Mise aux enchères de la Succession Jean-Paul Riopelle - Les enfants Riopelle vont réclamer une injonction pour interdire la vente
L'affaire de la vente de la Succession Jean-Paul Riopelle risque fort de se transporter devant les tribunaux. Les enfants de l'artiste décédé l'an dernier ont fait savoir hier aux liquidateurs qu'ils s'opposent à la mise aux enchères de la collection de leur père, prévue le 12 novembre, à Montréal. Ils leur donnent jusqu'à ce matin pour réagir, à défaut de quoi les héritiers du peintre demanderont à leurs procureurs «d'instituer les procédures judiciaires nécessaires pour empêcher la tenue de cette vente».
Les trois enfants Riopelle, Yseult, Sylvie, de même que Yann Fravolo son fils naturel, ont émis hier un communiqué conjoint, expliquant leur décision. Le texte laconique affirme que leur démarche est «basée sur le fait que cette vente n'est pas souhaitable et aucunement nécessaire» et qu'«au surplus, les modalités de celle-ci sont tout a fait déraisonnables».
Le groupe a mandaté le cabinet Heenan Blaikie pour entreprendre les démarches nécessaires si les liquidateurs de la Succession ne se conforment pas à la demande d'arrêt des procédures commerciales. Il a été impossible hier soir d'obtenir une réaction de la part d'un des quatre liquidateurs ou de l'Hôtel des encans, chargé de la vente.
«Nous avons donné vingt-quatre heures aux liquidateurs pour réagir», dit Me Marie-Josée Hogue, associée chez Heenan Blaikie. «Nous serons fixé [ce] matin. Si la vente est maintenue, nous aurons alors un mandat pour nous adresser à la Cour pour l'empêcher. Les procédures pour une requête en vue de l'obtention d'une injonction seront probablement engagées en fin de journée [aujourd'hui] ou jeudi.»
Me Hogue justifie la demande exceptionnelle par la situation elle-même hors norme. «Une vente de cette importance, avec autant d'oeuvres mises sur le marché d'un seul coup c'est du jamais vu, dit-elle. Le marché n'est pas capable d'absorber 44 oeuvres de Jean-Paul Riopelle, et toutes les autres, en une seule soirée. En plus, le délai entre l'annonce de la vente et sa tenue est également hors norme. Généralement, selon les experts consultés, il aurait fallu compter entre trois et six mois pour permettre aux acheteurs de s'organiser. Bref, tout ça nous semble précipité, avec un impact prévisible de deux ordres: soit les oeuvres seront bradées; soit elles ne trouveront pas preneurs. Dans un cas comme dans l'autre, ce n'est pas souhaitable.»
La vente aux enchères des quelque 67 lots de la Succession Jean-Paul Riopelle suscite de nombreux commentaires négatifs depuis une semaine. Des galeries craignent de voir s'effondrer la cote de Riopelle. Des musées québécois ou canadiens affirment ne pas pouvoir amasser les fonds nécessaires pour participer aux enchères, dont plusieurs pourraient dépasser le million de dollars.
La participation à l'entreprise commerciale de deux des trois directeurs de Musées d'État du Québec stimule également les questions. John Porter, directeur du Musée national des beaux-arts du Québec est l'un des quatre liquidateurs de la Succession. Le directeur du Musée d'art contemporain de Montréal, Marcel Brisebois, signe la préface du catalogue préparé par l'Hôtel des encans, un document par ailleurs bourré d'erreurs. Les codes de déontologie du secteur muséal interdisent aux muséologues de s'engager dans «toute activité pouvant être interprétée comme représentant un conflit d'intérêt», réel ou apparent. Les règles éthiques recommandent notamment de ne pas «aider un particulier à acquérir ou aliéner un bien privé, à moins que ce bien ne soit directement acquis par le musée».
Les Musées d'État relèvent du ministère de la Culture. Hier, au cabinet, on expliquait n'avoir reçu «aucune demande pour intervenir dans le dossier» et ne pas pouvoir se prononcer sur les possibles conflits d'intérêts des directeurs avant d'avoir questionné ces hauts fonctionnaires. M. Porter, de loin le plus impliqué et le plus critiqué des deux muséologues, est rentré d'Europe, au pays, hier soir.
Les trois enfants Riopelle, Yseult, Sylvie, de même que Yann Fravolo son fils naturel, ont émis hier un communiqué conjoint, expliquant leur décision. Le texte laconique affirme que leur démarche est «basée sur le fait que cette vente n'est pas souhaitable et aucunement nécessaire» et qu'«au surplus, les modalités de celle-ci sont tout a fait déraisonnables».
Le groupe a mandaté le cabinet Heenan Blaikie pour entreprendre les démarches nécessaires si les liquidateurs de la Succession ne se conforment pas à la demande d'arrêt des procédures commerciales. Il a été impossible hier soir d'obtenir une réaction de la part d'un des quatre liquidateurs ou de l'Hôtel des encans, chargé de la vente.
«Nous avons donné vingt-quatre heures aux liquidateurs pour réagir», dit Me Marie-Josée Hogue, associée chez Heenan Blaikie. «Nous serons fixé [ce] matin. Si la vente est maintenue, nous aurons alors un mandat pour nous adresser à la Cour pour l'empêcher. Les procédures pour une requête en vue de l'obtention d'une injonction seront probablement engagées en fin de journée [aujourd'hui] ou jeudi.»
Me Hogue justifie la demande exceptionnelle par la situation elle-même hors norme. «Une vente de cette importance, avec autant d'oeuvres mises sur le marché d'un seul coup c'est du jamais vu, dit-elle. Le marché n'est pas capable d'absorber 44 oeuvres de Jean-Paul Riopelle, et toutes les autres, en une seule soirée. En plus, le délai entre l'annonce de la vente et sa tenue est également hors norme. Généralement, selon les experts consultés, il aurait fallu compter entre trois et six mois pour permettre aux acheteurs de s'organiser. Bref, tout ça nous semble précipité, avec un impact prévisible de deux ordres: soit les oeuvres seront bradées; soit elles ne trouveront pas preneurs. Dans un cas comme dans l'autre, ce n'est pas souhaitable.»
La vente aux enchères des quelque 67 lots de la Succession Jean-Paul Riopelle suscite de nombreux commentaires négatifs depuis une semaine. Des galeries craignent de voir s'effondrer la cote de Riopelle. Des musées québécois ou canadiens affirment ne pas pouvoir amasser les fonds nécessaires pour participer aux enchères, dont plusieurs pourraient dépasser le million de dollars.
La participation à l'entreprise commerciale de deux des trois directeurs de Musées d'État du Québec stimule également les questions. John Porter, directeur du Musée national des beaux-arts du Québec est l'un des quatre liquidateurs de la Succession. Le directeur du Musée d'art contemporain de Montréal, Marcel Brisebois, signe la préface du catalogue préparé par l'Hôtel des encans, un document par ailleurs bourré d'erreurs. Les codes de déontologie du secteur muséal interdisent aux muséologues de s'engager dans «toute activité pouvant être interprétée comme représentant un conflit d'intérêt», réel ou apparent. Les règles éthiques recommandent notamment de ne pas «aider un particulier à acquérir ou aliéner un bien privé, à moins que ce bien ne soit directement acquis par le musée».
Les Musées d'État relèvent du ministère de la Culture. Hier, au cabinet, on expliquait n'avoir reçu «aucune demande pour intervenir dans le dossier» et ne pas pouvoir se prononcer sur les possibles conflits d'intérêts des directeurs avant d'avoir questionné ces hauts fonctionnaires. M. Porter, de loin le plus impliqué et le plus critiqué des deux muséologues, est rentré d'Europe, au pays, hier soir.
- » riopelle
Haut de la page

