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    Fantaisie kitsch contemporaine

    3 novembre 2014 |Frédérique Doyon | Arts visuels
    Le collectif Party Like It’s 1699 s’est inspiré des fêtes extravagantes que tenait Louis XIV à Versailles.
    Photo: Sébastien Roy Le collectif Party Like It’s 1699 s’est inspiré des fêtes extravagantes que tenait Louis XIV à Versailles.

    Du baroque au kitsch. C’est à ce glissement un peu facile que cède Le pop d’époque. Le curieux objet audiovisuel du collectif Party Like It’s 1699 se présente comme un opéra numérique baroque, mais tient surtout de la fantaisie kitsch contemporaine.

     

    Du baroque, le « spectacle » semble surtout retenir l’exagération et les forts contrastes esthétiques. On est d’abord plongé dans un théâtre néo-baroque, à colonnades, où bruissent les conversations d’une noblesse parvenue. Il paraît qu’on peut entrer dans l’intimité de leurs « jasettes » si l’on s’approche, mais il faut le savoir, car rien n’y invite, donc nous n’avons malheureusement pas pu tâter la chose. Cela dit, l’idée est cocasse.

     

    Le plafond grouille de sculptures humaines vivantes nues ou légèrement vêtues, délirantes et grotesques références aux figures de la mythologie et à leur abondance dans l’iconographie classique. Ce décor ouvre et clôt le « spectacle » et lui sert d’interludes.

     

    S’intercalent alors une série de tableaux-concerts aux collages visuels complètement loufoques et éclectiques, entre le naïf et le surréaliste. Des vagues envahissent un ciel étoilé. De vrais visages d’enfants sont montés sur des corps de petites créatures animées. Des bouches chantent, plaquées sur les astres. Des Vénus de Milo dansent sur un socle. L’esprit de bricolage domine.

     

    Les personnages-chanteurs surgissent sur un nuage. Leurs voix aiguës évoquent une certaine pop rococo-contemporaine, où le clavecin alterne avec les airs plus rock. On s’émerveille et sourit devant ce bariolage inclassable. Mais au final, on reste perplexe. Surtout parce que le jeu théâtral décalé à la gestuelle faussement affectée qui s’y rattache ne convainc pas. La « présence » virtuelle des interprètes (surtout ceux qui chantent) fait souvent défaut.

     

    Le collectif Party Like It’s 1699 s’est inspiré des fêtes extravagantes que tenait Louis XIV à Versailles. La relecture se veut teintée des visions queers et féministes. Celles-ci se résument-elles à l’ambiguïté sexuelle coquine des personnages ? On sort avec la vague impression qu’on a imaginé tout un univers pour une musique qui n’a malheureusement pas toujours la qualité de son audace.

     

    Mais on reste toujours curieux des expérimentations numériques que permet l’écran hémisphérique de la Société des arts technologiques. Et si l’expérience numérique immersive seule déçoit, elle s’annonce plus prometteuse avec les performances vivantes en direct qu’on promet désormais d’y greffer pour le reste des représentations, après une réunion de production de l’équipe artistique. Ce Pop baroque semble en effet tout désigné pour un contexte de «happening».

    Le pop d’époque
    Du collectif Party Like It’s 1699. À la Société des arts technologiques, les 7, 14, 19, 20 et 21 novembre.












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