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    Arrondissement du Plateau-Mont-Royal - Oui et non à un futur centre culturel

    Le dernier profil des ménages indiquait que 37 % des ménages du Plateau-Mont-Royal vivaient sous le seuil de faible revenu

    Le projet de centre culturel Plateau-Mont-Royal consiste en la construction, sur l’actuel stationnement du Centre communautaire du monastère du Très-Saint-Sacrement donnant sur la rue Berri, d’un édifice qui réunirait sous un même toit la bibliothèque et la maison de la culture, avec deux salles de différentes grandeurs.
    Photo: Source Arrondissement du Plateau-Mont-Royal Le projet de centre culturel Plateau-Mont-Royal consiste en la construction, sur l’actuel stationnement du Centre communautaire du monastère du Très-Saint-Sacrement donnant sur la rue Berri, d’un édifice qui réunirait sous un même toit la bibliothèque et la maison de la culture, avec deux salles de différentes grandeurs.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Remis à l’ordre du jour durant la campagne électorale, le projet de centre culturel Mont-Royal, autrefois nommé « pôle culturel », a été un enjeu dans la chaude lutte en cours dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Retour sur une idée qui dort depuis longtemps dans les cartons.

     

    À quelques jours des élections municipales, l’organisme à but non lucratif Plateau arts et culture a décidé d’appuyer la candidature de Danièle Lorain au poste de maire d’arrondissement, en lien direct avec la réalisation du projet de centre culturel. La candidate de l’équipe Marcel Côté, qui fait de la culture son cheval de bataille, est celle qui s’est le plus prononcée en faveur du projet, après un point de presse sur le sujet, organisé le 1er octobre dernier par un groupe de travail formé de résidants et d’organismes du quartier.

     

    « Danièle Lorain approuve, encourage et s’engage à réaliser le projet. Vous comprendrez qu’on ne peut pas être malheureux d’une déclaration comme celle-là, explique le président de Plateau arts et culture, Christian Dupuy. C’est un engagement qu’on accueille favorablement. »

     

    Face à la station de métro

     

    Le projet de centre culturel Plateau-Mont-Royal consiste en la construction, sur l’actuel stationnement du Centre communautaire du monastère du Très-Saint-Sacrement donnant sur la rue Berri, d’un édifice qui réunirait sous un même toit la bibliothèque et la maison de la culture, avec deux salles de différentes grandeurs. De plus, une maison de la poésie y serait aménagée, avec son petit espace pour des présentations et son centre d’archives et de documentation. « On pense que, s’il y a un espace à Montréal qui doit enfin rendre hommage aux poètes, c’est bien sûr au Plateau-Mont-Royal qu’il doit être », dit M. Dupuy. D’ailleurs, selon un bulletin publié en 2011 par la Société d’histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Émile Nelligan avait récité des poèmes, le 15 avril 1896, pour une soirée-bénéfice dédiée à la construction du monastère, à l’angle des rues Berri et Mont-Royal. De plus, le Festival de la poésie de Montréal est déjà organisé, chaque année, sous un chapiteau à la sortie du métro Mont-Royal.

     

    Le projet prévoit aussi un stationnement souterrain d’un étage, qui serait aménagé avec une entrée donnant sur la rue Berri et une sortie donnant sur la rue Saint-Hubert, afin de réduire la circulation automobile dans la rue Berri.

     

    Un projet reporté

     

    Évalué à 30 millions de dollars, ce projet avait eu le feu vert de l’arrondissement en février 2009, alors qu’Helen Fotopulos était mairesse de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Après l’élection du maire d’arrondissement Luc Ferrandez, cette ambition a été remise aux calendes grecques. Jugeant certains aspects de ce projet pertinents, M. Ferrandez, de Projet Montréal, a une fois de plus souligné publiquement, durant la campagne électorale, que la maison de la culture n’était pas, selon lui, une priorité et que la barrière du financement l’empêchait d’aller de l’avant. M. Ferrandez s’est plutôt engagé à mettre en place une vaste consultation sur le réaménagement de la place Gérald-Godin, afin d’en faire un endroit où se dérouleraient des événements publics. Néanmoins, sous la bannière de Projet Montréal, Louise Mainville brigue le poste conseillère municipale dans le district De Lorimier. Au moment d’écrire ces lignes, le nom de cette ancienne conseillère scolaire se retrouvait toujours sur la pétition en ligne en appui au projet de centre culturel.

     

    Dès 1994

     

    Le projet proposé s’arrime aujourd’hui aux projections de réfection de l’édicule de la station de métro Mont-Royal envisagées par la Société de transport de Montréal (STM) et annoncées au printemps dernier. Mais l’idée d’un centre culturel demeure dans les cartons depuis longtemps.

     

    Christina Dupuy remonte jusqu’en 1994, avant les fusions et défusions, pour en retracer l’origine. Une mobilisation citoyenne avait alors empêché un projet d’immobilisation sur l’actuelle place Gérald-Godin. En 2003, un comité regroupant des citoyens et des organismes du secteur a émis des recommandations, dont celles d’utiliser le terrain de stationnement pour une bibliothèque, d’agrandir le monastère pour des équipements culturels et de réaménager la place Gérald-Godin. Ces préoccupations ont ensuite été intégrées au Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal en 2005.

     

    L’administration Fotopulos a ensuite commandé une étude de faisabilité en 2006. Selon M. Dupuy, « l’équipe Fotopulos s’est traîné les pieds jusqu’en février 2009 », à quelques mois des élections. Elle a alors adopté un règlement d’emprunt de 2,5 millions lié à ce projet. « Mme Fotopulos est entrée dans la démarche parce qu’elle y a été tirée et obligée par les groupes de citoyens. Elle a fait ça à rebrousse-poil », assure M. Dupuy.

     

    Faisabilité

     

    Le projet, en 2013, reste sensiblement le même. « On part du principe que tout projet peut être amélioré, enrichi et nuancé. Mais on ne veut pas recommencer à zéro. Il y a déjà une étude de faisabilité qui a été réalisée. On ne réinvente pas la roue chaque fois. On part de cette hypothèse-là et on verra s’il y a lieu d’aménager les choses autrement. » L’étude de faisabilité a estimé le coût total du projet à 30 millions. Mais le manque à gagner pour l’arrondissement serait considérablement moindre. M. Dupuy suggère d’aller chercher des subventions via le Programme de rénovation, d’agrandissement et de construction de bibliothèques de la Ville de Montréal (Programme RAC), avec lequel la Ville de Montréal et le ministère de la Culture financent ce type de projet à hauteur de 80 %, ainsi que d’aller chercher des sous auprès du Forum permanent des équipements culturels, pour réaliser le nouveau site de la maison de la culture et de la maison de la poésie.

     

    À l’argument voulant que le Plateau-Mont-Royal soit déjà desservi par l’une des offres culturelles les plus bouillonnantes au Canada, M. Dupuy rétorque que le projet de centre culturel vise à proposer un meilleur accès économique à la culture. L’arrondissement, indique-t-il, n’est pas seulement le lieu de résidence de « riches, de parvenus et de bobos », contrairement à la croyance populaire. Le dernier profil des ménages et des logements dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, dont les chiffres remontent toutefois à 2005, indiquait que 37 % des ménages du Plateau-Mont-Royal vivaient sous le seuil de faible revenu.

     

    « Le projet se situe au coeur géographique [du Plateau], parce qu’on ne veut pas que ce soit un projet considéré comme trop en faveur des francophones qui habitent dans l’est ou des anglophones qui habitent dans l’ouest. Ce coeur géographique a aussi cette dimension de neutralité politique, qui envoie le symbole que c’est un équipement culturel qui appartient à l’ensemble des citoyens du Plateau. » De plus, argue-t-il, il serait accessible à tous les Montréalais, à quelques pas de la station de métro Mont-Royal.

     

     

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