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L'Hôtel des encans perd une fortune en ne vendant pas les Riopelle

Stéphane Baillargeon   13 novembre 2003  Arts visuels
Alors que les liquidateurs de la Succession Jean-Paul Riopelle décidaient de ne pas interjeter appel de la décision de la Cour supérieure d'interdire la vente des 67 oeuvres de la collection du peintre, l'encanteur Iégor de Saint-Hippolyte se plaignait hier du sort qui lui a été réservé dans cette affaire. Il menaçait même d'intenter des poursuites contre ses «détracteurs».

Les avocats des liquidateurs ont laissé entendre mardi soir, après que la juge Nicole Bénard eut accordé une injonction provisoire aux trois enfants du peintre, qu'ils songeaient à en appeler de la décision. Hier, ils ont finalement décidé de jeter l'éponge. L'injonction tient pour dix jours et devra ensuite être révisée.

L'annulation de la vente fait perdre des centaines de milliers de dollars à l'Hôtel des encans. La maison de Iégor de Saint-Hippolyte devait empocher 15 % du total des ventes, payé par les acheteurs, en surplus des taxes. Comme la collection des 67 oeuvres était évaluée à plus de 12 millions, la grande liquidation aurait facilement pu rapporter plus de un million à l'Hôtel des encans. Les coûts de l'organisation de la vente («entre 150 000 $ et 250 000 $», selon le commissaire-priseur) seront remboursés par la succession.

Le marchand d'art a affirmé hier en conférence de presse avoir reçu 400 réservations de places du monde entier pour l'encan qui devait avoir lieu hier soir dans un hôtel de Montréal. La maison avait déjà en main une cinquantaine d'offres d'achat, dont certaines de musées.

Pour le reste, M. Saint-Hippolyte a répété en gros les arguments entendus en cour pendant l'audition de la cause. Pour lui, le catalogue rendant publique la vente ne comprenait pas plus d'erreurs que d'autres du même genre et les conditions d'accrochage des oeuvres, notamment à New York, respectaient les normes du secteur. Il a aussi rappelé qu'il avait vendu environ 300 oeuvres de Riopelle depuis la fondation de sa maison de vente, il y a vingt ans.

«J'ai été agressé, a dit le fondateur de iegor.net. J'ai été diffamé dans les journaux. La campagne de diffamation a commencé le 30 octobre, le jour de l'annonce de la vente. Je me réserve le droit de poursuivre.»

Les avocats défendant la demande d'injonction ont attaqué son professionnalisme. «De plus, la façon de procéder de l'encanteur choisi est très contestée et même sa capacité de vendre des oeuvres d'une si grande valeur est mise en doute», note la juge Bénard dans son jugement.
 
 
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