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    La peinture, d’un océan à l’autre

    Une exposition monstre s’ouvre à la galerie de l’UQAM

    La déportation des Acadiens (d’après Sir Frank Dicksee), de Mario Doucette (2012)
    Photo: Marc Grandmaison La déportation des Acadiens (d’après Sir Frank Dicksee), de Mario Doucette (2012)

    Le projet peinture. Un instantané de la peinture au Canada

    Galerie de l’UQAM, du 1er mai au 1er juin et du 7 juin au 6 juillet.

    Mille fois tuée, mille fois ressuscitée, la peinture demeure, en 2013, incontournable. Exposition monstre présentée à la galerie de l’UQAM au cours des deux prochains mois, Le projet peinture offre un instantané de cette peinture canadienne très actuelle, ouverte aux disciplines et manières de faire, néanmoins redevable de sa tradition et de ses courants historiques.

    « Pour M. et Mme Tout-le-Monde, quand on parle d’arts visuels, la première idée, la première image qui leur vient, c’est la peinture, constate Julie Bélisle, commissaire de l’expo. Quand on leur demande s’ils connaissent un peintre canadien, les gens ne sont pas capables de répondre, ou alors ils nomment Riopelle, Borduas, le groupe des Sept… On trouvait dommage qu’ils ne puissent identifier des peintres actuels. »


    Programme grand public à visée pédagogique imaginé au départ pour le Musée virtuel canadien, Le projet peinture, qui a nécessité trois ans de cogitations, est vite devenu un constat de ce qui se fait ici et maintenant. « La peinture est partout, fourmillante, très vivante », résume celle qui avait déjà signé une exposition Web pour la galerie de l’UQAM, La science dans l’art, en 2007.


    Avec 60 artistes (sur plus de 400 dossiers observés) et plus d’une centaine d’oeuvres, cet « instantané de la peinture au Canada » est d’une ampleur si monstrueuse qu’il ne pouvait tenir en un seul ensemble. Deux volets le composent, le premier à l’affiche en mai, le second en juin.


    De St. John’s (Kym Greeley), à Victoria (Sandra Meigs), en passant par Halifax, Winnipeg ou Edmonton, les artistes viennent de partout. Le Québec forme le tiers de la sélection (20 sur 60), soit à peine plus que son poids politique au Parlement. Toutes les générations sont représentées, bien que les jeunes pratiques semblent majoritaires.


    Le traditionnel schisme entre figuratifs et abstraits a été rejeté. Dans le catalogue, l’ensemble se décline en quatre sous-groupes : « figures du réel », « univers de fiction », « la peinture comme sujet » et « pratiques hybrides ».


    Cet appel à redéfinir les genres illustre la grande diversité des approches. Les citations suivantes, tirées du catalogue, donnent une idée de ce qui anime les artistes, pris entre des pratiques sur le processus et un désir de commenter le monde. Pour un Dil Hildebrand, selon qui « il y a plusieurs bonnes peintures sous le vernis de l’oeuvre finale », on trouve un Kim Dorland qui fait « des interventions diverses sur une même surface ». Jean-François Lauda, lui, dit « garder ce qui mérite de survivre » et Will Murray construit des peintures. Par ses intérieurs luxueux, Dorian Fitzgerald se compare « à un peintre de cour qui consigne les excès du matérialisme et des espaces de notre époque ».


    À l’autre extrême, Stéphane La Rue, dans ses tableaux dépouillés, propose « une relation étroite entre la représentation et le plan pictural ». « Je ne vois rien », admet Jérôme Bouchard, alors que pour Marie-Claude Bouthillier, « la toile est tout ». Carol Wainio croit que la peinture ouvre « des espaces discursifs sur l’histoire », pendant que les oeuvres de Tammi Campbell « parlent de leur propre création ».

     

    Dans le radar de la recherche


    Le projet peinture surprendra sans doute, à une époque où les regards thématiques dominent et les disciplines se confondent. Petit avertissement de Julie Bélisle : la sélection, inclusive et ouverte, est plus près de la pointe de l’iceberg que d’une élite au-dessus de la mêlée. « On ne voulait pas nécessairement sélectionner les meilleurs peintres, mais un échantillon qui permette de donner un avant-goût de la scène actuelle », dit-elle.


    La directrice de la galerie, Louise Déry, est d’avis que la même expo aurait pu être faite avec soixante autres noms. Le panorama que la galerie universitaire présente rend visible, selon elle, un vaste champ encore à exploiter, notamment sur les questions identitaires. Le projet peinture est un premier pas.


    « On n’est pas capable de dire ce qu’est la peinture canadienne, ce que sont nos peintres, dit-elle. Là, je crois que je suis outillée pour me promener à l’étranger et dire : […] “Voici la peinture au Canada, selon ce qui est apparu de façon assez nette dans le radar de la recherche.” »


    L’exposition a été montée avec le soutien de Louise Déry, instigatrice de l’idée, de Marie-Ève Beaupré, au choix des artistes, et de comités réunissant dix experts. Hélas, l’expo ne survivra pas à sa présentation montréalaise. Malgré son caractère inusité, à la fois pancanadien et novateur, le coût du transport des oeuvres, évalué à 60 000 $ pour les seuls tableaux en provenance des autres provinces, a découragé plusieurs collaborations hors Québec.


    « C’est un très gros projet, commente Louise Déry. Même les plus gros musées n’ont pas les budgets. Deux institutions majeures ont solidement considéré la possibilité de prendre l’expo, mais elles se sont rendues à l’évidence que c’était complexe financièrement. »


    Collaborateur

    ***

    À la rencontre des peintres

    Ce mercredi 1er mai, à 12 h 45 :
    une discussion sur le début d’une carrière artistique, avec Anthony Burnham et Stéphane La Rue.

    Ce mercredi, à 17 h :
    un « 5 à 7 Speed Painting », pendant lequel six artistes font de courtes présentations de leur travail.

    Le 16 mai, à 12 h 45 : une discussion avec Marie-Claude Bouthillier, Christine Major et Hugo Bergeron.

    La déportation des Acadiens (d’après Sir Frank Dicksee), de Mario Doucette (2012) Aspects of Voyeurism, d’Ehryn Torrell (2011, acrylique sur toile, 122 x 91,4 cm) Elizabeth McIntosh, Art Nouveau, 2012, huile et lin sur toile, 190,5 x 216 cm. Sarah Cale, Chair 2, 2011, acrylique et chaise, 81,3 x 56 x 38 cm.












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