Galerie d'art Beaverbook - De grands artistes contemporains réunis
Le musée fondé en 1959 abrite maintenant 3500 oeuvres
C’est souvent là où l’on ne s’y attend pas qu’on trouve des trésors et, même si c’est un cliché de le dire, on en a la preuve en entrant dans une des salles de la Galerie d’art Beaverbrook. Petite visite guidée de ce musée surprenant.
La Galerie d’art Beaverbrook est le musée d’art provincial du Nouveau-Brunswick. Elle est située dans la capitale, Fredericton. La galerie a été fondée en 1958 par Max Aitken, 1er baron de Beaverbrook. Elle a ouvert ses portes le 16 septembre 1959 et c’est à ce moment-là que les visiteurs ébahis ont pu y admirer Santiago el Grande, une toile immense (400 cm X 200 cm) de Salvador Dalí, et The Fountain of Indolence, de Joseph Mallord William Turner. Aujourd’hui, la collection permanente du musée compte des oeuvres d’artistes contemporains provenant du Canada et de l’étranger.
Au départ, la création de la galerie provient de l’envie de Lord Beaverbrook d’exposer sa collection personnelle de plus de 300 oeuvres. « Au début, le bâtiment était beaucoup plus petit que celui qu’on a aujourd’hui, raconte Adda Mihailescu, directrice des communications du musée. On avait trois salles d’exposition, alors que maintenant on en a de 7 à 10. Notre collection est passée de 300 à 3500 oeuvres. »
Éternel Dalí
Toutefois, depuis le premier jour, la pièce majeure de la collection est bel et bien cette oeuvre magistrale de Dalí. La petite histoire de Santiago el Grande, de Dalí, est assez particulière et Adda Mihailescu prend visiblement plaisir à la raconter : « Madame Dunn, une grande amatrice d’art, a vu cette peinture pour la première fois à l’exposition internationale de Bruxelles en 1958. Par la suite, elle était convaincue que cette oeuvre allait être parfaite pour la toute nouvelle galerie de son ami Lord Beaverbrook. Elle a donc acheté la toile, qui est exposée depuis son ouverture. » Les amateurs ne se lassent pas de regarder cette peinture. « Certains visiteurs se couchent sur le sol pour pouvoir mieux sentir la dimension céleste de l’oeuvre et se croire au centre d’une cathédrale », explique encore Mme Mihailescu.
Cette oeuvre de Dalí marque pour son auteur un retour. On y retrouve des symboles profondément religieux et d’autres qui rappellent le progrès de la science dans les années 1950. L’oeuvre combine plusieurs éléments auxquels s’intéressait Salvador Dalí et, quand celui-ci commentait la toile, il en parlait comme d’une vision qu’il avait eue en rêve. Comme on y voit la représentation de saint Jacques, le patron de l’Espagne, cette peinture témoigne pour Dalí de son appartenance à la Catalogne et de son retour vers l’Église catholique.
Santiago el Grande est en tournée depuis 2010 et la galerie devrait pouvoir la récupérer en 2016 : « Depuis qu’on l’a laissée partir une première fois, elle ne cesse de voyager. Elle est de plus en plus connue et tout le monde veut la voir ! » Exposée à Atlanta en 2010, la toile a ensuite tourné en Floride, en Alabama et partout au Canada. La galerie possède aussi les portraits de M. et Mme Dunn peints tous deux par Dalí.
De Jackson à Borduas
Le coeur de la collection de Lord Beaverbrook se compose d’oeuvres des membres du Groupe des Sept, dont Franklin Carmichael et A. Y. Jackson, ainsi que d’oeuvres d’Emily Carr, de Riopelle et de Borduas. « Je pense qu’on peut regarder la collection comme un ensemble représentatif de l’art canadien et mondial de l’époque », explique Mme Mihailescu.
Au cours des 25 dernières années, les acquisitions de la galerie ont porté sur des oeuvres d’art contemporain provenant du Nouveau-Brunswick et du reste du Canada. La collection s’est bâtie grâce à des dons et à des achats effectués par des fondations et des organismes gouvernementaux. « C’est une collection très variée. Notre oeuvre la plus ancienne date du XIIIe siècle et nous avons aussi plusieurs toiles contemporaines. Il y a de l’art traditionnel et conceptuel, des dessins, des tapisseries, des objets en bois, une grande collection de porcelaines », raconte Mme Mihailescu.
L’oeuvre très ancienne que possède la Galerie Beaverbrook est un triptyque religieux fait d’ivoire qui provient d’un don d’amis de Lord Beaverbrook. Cet objet appartient à une plus vaste collection acquise en Europe, dont le Musée des beaux-arts de Montréal possède lui aussi quelques objets. « Aujourd’hui, c’est plus facile de faire des acquisitions d’art contemporain. L’art traditionnel et historique coûte de plus en plus cher et les mécènes comme Lord Beaverbrook se font de plus en plus rares. »
Comme dans d’autres musées, à cause du manque d’espace, plusieurs oeuvres se cachent dans les voûtes. La galerie organise régulièrement des expositions à thème afin de présenter au public les pièces de sa collection permanente et, « ainsi, les visiteurs, même s’ils s’ennuient de leur Dalí, peuvent admirer les autres grandes oeuvres de notre collection ».
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