Vente de la Succession Jean-Paul Riopelle - Les intérêts ambigus de John Porter
La controverse entourant la vente aux enchères de quelque 65 oeuvres majeures de la collection de Jean-Paul Riopelle, le 12 novembre à Montréal, s'amplifie avec l'apparence de conflit d'intérêts dans lequel semble s'être placé John Porter. Le directeur du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) est aussi un des quatre liquidateurs de la succession de l'artiste.
Les codes de déontologie nationaux et internationaux du secteur consultés par Le Devoir interdisent tous au personnel des musées de s'engager dans ce genre d'activités commerciales. «Les travailleurs des musées doivent éviter toute activité pouvant être interprétée comme représentant un conflit d'intérêts, que celui-ci soit réel ou éventuel, ou encore perçu comme tel ou éventuel», dit clairement l'un des Principes déontologiques de l'Association des musées canadiens, adoptés en 1986. Un autre article stipule que «les travailleurs des musées ne devraient pas aider un particulier à acquérir ou aliéner un bien privé, à moins que ce bien ne soit directement acquis par le musée».
Le code déontologique de l'ICOM, l'organisme mondial représentant les musées, et celui de la Société des musées québécois (SMQ), condamnent autant les situations ne serait-ce qu'en apparence conflictuelle. Dans le cas précis du directeur-liquidateur, l'ambiguïté provient du fait que le MNBAQ possède la plus grande collection de Riopelle au monde et que le court délai avant la vente décrétée par la Succession ne donne pas beaucoup de chance aux autres musées de trouver les fonds nécessaires pour acquérir les oeuvres dont les plus prisées (un Riopelle de 1953, un Joan Mitchell...), pourraient se vendre plus d'un million chacune.
«Je vais remettre ma participation en contexte», répond M. Porter, dans une entrevue exclusive accordée au Devoir. Il a été joint hier en Europe, où il se trouve en voyage d'affaires. «Avant d'accepter [ce rôle de médiation], j'ai demandé un avis à la conseillère juridique du Musée. Il a été très, très, très clair que, d'aucune manière le Musée ne serait impliqué en termes d'acquisition ou de quoi que ce soit, et que le Musée n'en tirerait aucun avantage, non plus que son directeur. C'est à cette seule condition que j'ai accepté. Il a été clairement énoncé dès le départ que, le jour où une ambiguïté apparaîtrait, je me retirerais du dossier. À ce jour, le Musée n'a fait aucune acquisition auprès de la succession et n'a fait aucun bénéfice. Je n'ai tiré aucun avantage personnel de ce travail pour lequel je ne suis pas rémunéré. [...] Il n'y a donc pas de conflit d'intérêts.»
L'encan annoncé la semaine dernière a été qualifié de «vente à la sauvette» et de «vente de feu» qui dénote un «manque évident de professionnalisme» par des observateurs. Ils craignent aussi de voir s'effondrer la cote de Riopelle, décédé en mars 2002. «C'est une succession où il n'y a pas de liquidités, réplique alors John Porter. Il y a des urgences, aussi bien en France qu'au Canada. La vente sera faite de manière très, très, très mesurée, avec des prix de réserve, de manière à respecter le marché. J'ajoute que les grands musées ont déjà été confrontés à des dossiers d'urgence. Il est toujours possible de se retourner rapidement pour faire des acquisitions. Il n'y a pas de "vente de feu".»
Le directeur de la SMQ appuie le directeur du MNBAQ. «Cette situation ne pose pas de conflit d'intérêts, dit Michel Perron. La seule présence du directeur du Musée au sein de la Succession ne pose pas de problème. Je ne vois pas comment le Musée ou M. Porter pourraient bénéficier de cette situation.»
Les codes de déontologie nationaux et internationaux du secteur consultés par Le Devoir interdisent tous au personnel des musées de s'engager dans ce genre d'activités commerciales. «Les travailleurs des musées doivent éviter toute activité pouvant être interprétée comme représentant un conflit d'intérêts, que celui-ci soit réel ou éventuel, ou encore perçu comme tel ou éventuel», dit clairement l'un des Principes déontologiques de l'Association des musées canadiens, adoptés en 1986. Un autre article stipule que «les travailleurs des musées ne devraient pas aider un particulier à acquérir ou aliéner un bien privé, à moins que ce bien ne soit directement acquis par le musée».
Le code déontologique de l'ICOM, l'organisme mondial représentant les musées, et celui de la Société des musées québécois (SMQ), condamnent autant les situations ne serait-ce qu'en apparence conflictuelle. Dans le cas précis du directeur-liquidateur, l'ambiguïté provient du fait que le MNBAQ possède la plus grande collection de Riopelle au monde et que le court délai avant la vente décrétée par la Succession ne donne pas beaucoup de chance aux autres musées de trouver les fonds nécessaires pour acquérir les oeuvres dont les plus prisées (un Riopelle de 1953, un Joan Mitchell...), pourraient se vendre plus d'un million chacune.
«Je vais remettre ma participation en contexte», répond M. Porter, dans une entrevue exclusive accordée au Devoir. Il a été joint hier en Europe, où il se trouve en voyage d'affaires. «Avant d'accepter [ce rôle de médiation], j'ai demandé un avis à la conseillère juridique du Musée. Il a été très, très, très clair que, d'aucune manière le Musée ne serait impliqué en termes d'acquisition ou de quoi que ce soit, et que le Musée n'en tirerait aucun avantage, non plus que son directeur. C'est à cette seule condition que j'ai accepté. Il a été clairement énoncé dès le départ que, le jour où une ambiguïté apparaîtrait, je me retirerais du dossier. À ce jour, le Musée n'a fait aucune acquisition auprès de la succession et n'a fait aucun bénéfice. Je n'ai tiré aucun avantage personnel de ce travail pour lequel je ne suis pas rémunéré. [...] Il n'y a donc pas de conflit d'intérêts.»
L'encan annoncé la semaine dernière a été qualifié de «vente à la sauvette» et de «vente de feu» qui dénote un «manque évident de professionnalisme» par des observateurs. Ils craignent aussi de voir s'effondrer la cote de Riopelle, décédé en mars 2002. «C'est une succession où il n'y a pas de liquidités, réplique alors John Porter. Il y a des urgences, aussi bien en France qu'au Canada. La vente sera faite de manière très, très, très mesurée, avec des prix de réserve, de manière à respecter le marché. J'ajoute que les grands musées ont déjà été confrontés à des dossiers d'urgence. Il est toujours possible de se retourner rapidement pour faire des acquisitions. Il n'y a pas de "vente de feu".»
Le directeur de la SMQ appuie le directeur du MNBAQ. «Cette situation ne pose pas de conflit d'intérêts, dit Michel Perron. La seule présence du directeur du Musée au sein de la Succession ne pose pas de problème. Je ne vois pas comment le Musée ou M. Porter pourraient bénéficier de cette situation.»
- » riopelle
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