Centre canadien d'architecture - Une collection unique au monde
Toute l’architecture est dévoilée au public
Pièce maîtresse de la collection : le bâtiment lui-même. Le Centre canadien d’architecture se dresse sur l’emplacement de la maison Shaughnessy, construite en 1874 d’après les plans de William T. Thomas, l’un des principaux architectes montréalais du XIXe siècle, et classée monument historique.
Un nouveau bâtiment, conçu par le cabinet Peter Rose, a été intégré à la demeure d’époque en 1989, alors que sont effectués simultanément des travaux de conservation et de restauration de la villa, d’une superficie de plus de 1800 mètres carrés. La maison Shaughnessy est ainsi aujourd’hui l’une des rares résidences montréalaises du XIXe siècle qui sont accessibles aux visiteurs.
D’une superficie d’environ 12 000 mètres carrés, le bâtiment, qui abrite les salles d’exposition, le théâtre et la librairie du CCA ainsi que la bibliothèque, des laboratoires de restauration, les bureaux et le Centre d’étude, s’est vu décerner de nombreux prix de design aux États-Unis et en Europe. De par ses dimensions, sa localisation et l’utilisation de matériaux traditionnels et modernes, tels que le calcaire gris de Montréal juxtaposé aux structures d’aluminium, le bâtiment du CCA marie architecture présente et passée. Le jardin, quant à lui, oeuvre de l’artiste-architecte montréalais Melvin Charney, est à la fois jardin urbain et musée en plein air. Il rappelle l’histoire de l’aménagement paysager de la ville industrielle, située en contrebas, et propose un discours sur la nature, l’architecture et le tissu urbain.
Le visiteur - chercheur, étudiant, élève ou simple quidam passionné par l’architecture et l’art moderne - y pénètre pour découvrir l’une des collections les plus impressionnantes au monde. Phyllis Lambert, architecte montréalaise et présidente du conseil des fiduciaires du CCA, a amorcé voilà plus de cinquante ans une collection qui sera à l’origine de la création de l’établissement.
« Nous présentons une collection internationale, explique Mirko Zardini, directeur du CCA. Bien entendu, notre collection comprend du matériel canadien, mais nous avons également des archives en provenance du monde entier. La collection du CCA a pour objet la culture architecturale à l’échelle mondiale. » Ces archives couvrent une très grande période, de la Renaissance à nos jours, même si l’accent est mis sur le passage du XXe siècle, les grandes transformations dans le paysage urbain montréalais dans les années 60, le début de l’architecture numérique dans les années 80 et la prise de conscience écologique.
Ensemble unique
D’une richesse inégalée, l’ensemble documentaire compte 100 000 dessins et estampes, plus de 60 000 photographies, 150 archives, 215 000 volumes et plus de 5000 titres de périodiques ! « Tout cela peut paraître rébarbatif pour le visiteur lambda, conçoit M. Zardini, mais chacun peut y trouver son compte. Notre collection démontre en quoi l’architecture fait partie intégrante de notre société et de notre vie. L’incroyable collection de photos que nous présentons est également un moyen d’entrer dans notre univers d’une manière moins didactique que par le biais d’un dessin technique. Enfin, lorsqu’un architecte ou un descendant nous lègue des documents, nous faisons en sorte que les archives soient les plus complètes possibles. Les plus humaines également… Il est très important pour nous, par exemple, de posséder la bibliothèque de l’architecte en question, voire sa propre collection de photos. C’est fondamental pour comprendre la culture, les références, les inspirations, la façon de voir d’un architecte… Ça, c’est le genre de document qui parle même à un visiteur non initié. La bibliothèque du CCA est un passage obligé. Elle regorge de tant de documents plus intéressants les uns que les autres. »
Cette collection est déjà reconnue internationalement comme l’une des plus pertinentes et elle continue à s’étoffer. En 2012, plusieurs donations sont venues l’enrichir, avec l’arrivée notamment des fonds Abalos Herreros, Victor Prus et des pièces importantes du fonds Cornelia-Hahn-Oberlander, tous des architectes de renommée internationale. Surtout, le CCA a récemment fait l’acquisition des documents de l’architecte d’origine suisse Pierre Jeanneret qui portent sur la conception et la construction de la ville de Chandigarh, dans le Panjab indien : un projet lancé par Le Corbusier dans les années 50, qui s’est retiré à mi-chemin. Chandigarh, ville située à la frontière du Pakistan, deviendra ainsi la référence de l’architecture moderne… Des pièces qui, comme toutes les dernières acquisitions, seront disponibles pour le public à la fin de l’année.
Collaboratrice







