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    Houdini surgit au Musée McCord

    L’institution montréalaise reçoit une vaste collection d’oeuvres liées à la magie, dont 600 affiches et 200 livres rares

    10 février 2015 |Caroline Montpetit | Arts visuels
    David Ben, reconnu comme «une sommité mondiale» de l’histoire de la magie, devant une des affiches du magicien Harry Houdini qui fait partie du don de la fondation Emmanuelle Gattuso.
    Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir David Ben, reconnu comme «une sommité mondiale» de l’histoire de la magie, devant une des affiches du magicien Harry Houdini qui fait partie du don de la fondation Emmanuelle Gattuso.

    Le 22 octobre 1926, au Princess Theater, rue Sainte-Catherine, à Montréal, le célèbre magicien Harry Houdini se faisait peindre dans sa loge par un étudiant de McGill, lorsqu’un autre étudiant lui demanda de relever le défi de se faire donner des coups de poing dans le ventre. Houdini, qui lançait souvent ce genre de pari en spectacle, accepta. Mais les coups de l’étudiant arrivèrent sans qu’Houdini ait eu le temps de contracter ses muscles et, neuf jours plus tard, le célèbre contorsionniste mourait d’une péritonite dans la ville de Detroit.

     

    Et c’est au Musée McCord, dans l’édifice même où Harry Houdini donnait une conférence cette semaine-là, et où il a rencontré l’étudiant peintre de McGill, que se retrouve aujourd’hui l’une des plus importantes collections d’affiches et d’objets divers, liés à Harry Houdini et à d’autres magiciens de son époque.

     

    Le Musée vient en effet de recevoir ce don de la fondation Emmanuelle Gattuso, cette dernière étant l’épouse d’Allan Slaight, lui-même ancien magicien devenu magnat de la radiodiffusion et ancien propriétaire de Standard Broadcasting. M. Slaight a aussi écrit un livre de 3000 pages sur le magicien canadien Stewart James, qui fut son mentor.

     

    La nouvelle collection du Musée McCord regroupe plus de 600 affiches, 200 livres rares et 200 objets divers, parmi lesquels les menottes dont se servait Harry Houdini en spectacle.

     

    Elle est aussi intimement liée à l’histoire de Montréal, puisque les magiciens du XIXe et du XXe siècles s’y produisaient dans plusieurs salles de spectacles qui n’existent plus aujourd’hui : le Queen’s Theater, site accueillant aujourd’hui le magasin Les ailes de la mode, l’Académie de musique, rue Victoria, là où se trouve l’actuel centre Eaton, ou le Princess Theater, devenu ensuite le défunt cinéma Le Parisien.

     

    Houdini «superstar»

     

    À l’époque, les spectacles de magie étaient immensément populaires, et Houdini était considéré comme l’une des premières superstars du monde moderne. Le critique et dramaturge George Bernard Shaw disait alors que les trois personnes les plus célèbres de la planète étaient Jésus Christ, Sherlock Holmes et Harry Houdini, relève David Ben, directeur artistique de Magicana et éditeur du magazine Magicol, reconnu comme « une sommité mondiale » de l’histoire de la magie, qui participait à la rencontre de presse d’hier au Musée McCord.

     

    Né à Budapest en 1874, Harry Houdini entretenait par ailleurs des liens étroits avec le Canada. C’est au cours d’une visite dans un asile psychiatrique de Nouvelle-Écosse qu’il découvre la camisole de force, ce vêtement de contention pour « criminels aliénés », qui servira ensuite au numéro d’évasion le plus célèbre de son spectacle.

     

    La collection acquise par le Musée McCord nous présente aussi de nombreux autres magiciens qui ont marqué leur époque. David Ben en dresse d’ailleurs une généalogie passionnante. Une magnifique affiche, imprimée à Hambourg, en Allemagne, présente le trio Leroy, Talma, une des rares femmes magiciennes, et Bosco l’humoriste, le premier étant reconnu comme l’inventeur de la lévitation classique.

     

    Car le monde des magiciens, qui n’est pas protégé par les droits d’auteur, doit conserver habilement ses secrets. On dit que le magicien Keller aurait employé un ancien technicien de Leroy simplement pour apprendre le secret de la lévitation, un tour de magie basé sur un système complexe d’ascenseur. Le magicien Herrmann a pour sa part été remplacé, après sa mort, par sa femme Adélaïde, puis par le neveu de celle-ci, Léon.

     

    La collection acquise par le Musée McCord, en excellent état, a une valeur de quelque trois millions de dollars, estime Suzanne Sauvage, présidente et chef de la direction du Musée McCord. Le Musée prévoit tenir une exposition nationale et internationale sur le thème de la magie à partir de 2017. Entre-temps, les affiches seront numérisées et on pourra les admirer sur le site Internet du Musée.

    David Ben, reconnu comme «une sommité mondiale» de l’histoire de la magie, devant une des affiches du magicien Harry Houdini qui fait partie du don de la fondation Emmanuelle Gattuso. «Harry Houdini», The Strobridge Litho Co., 1911 «Buried Alive! Master Mystifier Houdini», The Othis Lithograph Co., 1926 «Thurston the Great Magician», The Otis Lithograph Co., vers/circa 1925 «Houdini Presents His Own Original Invention – The Greatest Sensational Mystery Ever Attempted in This or Any Other Age», The Strobridge Litho Co., 1916<br />
«Kellar the Great Magician», The Strobridge Litho Co., 1894<br />
«Comedians de Mephisto Co. Allied with Le Roy – Talma – Bosco World Monarchs of Magic», Adolph Friedländer, 1905<br />
«Thurston The Great Magician – The Wonder Show of the Universe», The Strobridge Litho Co., 1915












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