Arts visuels - Plus qu’un édifice, ce 2-22
Art actuel 2-22 est ce triumvirat qui inscrit la recherche (Artexte), les expositions (Vox) et les parutions récentes (librairie Formats) au coeur du Quartier des spectacles.
Le 2-22, c’est connu, désigne cet édifice situé à l’angle de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent qui a tant fait parler de lui avant et pendant sa construction. Mais il y a plus. Inauguré il y a un an, le complexe culturel, vitrine de la diffusion sous plusieurs formes, a donné naissance à une autre entité à plusieurs têtes, dénommée Art actuel 2-22. Elle regroupe trois des cinq copropriétaires de l’immeuble : Artexte, centre d’information, Vox, centre de l’image contemporaine, et le Regroupement des centres artistes autogérés du Québec (RCAAQ). C’est cette initiative, à la fois projet immobilier et antenne promotionnelle, qui prend la place de finaliste dans le secteur « arts visuels » de la course pour le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal.
Art actuel 2-22 concrétise un vieux rêve projeté parmi les centres d’artistes. Ce rêve visait à se doter d’une infrastructure commune au centre-ville de Montréal pour régler, une fois pour toutes, l’incertitude liée à la vie de nomade et de locataire. Il a pris plusieurs formes, portait un autre chapeau - Imago - mais, au bout du compte, l’idée de se souder a abouti. Artexte, Vox et le RCAAQ, qui occupent les 3e et 4e étages du 2-22, font plus que jamais front commun.
« Art actuel 2-22 n’est pas un organisme enregistré, n’a pas de charte. Ce n’est qu’une appellation commune pour signifier notre présence au centre-ville », explique Bastien Gilbert, directeur du RCAAQ.
L’initiative a des airs de symbole, tellement la dénomination « art actuel » ne figurait, jusque-là, sur aucun plan de la ville. Les galeries aussi, il faut le dire, se sont toujours senties mal à l’aise avec l’étiquette « spectacle » apparue ces dernières années.
« On est dans le Quartier des spectacles, mais on ne fait pas partie du monde du spectacle, commente M. Gilbert. Il fallait se distinguer. Et on se disait que, avec la présence dans les environs du Musée d’art contemporain et du Belgo, on devenait un troisième axe, la troisième patte d’un triangle. »
Diversité
Avec Art actuel 2-22, le milieu des arts visuels bénéficie désormais d’un autre bassin important. Bassin restreint à trois organismes, mais fort par la diversité de son offre. Artexte est un pôle de la recherche, Vox est une référence par ses expositions et le RCAAQ comble, avec la nouvelle librairie Formats, un vide dans la distribution de publications spécialisées en art.
Cette complémentarité des services fait la singularité du nouveau triumvirat, selon Marie-Josée Jean, directrice de Vox. « Nous avons voulu développer un partenariat sur la complémentarité. Chaque organisme est indépendant, gère ses propres espaces, a sa programmation indépendante. Mais nous partageons nos ressources, nos expertises, nos idées de projet. »
L’application pour téléphone intelligent « Art actuel centre-ville », novatrice et rassembleuse - elle inclut tous les diffuseurs, au-delà de ceux du 2-22 - est de cette nature, alliant visibilité et communion des forces. C’est un premier projet, et sans doute pas le dernier.
Après trois ans d’existence - Art actuel 2-22 serait né avant même le bâtiment qui l’héberge - mais après seulement un an de mise en pratique, l’organisme laboure encore sur des hics quotidiens. Notamment celui de la signalisation. Pour bien des gens, le 2-22 est synonyme avant tout de guichets - la Vitrine, sise dans le hall d’entrée - voire d’une radio communautaire, CIBL, également au rez-de-chaussée. Il faut donc attirer les visiteurs aux étages supérieurs « et les faire passer d’Artexte à Formats et à Vox », résume Bastien Gilbert, qui ne semble pas regretter pour autant le choix du 2-22.
Lieu de recherche
Dans ses espaces plus vastes, le RCAAQ a pu ouvrir une librairie et ainsi améliorer les services de ses membres. En un an, trente lancements de publication se sont tenus à Formats. Artexte demeure un lieu de recherche, mais il a, lui aussi, agrandi sa superficie, ce qui lui a permis de se doter d’une petite salle de diffusion.
Vox, pour sa part, a amélioré les conditions d’exposition, ce qui se traduit par une programmation de plus grande envergure, montée avec des partenaires situés aux quatre coins du monde et avec des regards davantage historiques. Sa directrice espère dès lors pouvoir développer un programme d’expos et de conférences sur des perspectives plus longues, qui permettent de poser la question de « l’image d’un point de vue transdisciplinaire et d’un point de vue transhistorique ».
L’expo inaugurale Histoires de l’art et celle de Trevor Gould, présentée au début de l’automne, ont été emblématiques de cette nouvelle donne. On a pu y intégrer des objets fétiches, telle une boîte-valise de Marcel Duchamp ou une statuette du XIXe siècle.
Collaborateur







