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Traits de génies

Le MBAM met en lumière les pièces clés de sa collection de dessins québécois, canadiens et étrangers

13 avril 2013 | Isabelle Paré | Arts visuels
George Segal, Sophie VI, 1996 Pastel, fusain.
Photo : © The George and Helen Segal Foundation / SODRAC (2013) Photo: MBAM, Brian Merrett George Segal, Sophie VI, 1996 Pastel, fusain.

Printemps du dessin

Trois expositions au Musée des beaux-arts de Montréal. De main de maître et Dans ces mains mes mains rêvent… sont présentées jusqu’au 30 juin 2013. De Schongauer à Picasso, jusqu’au 25 août 2013.

Le crayon prend du galon. Longtemps considéré comme un embryon d’oeuvre, un geste préparatoire, l’esquisse d’un projet en devenir, le dessin aspire de nouveau au titre d’oeuvre aboutie. De plus en plus d’artistes contemporains explorent les mille et une formes du trait de crayon, renouant avec la spontanéité de la ligne, l’extrême dépouillement du geste tracé à la mine, au fusain ou à l’encre.

Avec Le printemps du dessin, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) tend l’oreille au regain d’intérêt porté par le milieu de l’art à ces traits de génie, griffonnés ou brossés par les artistes actuels. Attentif aux mêmes échos, le Minneapolis Art Museum propose lui aussi jusqu’en juin l’exposition Graphite, un coup de coeur absolu pour les différentes déclinaisons de ce matériau utilisé depuis les Grecs pour tracer et écrire. Au Connecticut, l’Aldrich Comtemporary Art Museum déploie lui aussi pour six mois Extreme Drawing, un plongeon dans le monde du dessin, explorant autant l’oeuvre crayonnée au populaire stylo-bille que des installations complexes inspirées par la trace, la ligne, le gribouillis.


« Il y a un regain d’intérêt pour le dessin et bon nombre d’artistes l’utilisent comme outil artistique premier. Il y a aussi un regain d’intérêt chez les collectionneurs. Si des musées consacrent des expositions d’envergure à ce sujet, c’est le signe qu’il y a une reconsidération de l’importance accordée à cette forme », estime Stéphane Aquin, conservateur de l’art contemporain au MBAM.


Un printemps en trois temps


C’est dans ce contexte que s’ouvre à Montréal Le printemps du dessin, trois expositions survolant sur cinq siècles l’évolution du dessin dans l’art, depuis les fusains, crayons gras et autres lavis choyés par les maîtres anciens jusqu’aux explorations récentes de créateurs contemporains. Remontant aux sources de cet art du croquis, ce printemps s’ouvre d’abord sur Mains de maître, un échantillon unique de 70 dessins de maîtres, tirés de la plus importante collection privée au Canada.


Prêté par un collectionneur montréalais anonyme, l’incroyable ensemble réunit des esquisses de la Renaissance et du Baroque italiens signées notamment par les Tiepolo, Le Bernin et Piranèse qui tracent, à la sanguine, au fusain ou à l’encre, paysages, compositions et personnages. On y retrouve aussi des pièces choisies de Fragonard, de De la Fosse, de Boucher et d’artistes des écoles flamandes, hollandaises et anglaises, dont un délicat paysage de Jan Brueghel l’Ancien (1568-1625).


À cet ancien écho des maîtres du crayon, le Carré d’art contemporain répond avec Dans ces dessins mes mains rêvent…, un concentré d’oeuvres récentes qui illustrent, le plus souvent noir sur blanc, la richesse du langage exploité par le dessin dans l’art d’aujourd’hui, un langage polymorphe qui embrasse autant la forme classique du croquis que la performance spontanée ou l’installation.


« C’est un regroupement qui met en scène le geste, l’instantanéité et la connexion première avec l’oeuvre », explique le conservateur, qui fait se côtoyer pour l’occasion des oeuvres de Joan Mitchell, de Mark Tansey, de Robert Longo, de Tom Wesselman, d’Alice Aycock et de 25 autres artistes.


Ce crayon contemporain revisite le portrait, notamment dans la tignasse ébouriffée de Sophie, vue par la loupe déformante de George Segal, dans les silhouettes fantomatiques de Betty Goodwin, dans le geste performatif de Joan Jonas, immortalisé dans Double Lunar Dogs, ou encore dansun fusain furtif réalisé par Joan Mitchell pour Jean-Paul Riopelle. Autant d’oeuvres tirées de la collection d’art graphique du MBAM comptant quelque 10 000 pièces.


Le paysage esquissé se présente dans cette salle sous divers traits modernes, dont ceux, hyperréalistes, de Marc Tansey, dans l’étude réalisée pour Action Painting II, ou architecturaux, dans les plans tracés par Christo lors de la réalisation du projet d’empaquetage du pont Neuf (1985). Le dessin se fait presque documentaire dans le croquis d’un essai d’explosion atomique, immortalisé par la mine charbonneuse de Robert Longo. Trônant au coeur de ce carré, le dessin devient installation aérienne dans Délices terrestres d’Ed Pien, monumentale lanterne de papier japonais porteuse d’Adam et Ève, griffonnés à l’encre de Chine.


Un dernier volet de ce regard printanier sur le dessin rend lui aussi hommage au croquis, cette fois dans De Schaungauer à Picasso, une cinquantaine d’oeuvres puisées dans la collection d’estampes européennes du musée, du XVe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle. Ce troisième arrêt complète ce voyage toutes époques confondues à travers l’histoire du dessin, qui persiste et signe même à l’ère des pixels et des bombes aérosols.

George Segal, Sophie VI, 1996 Pastel, fusain. Betty Goodwin, Black Arms, 1985. Pastel, huile, fusain. Federico Barocci, Urbino vers 1535 – 1612 <br />
Étude pour l’eau-forte Saint François recevant les stigmates <br />
Vers 1575<br />
<br />
<br />
<br />
Christo<br />
Né à Gabrovo (Bulgarie) en 1935<br />
Le Pont-Neuf, Empaqueté, projet pour Paris<br />
Collage 1985 en deux parties<br />
Graphite, fusain, pastel, crayon de cire, tissu, échantillon de tissu, ficelle, dessin d'architecture, photographie aérienne par Wolfgang Volz<br />
27,9 x 71,1 cm (panneau 1), 56 x 71,1 cm (panneau 2)<br />
Don de Roy Lacaud Heenan<br />
<br />
Annie Pootoogook<br />
Née à Cape Dorset (Nunavut) en 1969<br />
Composition (Homme endormi avec une Bible)<br />
2006<br />
Crayon feutre, crayon de cire<br />
33,1 x 45 cm<br />
Achat, fonds commémoratif Louise Lalonde-Lamarre<br />
<br />
<br />
Joan Mitchell<br />
Chicago 1925 – Paris 1992<br />
Sans titre<br />
1959<br />
Fusain, pastel<br />
92,7 x 61,4 cm<br />
Don de Monique Laurendeau à la mémoire de son frère Paul<br />
<br />
<br />
Tom Wesselmann<br />
Cincinnati 1931 – New York 2004<br />
Étude pour « Mouth #10 »<br />
1967<br />
Liquitex sur dessin à la mine de plomb<br />
47 x 42,4 cm<br />
Don de la Succession Tom Wesselmann<br />
© Succession Tom Wesselmann/SODRAC, Montréal / VAGA, New York (2013)<br />
<br />
<br />
Marcel Dzama<br />
Né à Winnipeg en 1974<br />
Femme tricotant<br />
2001<br />
Pinceau, plume et encre, aquarelle<br />
33,8 x 27,9 cm<br />
Achat, Programme d'aide aux acquisitions du Conseil des Arts du Canada et fonds commémoratif William Brymner<br />
<br />
<br />
Edward Pien<br />
Né à Taipei (Taiwan) en 1958<br />
Délices terrestres : le jardin et la fontaine de Jouvence<br />
2002<br />
Encre sur papier cristal et sur papier japonais, tuyaux en PVC, fil de nylon, ampoule électrique, bande sonore<br />
356 cm (haut.), 584 cm (diam.)<br />
Achat, Programme d'aide aux acquisitions du Conseil des Arts du Canada et legs Horsley et Annie Townsend<br />
<br />
Jean-Baptiste Greuze<br />
Tournus 1725 – Paris 1805 <br />
Étude de tête pour Le testament déchiré<br />
Vers 1775<br />
<br />
Charles-Joseph Natoire<br />
Nîmes 1700 – Castel Gandolfo 1777 <br />
Pietà aux anges<br />
1751-1757<br />
<br />
<br />
<br />
Giulio Romano, Rome vers 1492 – Mantoue 1546 <br />
Aigle posé sur le cadavre d’une femme sur un bûcher funéraire <br />
Début des années 1540<br />
<br />
<br />
Jacob Jordaens<br />
Anvers 1593 – 1678 <br />
Het Sijn goede Keersen die voor Lichten [Ce sont les bonnes bougies qui éclairent]<br />
Étude pour la 4e tapisserie d’une suite de 8 illustrant des proverbes flamands <br />
1644<br />
<br />
Jean-Baptiste Greuze<br />
Tournus 1725 – Paris 1805 <br />
Étude pour le tableau La lecture de la Bible, collection particulière, Paris<br />
1754-1755<br />
<br />
<br />
François Boucher, Paris 1703 – 1770 <br />
Tête de femme : La Coquette<br />
Avant 1758<br />
<br />
<div>
	Charles-Joseph Natoire, Pietà aux anges, 1751-1757. Pierre noire et lavis.</div>
<div>
	Giovanni Battista Tiepolo, Tête de jeune homme s.d. Sanguine avec rehauts de blanc.</div>
 
 
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