Musée de la civilisation - À Québec se trouve le gardien de la collection nationale
«Il est important que nos collections soient vues et appréciées par le plus grand nombre de personnes»
Le Musée de la civilisation de Québec (MCQ) est, depuis sa fondation en 1988, le gardien de la collection nationale qui compte des centaines de milliers d’objets témoignant de notre parcours comme peuple au fil des siècles. Dépoussiérage avec son gardien, Michel Côté, directeur général du MCQ.
La collection nationale contient des archives qui couvrent 655 mètres linéaires, dont le Fonds du Séminaire, acquis en 1995 et inscrit au Registre du monde de l’UNESCO, une bibliothèque de livres rares et anciens regroupant 195 000 ouvrages, ainsi que plus de 225 000 objets qui portent en eux le parcours de la société québécoise au fil des siècles et bien au-delà. On notera que les archives et les ouvrages sont conservés au Musée de l’Amérique française, alors que les objets le sont à la Réserve muséale de la Capitale nationale.
Le secteur de la conservation et des collections du MCQ mobilise une quarantaine de spécialistes, fait valoir Michel Côté. « On a des responsables des collections autochtones, des collections scientifiques, des collections liées aux arts visuels en général (affiches, etc.). D’autres se consacrent au volet ethnologique, on a des spécialistes des instruments de musique, et ainsi de suite. »
Notre histoire
Au fond, cette collection nationale raconte-t-elle notre histoire, soit du début de la colonie à nos jours ? « Écoutez, c’est une collection exceptionnelle. Elle raconte notre histoire et bien davantage. Comme vous le savez, les Premières Nations étaient ici bien avant nous ! Nous avons donc une importante collection d’objets sur les Premières Nations. Quant aux objets qui traitent de notre histoire, je pense aux premiers contrats qui ont été signés au début de la colonie, aux cartes dessinées par Samuel de Champlain. Nous avons donc des objets qui témoignent de toutes les étapes de notre histoire. »
Et, quand on demande au directeur général du MCQ, Michel Côté, de nommer quelques objets qui lui sont chers, il nous renvoie à un ouvrage - un bel ouvrage, il faut bien le dire - produit par le MCQ, édité par les Éditions de l’Homme et intitulé Objets de référence : 122 témoins de l’histoire. Au hasard des pages, on découvre que cette collection contient des objets exceptionnels, tel un daguerréotype (1850), le premier dictionnaire en langue iroquoise, attribué aux jésuites (1660), le journal olographe de Louis Riel (1876-1878), un pistolet à platine (1755), un ostensoir (1731), une tricoteuse à bas (1945) ou encore un buste de Suzor-Côté, comme une oeuvre d’Alfred Laliberté (vers 1935).
Les défis
Les défis liés à la formation de collections sont multiples, raconte Michel Côté. « Dans un premier temps, il y a la conservation. Notre musée a fait des efforts considérables sur ce plan au cours des dernières années. Nous avons créé des réserves. Notre objectif est de transformer ces réserves nationales en un centre d’études sur les collections. L’idée ici est de l’agrandir [avec le temps]. D’autant qu’on continue à développer tout ce qui touche au patrimoine. Et, concernant le patrimoine, il y a ici un enjeu lié à la conservation. À ce titre, on est en train d’entreprendre un vaste chantier sur les archives qui va durer cinq ans et qui va nous permettre de mieux les conserver. »
L’autre défi de la formation de collections repose sur le développement. « Une collection continue toujours à se développer, fait remarquer Michel Côté. Si ça ne s’arrête jamais, il faut tout de même établir des priorités. Par exemple, on sait que le patrimoine religieux est un enjeu important au Québec, du fait que les communautés religieuses sont vieillissantes. Elles ont un riche patrimoine. Donc, les questions qui se posent sont les suivantes : qu’arrivera-t-il à ce patrimoine ? Comment l’intègre-t-on aux collections nationales ? Plus largement, d’autres questions se posent quant au développement : comment actualiser le propos de nos collections ? Comment intégrer l’art amérindien contemporain à nos collections ? »
Par ailleurs, la formation de collections ne va pas sans la mise en valeur des oeuvres, note le directeur général du MCQ. « Cet aspect de la mise en valeur se fait non seulement par l’entremise d’expositions, mais aussi par les publications. À cela il faut ajouter le dépôt de nos collections à d’autres établissements. Pour nous, c’est extrêmement important que nos collections soient vues et appréciées par le plus grand nombre de personnes. »
Le public
Enfin, sans public, point de salut pour les musées, laisse entendre Michel Côté. « On a toujours dit qu’on existait d’abord et avant tout pour les publics. Un musée sans public, ça n’existe pas. Donc, il est important en même temps de sensibiliser le public à l’importance du patrimoine. Dans cette optique, nous avons conduit un vaste programme de consultations à travers tout le Québec pour que les gens reconnaissent l’importance de leur patrimoine. Nous avons, par la même occasion, donné des conseils sur la façon de le conserver. Nous avons fait au moins 400 séances d’information à travers la province. »
M. Côté profite d’ailleurs de l’occasion pour « lancer un appel aux citoyens » afin de recueillir les consoles et les jeux vidéo les plus populaires dans les familles québécoises depuis 1970. Cet appel est en lien avec l’exposition intitulée Une histoire de jeux vidéo, qui prendra l’affiche en avril prochain.
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