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    La fabrique de littérature

    Avec son intrigante installation, PME-ART réécrit «Le livre de l’intranquillité» de Pessoa

    27 octobre 2014 | Nayla Naoufal - Collaboratrice | Arts visuels
    <em>Adventures Can Be Found Anywhere, même dans la mélancolie</em>, c’est six performeurs qui écrivent, attablés devant des exemplaires du Livre de l’intranquillité.
    Photo: PME-Art Adventures Can Be Found Anywhere, même dans la mélancolie, c’est six performeurs qui écrivent, attablés devant des exemplaires du Livre de l’intranquillité.
    Adventures Can Be Found Anywhere, même dans la mélancolie
    De et avec Claudia Fancello, Marie Claire Forté, Nadège Grebmeier Forget, Adam Kinner, Ashlea Watkin et Jacob Wren. À la Galerie Leonard-et-Bina-Ellen, Université Concordia, jusqu’au 1er novembre.

    De retour de la version hexagonale du Festival ActOral Marseille/Montréal, PME-ART investit la Galerie Leonard-et-Bina-Ellen avec une installation performative. Six performeurs y réécrivent Le livre de l’intranquillité de Pessoa, afin d’en faire un écrit à leur image, moins mélancolique et plus contemporain. Adventures Can Be Found Anywhere, même dans la mélancolie propose une mise en espace ludique et intelligente de la littérature.

     

    Six performeurs écrivent, attablés devant des exemplaires en français et en anglais du livre bleu de l’écrivain lisboète. Dans une deuxième pièce, sont exposés les écrits bilingues des performeurs : enfilade de feuilles colorées aux trouvailles originales, textes avec de petits dessins, calligrammes, rébus… Une troisième pièce sert de salle de projection et de lecture.

     

    Forgée à la lisière entre les arts visuels, la performance, la musique, la littérature et la poésie, l’installation, coprésentée avec le Festival ActOral, repose sur l’idée que toute lecture est une réécriture. Ouvrage laissé inachevé et fragmenté par Pessoa, les nombreuses éditions du Livre de l’intranquillité constituent un matériau particulièrement propice à un chantier d’expérimentation littéraire à plusieurs mains. La littérature y est abordée comme un art visuel et mise en scène d’une manière inventive et empreinte de finesse, tournant résolument le dos aux codes du théâtre.

     

    On regrette un peu que l’installation ne soit pas participative. Les spectateurs qui ont demandé à se joindre au chantier de réécriture ont reçu une réponse négative. Surprenant de la part d’un collectif qui esquive les cloisonnements dans un esprit à la fois punk et bon enfant. Quand on pose la question à Jacob Wren, on apprend qu’il espère bien que certains spectateurs s’attelleront chez eux à la réécriture du Livre de l’intranquillité.

     

    Le DJ qui donnait trop d’information, autre performance de PME-ART, a d’ailleurs essaimé : des particuliers organisent désormais des soirées où on raconte des histoires sur les morceaux écoutés.

     

    Avec leur nouvel ovni accessible et innovateur, les têtes chercheuses de PME-ART continuent à remettre en question le rapport à l’art, infiltrant la poésie là où on ne l’attend pas. Le punk n’est pas mort.

    Adventures can be found anywhere, même dans la mélancolie
    De et avec Claudia Fancello, Marie Claire Forté, Nadège Grebmeier Forget, Adam Kinner, Ashlea Watkin et Jacob Wren. À la Galerie Leonard-et-Bina-Ellen, Université Concordia, jusqu’au 1er novembre.












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