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    Les murs de la ville réinventés

    Le festival MURAL s’installe sur le boulevard Saint-Laurent pendant 11 jours

    L’artiste montréalaise Melissa del Pinto peint une corneille géante pour le festival d’art public MURAL, qui se tient jusqu’au 14 juin. Le boulevard Saint-Laurent est fait piéton pour l’occasion.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L’artiste montréalaise Melissa del Pinto peint une corneille géante pour le festival d’art public MURAL, qui se tient jusqu’au 14 juin. Le boulevard Saint-Laurent est fait piéton pour l’occasion.

    MC, 29 ans, doit apprivoiser son vertige des hauteurs. Juchée sur une plateforme hydraulique, dans une ruelle perpendiculaire à la rue Prince-Arthur, elle s’apprête pour la première fois à peindre tout un mur entièrement seule. Dans quelques jours, toute la surface de brique sera métamorphosée. « Je peins souvent des femmes avec des gros cheveux, et des fleurs », dit-elle en riant.

     

    « Avec des yeux pétillants », ajoute son amie, Melissa Del Pinto, une autre artiste de 35 ans qui est en pause de la murale qu’elle est en train de peindre quelques coins de rue plus loin.

     

    « Moi, je peins des oiseaux », dit Melissa. Elle est d’ailleurs en train de recouvrir d’une corneille noire une murale qui montrait autrefois le canari jaune de Tweedy.

     

    « Les corneilles sont intelligentes, c’est mon oiseau préféré », dit-elle,

     

    MC et Melissa font partie des rares femmes de la vingtaine d’artistes qui a commencé à prendre d’assaut les murs de Montréal, dans le cadre du festival MURAL, autour du boulevard Saint-Laurent.

     

    Le tout est une gigantesque surprise, puisque plusieurs artistes ont gardé secret leur plan de murale jusqu’à la fin. Dans certains cas, cependant, le propriétaire du mur a tenu à approuver le projet.

     

    Astro, par exemple, un Montréalais de 37 ans, a commencé mercredi à travailler sur le mur de la rue Clark qui lui a été assigné. Il s’agit du mur arrière du magasin Rona du boulevard Saint-Laurent. Astro fait d’ailleurs partie du groupe qui a peint la murale d’un autre mur de ce magasin Rona, il y a quelques années.

     

    Astro a commencé à faire du graffiti à l’âge de 17 ans. Maintenant, il se tient du côté légal des choses en peignant des murs avec l’autorisation des propriétaires. Il fait aussi de l’illustration et du graphisme.

     

    « Je m’inspire des bandes dessinées européennes et japonaises », dit-il.

     

    Légal et encadré, le monde des murales est plus détendu que celui des graffiteurs, dit-il. Ces derniers doivent agir la nuit. « Et il y a une compétition entre les graffiteurs. C’est à celui qui en fait le plus possible. »

     

    Ces dernières années, le street art, plus figuratif que les tags ou les throw-ups des graffiteurs, a un peu pris le dessus sur les graffitis dans les rues de Montréal.

     

    Astro se souvient de la ville de Barcelone, qui, avant les années 2000 au cours desquelles les graffitis ont été nettoyés, était vraiment une ville-musée.

     

    Le festival MURAL, qui célèbre son 3e anniversaire, a pris de l’ampleur cette année, et le boulevard Saint-Laurent sera fermé durant 11 jours à la circulation en son honneur.

     

    Plusieurs artistes invités viennent de l’extérieur du pays et ont ainsi le temps de s’installer pour réaliser leur oeuvre.

     

    Parallèlement, une foire artistique se tient dans le stationnement qui fait face au cinéma Excentris, sorte de quartier général de l’événement où des spectacles de musique se tiennent en soirée. Un marché public se déploie pour sa part dans le parc du Portugal.

     

    Plusieurs conférences, sur l’art urbain, la photographie urbaine ou l’architecture, se tiendront au cinéma Excentris, où des films sur le sujet sont aussi projetés. Plus d’infos à muralfestival.com.













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