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    Brooklyn, P.Q.

    Le Québec visuel à l’assaut de la Grosse Pomme

    26 janvier 2013 |Jérôme Delgado | Arts visuels
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	Aude Moreau a ressuscité son Tapis de sucre, vu la dernière fois en 2008.</div>
    Photo: Étienne Frossard
    Aude Moreau a ressuscité son Tapis de sucre, vu la dernière fois en 2008.
    Suivez le guide de Brooklyn-Montréal
    Brooklyn-Montréal, ce sont huit expositions, dispersées dans plusieurs galeries commerciales et non commerciales de Brooklyn, et un nombre épatant d’artistes, 19 de chaque ville. L’événement, en cours jusqu’en février, est le symptôme d’une présence plus marquée du Québec visuel à New York.

    New York — «Ici, ça va très vite. » Le courriel d’Aude Moreau, écrit à la course, témoigne de l’effervescence qui règne à New York. Et d’une vague québécoise, de plus en plus haute, qui déferle avec énergie sur la Grosse Pomme.


    Aude Moreau, qu’on n’arrivera pas à rencontrer en 48 heures étant donné son emploi du temps, fait partie d’une délégation d’artistes montréalais exposés dans le cadre de Brooklyn-Montréal, un projet d’échange entre deux villes. Son Tapis de sucre, présenté à quelques brassées de Manhattan, dans le centre Smack Mellon du quartier Dumbo, en aura fait saliver plusieurs lors des vernissages de janvier.


    Si Brooklyn-Montréal n’a pas mis Montréal sur toutes les lèvres, avec ce rassemblement inusité, elle s’impose désormais dans l’horizon de plusieurs personnes bien placées.


    Pour Julie Lohnes, directrice de l’A.I.R. Gallery, la force de Montréal réside dans le nombre d’organismes sans but lucratif qui s’y sont établis, ce qui permet au public « de régner librement, de décider quoi regarder et comment l’interpréter ». « Je n’ai pas été surprise de retrouver cette qualité de travail, insiste-t-elle. Du calibre de celle que l’on retrouve dans le monde. Il faut seulement accepter de [regarder de ce côté]. »


    Ils sont plusieurs à avoir découvert l’art québécois avec ce projet. Kathleen Gilrain, de Smack Mellon, et Kathleen Vance, de la Front Room Gallery, ont non seulement été ravies de visiter Montréal lors d’un voyage préparatoire, elles veulent répéter l’échange. Les expositions de Brooklyn-Montréal et celles de Montréal-Brooklyn tenues à l’automne au Québec reposaient sur une série de jumelages extraterritoriaux. Smack Mellon a été associé au Musée d’art contemporain, la Front Room Gallery au centre d’artistes Articule. Mmes Gilrain et Vance souhaitent retravailler avec les mêmes interlocuteurs.


    « Nous connaissons maintenant plus d’artistes. Nous devrons les considérer », dit Kathleen Vance, qui pense à inclure des Québécois lors d’une éventuelle expo thématique.


    Boshko Boskovic, un Serbe devenu francophile depuis son passage par Paris, a été l’un des commissaires du programme vidéo présenté à la Galerie de l’UQAM et maintenant à Interstate Projects. Aux commandes de Residency Unlimited, un organisme indépendant qui aide les artistes peu importe leur provenance, il confie connaître Montréal depuis trois ans. Il sait ce que la ville vaut et ne se prive pas de le répéter.


    « À chaque séjour, dit-il, je découvre plus d’artistes, plus de conservateurs, plus d’institutions. C’est une scène très riche et pas tellement représentée aux États-Unis, ni en Europe. Je dis souvent aux gens de regarder l’art au Québec. »


    Le modèle québécois de l’aide publique, croit-il, n’a rien à envier au marché new-yorkais. « Je trouve que les artistes québécois sont plus détendus et ne pensent pas au prochain show. Ils ont eu trois à six mois pour faire les vidéos. Pour beaucoup de gens ici, c’est un luxe », dit Boshko Boskovic, qui estime que les New-Yorkais passent trop de temps à écrire des courriels.


    Cet enthousiasme n’est pas sans déplaire à André Boisclair. Le tout nouveau délégué général du Québec n’est pas prêt à annoncer son plan d’action, mais il assure vouloir profiter de la vague d’estime.


    « Le Québec fait figure d’exception quant à la qualité de l’appui [à la création]. Pourrions-nous affirmer que dans les arts visuels le Québec apporte un brin d’oxygène ? demande-t-il. Ce que je comprends, c’est qu’il y a 1000 possibilités. Et pour percer à New York, il faut être persistant. Nous serons efficaces si et seulement si nous persistons. »


    Il n’y a pas que Brooklyn-Montréal pour faire atterrir des Québécois à Manhattan et ses environs. Pour des Jean-Pierre Gauthier et Marc Séguin déjà liés à des galeries, il y aura peut-être bientôt un Yann Pocreau, qui bénéficiera en 2013 d’un programme de résidence du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Julie Favreau, dont l’installation vidéo Anomalies est exposée à Parker’s Box dans le cadre de Brooklyn-Montréal, séjourne déjà à New York grâce à la Residency Unlimited. Elle compte en profiter pour se ressourcer et rencontrer des commissaires. Et en mars, ce seront les galeries privées qui se manifesteront encore cette année lors de la semaine des foires.


    Il ne faut pas s’étonner, non plus, si au hasard d’une marche dans Brooklyn on tombe sur une sculpture de Valérie Blass. Mise en place par le Public Art Fund, l’exposition en plein air Configurations réunit les oeuvres de quatre artistes autour des rapports entre le corps et l’objet d’art. La pratique de l’artiste montréalaise s’y intègre bien. Ce ne sont pas une, mais trois de ses oeuvres qui ont été retenues, dont l’une, à l’effigie d’un personnage qui en impose par sa pose, est à découvrir dans le hall d’une tour à bureaux.

     

    Collaborateur

    Notre collaborateur a séjourné à New York à l’invitation de la délégation du Québec à New York.

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	Aude Moreau a ressuscité son Tapis de sucre, vu la dernière fois en 2008.</div>
Olivia Boudreau, La brèche, 2012, extrait vidéo <div>
	La vidéo Paloma, de Rosemarie Padovano, fait partie de Vidéozones, un programme politique de fictions sombres et de documentaires low-tech.</div>
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	Minna Pöllänen, Transformable Platform for Detailed Landscape Viewing, 2013.</div>
Celia Rowlson-Hall, Three of A Feather, 2011, extrait vidéo Jacynthe Carrier, Parcours, 2012, extrait vidéo Interstate projects galery












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