Les enfants de Riopelle demandent une injonction
Les enfants de l’artiste Jean-Paul Riopelle vont demander une ordonnance d’injonction pour empêcher la tenue de la vente de la collection de leur père, prévue mercredi prochain, à Montréal. Les procédures seront instituées «au cours des prochains jours», selon un communiqué émis hier en fin d’après-midi.
Par ailleurs, selon les informations obtenues par Le Devoir, la grande majorité des 65 oeuvres de cette collection exceptionnelle, dont les plus importantes, ne pourraient pas bénéficier de la loi fédérale interdisant la sortie du pays des «biens culturels qui présentent un intérêt exceptionnel et une importance nationale». En clair: si des collectionneurs étrangers achètent ces oeuvres, en cas de vente dans un avenir rapproché, rien ne pourrait les empêcher de leur faire quitter le pays.
Les enfants Riopelle, Iseult et Sylvie, de même que Yann Fravolo, ont fait savoir avant-hier aux liquidateurs de la Succession Jean-Paul Riopelle, dont Huguette Vachon, la dernière compagne de l’artiste décédé en mars 2002, qu’ils s’opposaient à la mise aux enchères de la collection. Ils leurs donnaient jusqu’à hier matin pour réagir. Comme ceux-ci ont signifié leur intention d’aller de l’avant avec l’encan, les héritiers ont ordonné à leurs procureurs du bureau Heenan Blaikie de Montréal «d’instituer des procédures judiciaires en vue d’obtenir une ordonnance d’injonction pour empêcher la tenue de cette vente».
Les lots étaient en montre avant-hier, à New York. Des collectionneurs américains sont particulièrement alléchés par une grande toile de Joan Mitchell pouvant à elle seule valoir plus d’un million. L’ancienne compagne de Riopelle a eu droit à une rétrospective au Whitney Museum de New York, à l’été 2002. Sa cote monte sans cesse contrairement à celle de l’artiste québécois, qui a vu sa valeur marchande fondre depuis une dizaine d’années. Les Européens, eux, lorgnent les Georges Matthieu et les plus beaux Riopelle, dont une magnifique mosaïque de 1953.
L’opération-exposition se répète aujourd’hui, à Toronto. Les musées québécois devront donc peut-être un jour lutter aux enchères contre des concurrents beaucoup plus riches en cas de mise en vente des oeuvres, si la demande d’injonction échoue.
La Loi sur l’exportation et l’importation de biens culturels, adoptée en 1977 par Ottawa, permet de protéger temporairement une oeuvre qui représente un «intérêt exceptionnel et une importance nationale». La Commission canadienne d’examen des exportations de biens culturels, un tribunal indépendant du ministère du Patrimoine canadien, peut fixer un délai de deux à six mois durant lequel le bien doit rester au Canada. Pendant cette période, les établissements concernés (musées, centres d’archives, universités... ) sont informés de la disponibilité du bien. Ils peuvent aussi obtenir une subvention pour l’acquisition.
Pour se qualifier, un «bien culturel» d’un auteur décédé doit avoir cinquante ans et plus et être au pays depuis au moins trente-cinq ans. «Selon les informations dont nous disposons, cette collection est au Canada depuis quatre ans seulement, dit Anne-Sophie Lawless, porte-parole du ministère du Patrimoine canadien. Si ces informations se confirment, l’ensemble ne répond donc pas à un des trois critères de base de la loi.»
En plus, certains artistes représentés ne sont pas décédés et la plupart des oeuvres ont moins de cinquante ans. Au total, selon le pointage remis au Devoir par un expert, à peine une douzaine des quelque 65 lots de la Succession Jean-Paul Riopelle pourraient répondre aux critères de protection nationale, évidemment s’ils étaient au pays depuis assez longtemps.
Tim Sutheat, un expert du ministère, précise que les oeuvres sont protégées mais que les licences d’exportation seraient tout de même accordées immédiatement. «Il nous reste à confirmer à 100 % depuis quand la collection est au Canada», dit-il.
De même, les fonctionnaires ne pouvaient pas confirmer hier que des permis nécessaires ont été demandés et accordés par l’Hôtel des encans de Montréal pour faire voyager les oeuvres à l’extérieur du pays cette semaine. Par contre, la maison montréalaise affirme avoir suivi les démarches légales.
Par ailleurs, selon les informations obtenues par Le Devoir, la grande majorité des 65 oeuvres de cette collection exceptionnelle, dont les plus importantes, ne pourraient pas bénéficier de la loi fédérale interdisant la sortie du pays des «biens culturels qui présentent un intérêt exceptionnel et une importance nationale». En clair: si des collectionneurs étrangers achètent ces oeuvres, en cas de vente dans un avenir rapproché, rien ne pourrait les empêcher de leur faire quitter le pays.
Les enfants Riopelle, Iseult et Sylvie, de même que Yann Fravolo, ont fait savoir avant-hier aux liquidateurs de la Succession Jean-Paul Riopelle, dont Huguette Vachon, la dernière compagne de l’artiste décédé en mars 2002, qu’ils s’opposaient à la mise aux enchères de la collection. Ils leurs donnaient jusqu’à hier matin pour réagir. Comme ceux-ci ont signifié leur intention d’aller de l’avant avec l’encan, les héritiers ont ordonné à leurs procureurs du bureau Heenan Blaikie de Montréal «d’instituer des procédures judiciaires en vue d’obtenir une ordonnance d’injonction pour empêcher la tenue de cette vente».
Les lots étaient en montre avant-hier, à New York. Des collectionneurs américains sont particulièrement alléchés par une grande toile de Joan Mitchell pouvant à elle seule valoir plus d’un million. L’ancienne compagne de Riopelle a eu droit à une rétrospective au Whitney Museum de New York, à l’été 2002. Sa cote monte sans cesse contrairement à celle de l’artiste québécois, qui a vu sa valeur marchande fondre depuis une dizaine d’années. Les Européens, eux, lorgnent les Georges Matthieu et les plus beaux Riopelle, dont une magnifique mosaïque de 1953.
L’opération-exposition se répète aujourd’hui, à Toronto. Les musées québécois devront donc peut-être un jour lutter aux enchères contre des concurrents beaucoup plus riches en cas de mise en vente des oeuvres, si la demande d’injonction échoue.
La Loi sur l’exportation et l’importation de biens culturels, adoptée en 1977 par Ottawa, permet de protéger temporairement une oeuvre qui représente un «intérêt exceptionnel et une importance nationale». La Commission canadienne d’examen des exportations de biens culturels, un tribunal indépendant du ministère du Patrimoine canadien, peut fixer un délai de deux à six mois durant lequel le bien doit rester au Canada. Pendant cette période, les établissements concernés (musées, centres d’archives, universités... ) sont informés de la disponibilité du bien. Ils peuvent aussi obtenir une subvention pour l’acquisition.
Pour se qualifier, un «bien culturel» d’un auteur décédé doit avoir cinquante ans et plus et être au pays depuis au moins trente-cinq ans. «Selon les informations dont nous disposons, cette collection est au Canada depuis quatre ans seulement, dit Anne-Sophie Lawless, porte-parole du ministère du Patrimoine canadien. Si ces informations se confirment, l’ensemble ne répond donc pas à un des trois critères de base de la loi.»
En plus, certains artistes représentés ne sont pas décédés et la plupart des oeuvres ont moins de cinquante ans. Au total, selon le pointage remis au Devoir par un expert, à peine une douzaine des quelque 65 lots de la Succession Jean-Paul Riopelle pourraient répondre aux critères de protection nationale, évidemment s’ils étaient au pays depuis assez longtemps.
Tim Sutheat, un expert du ministère, précise que les oeuvres sont protégées mais que les licences d’exportation seraient tout de même accordées immédiatement. «Il nous reste à confirmer à 100 % depuis quand la collection est au Canada», dit-il.
De même, les fonctionnaires ne pouvaient pas confirmer hier que des permis nécessaires ont été demandés et accordés par l’Hôtel des encans de Montréal pour faire voyager les oeuvres à l’extérieur du pays cette semaine. Par contre, la maison montréalaise affirme avoir suivi les démarches légales.
- » riopelle
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