Le design et la vie
L'exposition Le Design contemporain au Québec propose des oeuvres de professionnels et de jeunes prometteurs
Le design contemporain est encore jeune au Québec mais cela n'empêche pas son expansion ni son rayonnement. La prestigieuse Biennale internationale de Saint-Étienne 2002, en France, qui a invité le Centre de design de l'UQAM à exhiber des créations québécoises, reconnaissait ainsi la présence d'un design remarquable sur la scène internationale. Jusqu'à dimanche, l'exposition remaniée Le Design contemporain au Québec présente, à la Maison de la culture Frontenac, une quarantaine de ces meilleures réalisations.
«Le design ne signifie pas donner une forme à un produit plus ou moins stupide pour une industrie plus ou moins sophistiquée. Il est une façon de concevoir la vie, la politique, l'érotisme, la nourriture et même le design », dit Ettore Sottsass, grand designer italien.
À l'origine, explique Marc H. Choko, directeur du Centre de design de l'UQAM, le design est né avec la Révolution industrielle, dans la volonté de produire en série, mécaniquement, des objets du quotidien à la portée de tous.
De nos jours, les préoccupations fonctionnelles, artistiques, économiques, écologiques et psychologiques cohabitent dans les pratiques des designers.
Bref, ce n'est pas simple. Cette exposition propose ainsi un aperçu à la fois représentatif et fascinant de la qualité et de la beauté de la production en design au Québec.
Aux côtés de designers confirmés, on retrouve les oeuvres de jeunes designers prometteurs et les meilleurs travaux des finissants des trois grandes universités offrant un programme de design : Concordia, l'Université de Montréal et l'UQAM.
On y découvre les dernières créations de Michel Dallaire ou de Claude Maufette, les objets singuliers de Bruno Andrus ou de Janie de Kalbermatten et Josée Lepage (Sweimineral), les articles de bureau épurés de Colin Schleeh, les vêtements de sport haut de gamme signés Louis Garneau, les créations de Yso, la lampe lombric de Martin Ringuet, le fauteuil nommé Gérard d'Étienne Hotte, les salières et poivrières de Xtian Design, l'impressionnant foulard-bijou wallpaper de Félixe Carole Dicaire ou encore l'affiche que l'on a pu voir placardée partout en ville lors de la sortie du film Saved by the Belles, conçue par Élastik l'année dernière.
Une grande place
Le design contemporain québécois est en très grande partie l'oeuvre de petites entreprises ou de créateurs indépendants, qui conçoivent des produits industrialisés réalisés par d'autres ou qui produisent eux-mêmes de manière quasi artisanale de petites séries, rappelle M. Choko.
L'exposition le prouve puisque les différentes réalisations représentent les multiples voies de création empruntées par le design actuel. Elles oscillent entre l'expérimentation alternative et l'objet manufacturé, en passant par le graphisme et la mode.
Chose certaine, le design québécois bouillonne et il sera intéressant de suivre sa rapide évolution. Sans prétention, inventif, souvent amusant et enrichi des multiples cultures présentes au Québec, il est en train de devenir véritablement partie intégrante de l'économie et de la culture d'ici, tout en occupant une place croissante sur la scène internationale.
En sortant de l'exposition, on n'a d'autre envie que de redécorer son environnement, signé cette fois par des designers québécois.
- Le Design contemporain au Québec, à la Maison de la culture Frontenac, 2550, rue Ontario Est, jusqu'à dimanche, de 13h à 17h. Grâce au programme « Exposer dans l'île », créé en 1987 afin de faire connaître la richesse et la diversité des collections des grandes institutions muséologiques montréalaises et de faire circuler des expositions mettant en valeur la production d'artistes contemporains, l'expo part en tournée : du 17 janvier au 29 février à la Galerie Stewart Hall au Centre culturel de Pointe-Claire ; du 5 mars au 11 avril à la Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce ; du 16 avril au 16 mai au Musée des maîtres et artisans du Québec à Montréal ; du 20 mai au 17 juin au Centre culturel de Dorval ; du 26 juin au 22 août à la Maison de la culture Mercier ; et enfin du 5 septembre au 31 octobre au pavillon de l'entrepôt du Musée de Lachine.
Montrez ce cintre...
Et puisqu'on est dans le design, soulignons l'exposition Cintres qui sera présentée au Centre de design de l'UQAM, du 15 janvier au 22 février, et qui comprend l'ensemble de la collection de cintres Daniel Rozensztroch, soit plus de 400 pièces s'échelonnant du milieu du XIXe siècle à nos jours.
S'ajoutera à cette collection une série de cintres réalisés dans le cadre du concours « Cintres », soit par les étudiants en design de l'UQAM, de l'Université de Montréal, de l'Université Concordia et de l'École supérieure de mode de Montréal, soit par des designers professionnels.
D'après des exemples isolés, le cintre semble avoir été, à ses débuts au XVIe siècle, exclusivement réservé aux armées et au clergé. Le seul meuble de rangement dans les villes et les campagnes était alors le coffre où l'on rangeait les vêtements.
C'est seulement à la fin du XVIe siècle qu'on prit l'habitude de dresser les coffres à la verticale pour y suspendre les vêtements. Le coffre devint armoire, mais celle-ci ne gagna tous les foyers qu'au XVIIIe siècle.
- Centre de design de l'UQAM, 1440, rue Sanguinet (angle Sainte-Catherine), Montréal. Du mercredi au dimanche, de midi à 18 h.
«Le design ne signifie pas donner une forme à un produit plus ou moins stupide pour une industrie plus ou moins sophistiquée. Il est une façon de concevoir la vie, la politique, l'érotisme, la nourriture et même le design », dit Ettore Sottsass, grand designer italien.
À l'origine, explique Marc H. Choko, directeur du Centre de design de l'UQAM, le design est né avec la Révolution industrielle, dans la volonté de produire en série, mécaniquement, des objets du quotidien à la portée de tous.
De nos jours, les préoccupations fonctionnelles, artistiques, économiques, écologiques et psychologiques cohabitent dans les pratiques des designers.
Bref, ce n'est pas simple. Cette exposition propose ainsi un aperçu à la fois représentatif et fascinant de la qualité et de la beauté de la production en design au Québec.
Aux côtés de designers confirmés, on retrouve les oeuvres de jeunes designers prometteurs et les meilleurs travaux des finissants des trois grandes universités offrant un programme de design : Concordia, l'Université de Montréal et l'UQAM.
On y découvre les dernières créations de Michel Dallaire ou de Claude Maufette, les objets singuliers de Bruno Andrus ou de Janie de Kalbermatten et Josée Lepage (Sweimineral), les articles de bureau épurés de Colin Schleeh, les vêtements de sport haut de gamme signés Louis Garneau, les créations de Yso, la lampe lombric de Martin Ringuet, le fauteuil nommé Gérard d'Étienne Hotte, les salières et poivrières de Xtian Design, l'impressionnant foulard-bijou wallpaper de Félixe Carole Dicaire ou encore l'affiche que l'on a pu voir placardée partout en ville lors de la sortie du film Saved by the Belles, conçue par Élastik l'année dernière.
Une grande place
Le design contemporain québécois est en très grande partie l'oeuvre de petites entreprises ou de créateurs indépendants, qui conçoivent des produits industrialisés réalisés par d'autres ou qui produisent eux-mêmes de manière quasi artisanale de petites séries, rappelle M. Choko.
L'exposition le prouve puisque les différentes réalisations représentent les multiples voies de création empruntées par le design actuel. Elles oscillent entre l'expérimentation alternative et l'objet manufacturé, en passant par le graphisme et la mode.
Chose certaine, le design québécois bouillonne et il sera intéressant de suivre sa rapide évolution. Sans prétention, inventif, souvent amusant et enrichi des multiples cultures présentes au Québec, il est en train de devenir véritablement partie intégrante de l'économie et de la culture d'ici, tout en occupant une place croissante sur la scène internationale.
En sortant de l'exposition, on n'a d'autre envie que de redécorer son environnement, signé cette fois par des designers québécois.
- Le Design contemporain au Québec, à la Maison de la culture Frontenac, 2550, rue Ontario Est, jusqu'à dimanche, de 13h à 17h. Grâce au programme « Exposer dans l'île », créé en 1987 afin de faire connaître la richesse et la diversité des collections des grandes institutions muséologiques montréalaises et de faire circuler des expositions mettant en valeur la production d'artistes contemporains, l'expo part en tournée : du 17 janvier au 29 février à la Galerie Stewart Hall au Centre culturel de Pointe-Claire ; du 5 mars au 11 avril à la Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce ; du 16 avril au 16 mai au Musée des maîtres et artisans du Québec à Montréal ; du 20 mai au 17 juin au Centre culturel de Dorval ; du 26 juin au 22 août à la Maison de la culture Mercier ; et enfin du 5 septembre au 31 octobre au pavillon de l'entrepôt du Musée de Lachine.
Montrez ce cintre...
Et puisqu'on est dans le design, soulignons l'exposition Cintres qui sera présentée au Centre de design de l'UQAM, du 15 janvier au 22 février, et qui comprend l'ensemble de la collection de cintres Daniel Rozensztroch, soit plus de 400 pièces s'échelonnant du milieu du XIXe siècle à nos jours.
S'ajoutera à cette collection une série de cintres réalisés dans le cadre du concours « Cintres », soit par les étudiants en design de l'UQAM, de l'Université de Montréal, de l'Université Concordia et de l'École supérieure de mode de Montréal, soit par des designers professionnels.
D'après des exemples isolés, le cintre semble avoir été, à ses débuts au XVIe siècle, exclusivement réservé aux armées et au clergé. Le seul meuble de rangement dans les villes et les campagnes était alors le coffre où l'on rangeait les vêtements.
C'est seulement à la fin du XVIe siècle qu'on prit l'habitude de dresser les coffres à la verticale pour y suspendre les vêtements. Le coffre devint armoire, mais celle-ci ne gagna tous les foyers qu'au XVIIIe siècle.
- Centre de design de l'UQAM, 1440, rue Sanguinet (angle Sainte-Catherine), Montréal. Du mercredi au dimanche, de midi à 18 h.
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