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    Vie culturelle - La scène québécoise, c’est dans le Plateau qu’elle vit!

    Le Plateau dispose de quatre salles de théâtre, véritables vitrines de la création québécoise contemporaine

    L’été, quelques points du quartier deviennent des lieux de création spontanée avec l’expérience Piano des villes, piano des champs. En juin dernier, l’artiste Socalled s’est mis à l’œuvre sur un piano placé près de la bibliothèque du Mile-End.
    Photo : François Pesant - Le Devoir L’été, quelques points du quartier deviennent des lieux de création spontanée avec l’expérience Piano des villes, piano des champs. En juin dernier, l’artiste Socalled s’est mis à l’œuvre sur un piano placé près de la bibliothèque du Mile-End.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Si le Quartier des spectacles concentre aujourd’hui une grande partie de la vie culturelle montréalaise, le Plateau-Mont-Royal n’est cependant pas en reste. Selon Jean-Denis Leduc, directeur et fondateur de La Licorne, c’est même ici qu’on peut prendre le pouls de la création théâtrale.

     

    « Le Plateau est le coeur même du théâtre contemporain montréalais, estime celui qui décida d’y implanter son théâtre. Il y a toujours une effervescence ici, et la présence de quatre grandes salles sur le territoire le prouve. Ce sont véritablement quatre lieux majeurs à Montréal. Des lieux vivants, qui ont une véritable couleur, une véritable personnalité chacun dans son genre et avec une approche assez différente, ce qui fait aussi la variété de l’offre. Il en sort beaucoup de créations, il s’y organise beaucoup d’événements culturels. On peut aller y voir ce qui s’écrit aujourd’hui au Québec, les nouvelles oeuvres québécoises, mais aussi, selon les théâtres, des orientations artistiques ou des choix de programmation ayant beaucoup de caractère. »

     

    Quatre salles, qui sont donc l’Espace Go, le Quat’Sous, le Théâtre d’Aujourd’hui et, bien sûr, La Licorne.

     

    « À La Licorne, par exemple, nous avons la préoccupation de partir de l’intime pour aller au social. C’est notre couleur, affirme-t-il. On passe par l’humain, par ce que nous sommes, pour expliquer des comportements sociaux. Ça nous permet de nous adresser directement aux gens, au public, de leur parler de problèmes qui les concernent, qui les bousculent, qui leur posent des questions et dont ils vont continuer à débattre à la sortie du théâtre. On aime proposer des pièces qui poussent à réfléchir et qui amènent la conversation entre les spectateurs. »

     

    Une effervescence théâtrale rehaussée par la présence sur le territoire, et ce, depuis bientôt 20 ans, de l’École nationale de théâtre du Canada, rue Saint-Denis, à deux pas du métro Laurier. « L’effervescence, la vitalité dont je parle, je la date à peu près de cette période, raconte le fondateur de La Licorne. Du milieu des années 90. Ce n’est pas d’hier, mais je pense que l’activité est devenue beaucoup plus présente dans les dernières années. »

     

    Artistes présents

     

    La présence de nombreux artistes sur le territoire attise également la vie culturelle. Du fait de l’existence de l’École nationale, du fait également que les différents théâtres accueillent de jeunes troupes en résidence, des troupes qui n’ont pas les reins assez solides pour avoir leur propre lieu de création.

     

    « Beaucoup d’artistes vivent également dans le Plateau, souligne M. Leduc. Même si les loyers sont devenus plus chers et que c’est en train de changer. Quoi qu’il en soit, les gens qui vivent ici sont généralement ouverts, curieux. Même si le Plateau populaire de Michel Tremblay existe encore, s’y est ajoutée une population composée de beaucoup d’étudiants et de jeunes professionnels, qui sont très en demande de culture et intéressés à venir voir ce qu’on fait. En ce sens, je ne crois pas que nous souffrions de la présence du Quartier des spectacles. Nous ne proposons pas les mêmes pièces et nous ne touchons pas le même public. »

     

    Un «nouveau» quartier

     

    Virginie Dubois est chargée de projet en recherche et création pour la Coop vidéo de Montréal, un centre de production regroupant scénaristes, réalisateurs, producteurs et artisans, installé en plein coeur du Plateau dans la rue Marie-Anne Est. Elle avait quitté le Plateau depuis plusieurs années et le redécouvre aujourd’hui.

     

    « Le quartier s’est fameusement embourgeoisé et commercialisé, et il semble malheureusement que la franche nouvelle culture du Plateau soit celle du magasinage et du lèche-vitrine, comme partout en Amérique du Nord, regrette-t-elle. Cela dit, je recommence à goûter à la vie culturelle du Plateau, que je qualifierais plutôt d’événementielle. Oui, il y a une programmation théâtrale toujours singulière, notamment à La Licorne. Le Patro Vys, où ça bouge pratiquement tous les soirs et où on peut voir de petits shows de musique émergente. La Maison de la culture, qui présente souvent des expositions très intéressantes. Mais il me semble que la marque culturelle forte du Plateau, c’est le happening. »

     

    Parmi eux, l’expérience Piano des villes, piano des champs, qui consiste à disséminer des pianos en quelques points névralgiques du Plateau. Cet été, cinq instruments ont ainsi été laissés à la libre inspiration des musiciens en herbe du quartier.

     

    Mais Virginie Dubois insiste également sur la Nuit blanche, événement éphémère durant lequel Montréal s’habille de lumière et embrasse tous les arts, dans une frénésie de culture tout particulièrement insolite dans le Plateau. Ou encore, la Nuit blanche sur tableau noir, qui chaque année invite les artistes à réaliser une grande fresque à même le bitume de l’avenue du Mont-Royal.

     

    « Ce qui est intéressant, c’est que ces événements amènent la population à sortir de chez elle pour consommer de la culture, explique Mme Dubois. Alors même que, à l’époque du cinéma maison et de la culture de la gastronomie et de la rénovation, les citoyens sont devenus très sédentaires. Je crois que c’est l’un des grands enjeux pour les prochaines années : parvenir à faire sortir les gens de chez eux. Et amener la culture dans la rue, la faire sortir hors les murs des organismes culturels est à mon avis une très bonne solution. »

     

    Une identité à établir

     

    Un autre enjeu, selon Jean-Denis Leduc, est de parvenir à donner une identité culturelle au quartier, donc se mettre autour d’une table et la définir.

     

    « Si je ne pense pas que nous souffrons du Quartier des spectacles, je crois en revanche que nous avons à apprendre de lui en matière de communication, estime-t-il. Il faut qu’on arrive à mettre dans la tête des Montréalais que le Plateau est une solution de rechange en matière de culture. Et, pour cela, ils doivent être conscients du type de spectacle, du type d’événement que nous proposons. Nous devons également être capables d’attirer les touristes dans nos salles. Il faut qu’ils sachent que, s’ils veulent voir ce qui se fait de contemporain sur la scène québécoise, c’est dans le Plateau que ça se passe ! »

     


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