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    Robert Roussil

    Hommage monumental

    À défaut d’avoir pu y être en personne, le sculpteur fait l’objet d’une première rétrospective posthume

    Robert Roussil crée, en 1964, le premier symposium international de sculpture sur le mont Royal. Cinquante ans plus tard, Monumentum, symposium international de sculpture à Sutton, rend hommage à l’artiste décédé en 2013 à l’âge de 88 ans.
    Photo: Jacques Grenier Le Devoir Robert Roussil crée, en 1964, le premier symposium international de sculpture sur le mont Royal. Cinquante ans plus tard, Monumentum, symposium international de sculpture à Sutton, rend hommage à l’artiste décédé en 2013 à l’âge de 88 ans.

    Il sculptait des oeuvres plus grandes que nature. Prenait le bois, la pierre ou le métal à bras-le-corps : Atlas portant la Terre sur son épaule. Pionnier de l’art monumental au Québec, Robert Roussil a vécu aussi avec sa patrie une relation tumultueuse. Une première rétrospective depuis la mort de l’artiste l’an dernier prend l’affiche dans la petite ville de Sutton. Et un symposium d’art monumental lui rend hommage.


    Il avait fait scandale dans le Québec des années 1950 parce qu’il avait osé montrer une sculpture d’un homme, d’une femme et d’un enfant nus. L’oeuvre, intitulée La famille et jugée obscène, avait été mise sous les verrous. Et Robert Roussil avait perdu son poste d’enseignant à l’école d’art et design du Musée des beaux-arts de Montréal. Son atelier avait aussi été cadenassé à cause de ses activités de gauche, en 1953.

     

    Mort l’an dernier à Tourrettes-sur-Loup, où il s’était réfugié en 1956, Robert Roussil est l’objet d’une première rétrospective posthume dans la petite ville de Sutton, dans les Cantons-de-l’Est, à partir de ce vendredi. Au même moment, Sutton s’apprête à lancer Monumentum, son premier symposium d’art monumental, cette forme de sculpture que pratiquait précisément, avec passion, Robert Roussil.

     

    En fait, Olivier Birnham, l’un des membres du conseil d’administration de Monumentum, avait approché Robert Roussil, avant sa mort, pour lui demander d’en être le parrain. Roussil ne pouvait pas alors voyager au Québec à cause de son état de santé, mais il avait accepté la mission.

     

    « Il était ouvert à l’idée de devenir parrain, mais il était trop âgé pour se déplacer », raconte Daniel Haché, président du symposium international de sculpture de Sutton.

      

    « Sculpture habitable »

     

    Le sculpteur disparu, l’idée du symposium fait son chemin, en même temps que celle d’organiser une rétrospective des oeuvres du maître. Les enfants de Robert Roussil, André et Éric, qui vivent à Montréal, et sa veuve, Danielle, qui vit en France, se prêtent avec enthousiasme au projet.

     

    Impossible, bien sûr, de déménager la maison-sculpture La Boule, qui se déploie sur deux étages et qui avait pourtant été transportée par avion pour être exposée au Musée des beaux-arts de Montréal en 1971. Par définition, l’art monumental ne voyage pas léger… La plus grosse oeuvre exposée à Sutton est une sculpture de fonte de 400 livres (180 kilos), tirée de la collection de l’homme d’affaires Bernard Lamarre. Les oeuvres présentées à la galerie Arts Sutton proviennent en effet en grande partie de collections privées. On y retrouvera aussi des sculptures sur bois, des lithographies, des encres de chine et des bronzes. On ne pourra pas y voir La famille, mais une autre sculpture, effectuée durant la même période, qui témoigne de l’état d’esprit du sculpteur.

     

    Daniel Haché a eu l’idée d’organiser ce symposium d’art monumental après avoir participé à un événement semblable tenu à Saint-Jean-Port-Joli. Il se rend compte qu’on y utilisait du pin blanc qui provenait de sa propre région de Brome-Missisquoi.

     

    Il décide alors d’organiser un symposium à Sutton, pour en faire un lieu d’échanges entre artistes. Pour la première édition, et pour rendre hommage à Robert Roussil, les organisateurs ont lancé un concours international aux sculpteurs d’art monumental. Ceux-ci devaient soumettre un projet d’hommage à Robert Roussil. Les gagnants de cette année sont deux Portugais, Luis Murcho et Hugo Maciel, qui ont proposé une oeuvre de pin blanc, qui proviendra de la région, ornée d’un portrait de métal représentant Robert Roussil. Cette sculpture en direct sera effectuée au pied des pentes de ski du mont Sutton, avant d’être transportée devant la galerie Arts Sutton. Les visiteurs pourront aussi visionner le film Roussil ou le curieux destin d’un anarchiste impénitent, de Werner Volkmer, qui retrace l’itinéraire du sculpteur libertaire.

     

    L’équipe de Monumentum voulait aussi célébrer le 50e anniversaire du premier symposium en Amérique du Nord, organisé par Robert Roussil lui-même au sommet du mont Royal, à Montréal. À cette époque, Roussil développe le concept de « sculpture habitable ». À Sutton, on veut recréer cet esprit d’échange et on souhaite tenir cet événement chaque année, en regroupant de six à huit créateurs d’art monumental.

     

    La sculpture fabriquée par Luis Murcho et Hugo Maciel, qui fera huit pieds (2,50 m) de haut, sera offerte à la ville de Sutton. Mais les organisateurs de Monumentum voient plus loin. Ils souhaiteraient que le symposium puisse fournir des oeuvres monumentales publiques qui pourraient être exposées ailleurs au Québec.

    Robert Roussil crée, en 1964, le premier symposium international de sculpture sur le mont Royal. Cinquante ans plus tard, Monumentum, symposium international de sculpture à Sutton, rend hommage à l’artiste décédé en 2013 à l’âge de 88 ans. Il sculptait des œuvres plus grandes que nature. Prenait le bois, la pierre ou le métal à bras-le-corps. L’œuvre Cactus modulaire (1986), de Robert Roussil (sculpture de bronze, alliage de cuivre-béryllium d’une hauteur de 10 m et d’une largeur de 3 m), est installée au centre-ville de Montréal dans la cour arrière de la tour ADP, donnant sur la rue Peel.












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