppe le visiteur pour mieux lui dévoiler les possibilités du support qu’est la toile. Celle-ci se décline en dimensions variées, se superpose en couches ou forme un volume dans l’espace, exacerbant ce qui, par les motifs appliqués (rayures, pois, grilles), se veut illusoire ou bien tangible. De surcroît, l’artiste présente un ensemble inédit, et encore expérimental, nommé Pliures (études).

     

    Dans leur production la plus récente, Verret parvient encore à tromper les sens tandis que Koop déploie une grille de tableautins où les coloris acidulés montrent les variations infinies d’une Rivière ondoyante. Puisant dans une imagerie ancienne comme plus récente de cultures populaires, les oeuvres de Major, Wainio et Werner hybrident la peinture, renouvelant avec des perspectives critiques les façons de représenter le genre féminin ou de raconter.

     

    Si elles ont été choisies, en guise de pont jeté avec le passé du Beaver Hall, c’est aussi pour leur implication auprès des générations à venir. Il sera d’ailleurs question de leurs activités de transmission l’hiver prochain, lors de conversations devant public entre les artistes et avec leurs étudiantes.

     

    Du côté de la collection

     

    Le rafraîchissement de l’accrochage des oeuvres de la collection d’art contemporain international se faisait attendre depuis un temps. À force d’avoir changé par-ci par-là certaines pièces, l’ensemble avait perdu en cohérence. Le tout a été revu en comble par Beaupré, en introduisant plus franchement l’art du Québec et du Canada, et en proposant des regroupements thématiques, le récit chronologique étant exclu d’office. Aux textes muraux qui définissent trois sections viendront s’ajouter des pistes de lecture pour chacune des oeuvres, dans l’objectif de rendre digestes des pratiques aux horizons profus.

     

    Les axes cernés mettent en relief en les avantageant les partis pris de cette collection, dont certaines oeuvres phares sont toujours montrées. Dans La matière chante, clin d’oeil à la dernière exposition des Automatistes en 1954, il est question de matérialité comme lieu d’expérimentation, de gestualité et d’appropriation. À souligner, par exemple, le rapprochement des oeuvres de Valérie Blass et de Rachel Harrison, toutes deux jouant des codes de la sculpture pop et traditionnelle, et l’oeuvre de Christine Davis, constituée d’une projection sur un écran de papillons Morpho, n’ayant pas été sortie des réserves depuis dix ans.

     

    Un autre ensemble vise les paysages, en montrant l’aspect construit de ce qui semble être naturel. Dans cette veine, l’espace consacré à la « trilogie de Saint-Thomas » de Kent Monkman propose la subversion des identités de genre en s’ancrant de manière en apparence classique dans le genre du paysage.

     

    Quelques oeuvres plus anciennes des années 1950 et 1960 de Josef Albers et de Sam Francis entre autres, dans une salle du fond, semblent avoir été laissées en suspens, présageant ainsi leur déplacement, qui ne saurait, d’ailleurs, tarder à arriver.

    Marie-Claude Bouthillier fait partie de l’exposition avec son installation «Dans le ventre de la baleine». Installation de l’exposition «Elles aujourd’hui» Janet Werner , «Ballerine vieillissante faisant ses adieux», 2013 
    Elles aujourd’hui
    Musée des beaux-arts de Montréal, 1380, rue Sherbrooke Ouest, jusqu’au 7 août 2016












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.