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    Trois artistes appellent au boycottage d’Art souterrain pour des raisons politiques

    27 février 2015 | Jérôme Delgado - Collaborateur | Arts visuels
    Photo: Francis Montillaud

    Invités à exposer dans le cadre d’Art souterrain, dont la 7e édition prendra son envol samedi, trois artistes appellent au boycottage de l’événement en raison de l’appui financier du Consulat général d’Israël. Ils demandent, par le fait même, que leur oeuvre commune, un court métrage, soit retirée de la sélection.

     

    Mary Ellen Davis, Will Eizlini et José Garcia-Lozano, auteurs de la vidéo Un jour en Palestine qui doit être projetée dans le complexe Les Ailes, refusent de « coexister avec des activités financées par le gouvernement d’Israël ». Ils renoncent au paiement de leur cachet et affirment agir en réponse à l’appel des Palestiniens à soutenir la campagne internationale Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS).

     

    « En vous associant au Consulat d’Israël, vous accordez du prestige à un État coupable de crimes de guerre, de violations du droit international, de politiques d’apartheid à l’intérieur de ses propres frontières et dans les territoires occupés », écrit le trio dans une lettre adressée à Frédéric Loury, le directeur général d’Art souterrain.

     

    Rappelons que l’exposition, qui prend forme dans les corridors souterrains de Montréal, est portée cette année par le thème de la sécurité, avec la sous-question « qu’advient-il de nos espaces de sécurité ? ». Israël en est le pays à l’honneur et c’est pour faciliter la venue de six artistes et une commissaire que le consulat israélien a appuyé financièrement Art souterrain.

     

    Les auteurs d’Un jour en Palestine concluent leur lettre en invitant la communauté à rejoindre la campagne BDS. Jeudi, ils avaient reçu l’appui de deux groupes de pression, Voix juives indépendantes et Palestiniens et Juifs unis (PAJU), dont les représentants ont également signé des missives. « Que reste-t-il des espaces de liberté des Palestiniens, Monsieur Loury ? Eh bien, pratiquement rien ! » soutient Bruce Katz, de PAJU.

     

    « Je trouve ça navrant de faire ces amalgames, a réagi au téléphone Frédéric Loury. Ces gens prennent une décision sans connaître nos raisons, sans nous les demander. Ils n’ont pas vu les oeuvres. »

     

    Le propriétaire de la défunte galerie SAS trouve « totalement injustifié » de croire que les artistes israéliens n’ont pas de sens critique à l’égard de leur gouvernement. On a besoin d’eux, croit-il, parce qu’ils « apportent une lumière différente de celles des médias ». Et il assure que la représentation diplomatique est restée discrète. « Nous avons eu totale liberté [le consulat] n’a pas voulu voir les textes [descriptifs] des oeuvres », dit-il, et rappelle que cette contribution financière ne représente que 2 % du budget total d’Art souterrain, évalué à 265 000 $.

     

    « C’est très regrettable, ça envoie un signal négatif », conclut-il, convaincu que la majorité pense comme lui. Il garde en tête un commentaire de Michel de Broin, un des Montréalais qui seront d’Art souterrain, qui lui a dit préférer savoir que l’État met de l’argent dans la culture plutôt que dans l’armement.













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