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    Quand l’art s’immisce dans les communautés

    13 février 2014 |Frédérique Doyon | Arts visuels
    L’artiste Sylvie Cotton expose ses œuvres-traces qui ont découlé d’une insertion en CHSLD.
    Photo: Sylvie Cotton L’artiste Sylvie Cotton expose ses œuvres-traces qui ont découlé d’une insertion en CHSLD.

    À l’heure où les résidences d’artistes se multiplient dans les lieux atypiques, l’artiste Sylvie Cotton et l’organisme C2S Art et Événements se penchent sur les possibles et les limites de ces nouvelles rencontres à l’occasion d’une table ronde ce jeudi à 17 h.


    Sortir l’art de ses institutions, l’amener vers les gens, ces credos circulent depuis déjà plusieurs années. Depuis quelques années, l’art investit d’autres territoires que les écoles ou places publiques, s’infiltrant de plus en plus dans les hôpitaux et les centres pour personnes âgées. C2S Arts et Événements, qui propose des résidences d’artistes dans les écoles d’Hochelaga-Maisonneuve depuis 2007, a élargi son action au CHSLD Notre-Dame-de-Lourdes et à Ma maison Saint-Joseph depuis 2011. Un centre en Beauce vient aussi d’emboîter le pas.

     

    « Il y a différentes façons de présenter l’art dans ces milieux : par des concerts, des ateliers de création, rapporte Serge Marchetta. Nous, on voulait axer ça sur la participation et la rencontre, pour un contact privilégié avec l’artiste. »

     

    L’artiste vient bousculer les routines, dit-il. Et dynamise les relations avec le personnel aidant et avec leurs proches, qui rajeunissent leur regard porté sur leurs vieux.

     

    Sylvie Cotton a multiplié les résidences dans sa carrière, mais n’en avait jamais mené dans un foyer pour personnes âgées comme Ma maison Saint-Joseph. Un choc qui lui a fait revivre la crainte d’une dérive de sa pratique enracinée dans la rencontre avec l’autre : celle d’instrumentaliser ces communautés plus fragilisées.

     

    « Dans ma pratique, il m’est arrivé de me dire : attention, es-tu en train de vouloir qu’ils fassent ce que tu veux qu’ils fassent ? raconte celle qui articule ses rencontres selon des conditions très simples — les yeux bandés ou en silence, pour mettre les sens au défi. Je m’étais donné comme point de départ de tenir la main des gens. Et je me suis rendu compte que c’était intrusif comme projet parce que la plupart sont Alzheimer et/ou ne parlent pas, donc ne peuvent pas me dire non… »

     

    Les mains de Marie

     

    L’artiste expose les oeuvres-traces qui ont découlé de cette insertion en CHSLD à la Maison de la culture Maisonneuve jusqu’au 16 février. La modeste exposition intitulée Dessiller (définition : amener à voir ce qu’on refuse de voir) réunit quelques photos, dessins, petites installations qui composent le parcours. Marie, la seule résidente qui a accepté cette condition initiale — « elle m’a souri quand je lui ai pris la main » — a inspiré une photo.

     

    M. Miron a osé un dessin, un geste touchant qui en a entraîné une série d’autres de la main de l’artiste. « Au lieu d’arriver et de leur montrer des choses ou leur dire quoi faire ou comment (ce qu’ils subissent quotidiennement), au contraire, je me suis laissée inspirée par lui, il m’a appris des choses. »

     

    Sylvie Cotton vient d’entamer une nouvelle résidence, cette fois auprès des enfants malades de l’organisme Phare, à l’invitation de Turbine, qui mène depuis 1999 des projets artistiques et pédagogiques dans les écoles et le milieu communautaire. Adriana de Oliveira, chargée de projets pour ce centre de création pédagogique, participe aussi à la table ronde.













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