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    Les arts visuels en 2012: teintés de rouge et d’espoir

    28 décembre 2012 |Jérôme Delgado | Arts visuels
    Le paysage du centre-ville de Montréal et, dans une plus large mesure, celui de la diffusion artistique, ne sont plus les mêmes depuis l’apparition, le printemps dernier, du 2-22. Inévitable, il est présent sur toutes les tribunes.
    Photo: Marie-Hélène Tremblay - Le Devoir Le paysage du centre-ville de Montréal et, dans une plus large mesure, celui de la diffusion artistique, ne sont plus les mêmes depuis l’apparition, le printemps dernier, du 2-22. Inévitable, il est présent sur toutes les tribunes.
    Déjà, l’année 2011 des arts visuels avait été marquée par la secousse immobilière avec l’ouverture de L’Arsenal, le complexe de Griffintown qui, depuis, périclite et perd des plumes - et non la moindre : la galerie René Blouin vient d’annoncer qu’elle quitte le bateau. En 2012, c’est dans le centre-ville que le renouveau s’est dressé, baptisé 2-22. Et 2013 s’annonce similaire, lors d’un autre petit jeu de chaises au profit cette fois du Mile-End. À travers ces bouleversements, l’art demeure un pilier rassurant. En 2012, il aura été teinté de rouge, mais aura aussi été marqué d’une manif forte en machines, ainsi que de plusieurs notes d’espoir.

    1. La nouveauté : le 2-22. Le paysage du centre-ville et, dans une plus large mesure, celui de la diffusion artistique, ne sont plus les mêmes depuis l’apparition ce printemps du 2-22. Inévitable, situé à l’angle de la Main et de la « Sainte-Cath », présent sur toutes les tribunes - merci au guichet unique La Vitrine et à la radio CIBL -, l’édifice joue un rôle de phare pour l’art actuel. Vox, chef de file de l’image contemporaine, s’y retrouve avec sa verve habituelle. Artexte, centre de documentation, a désormais là sa salle d’exposition. Formats, l’attendue librairie en ville spécialisée en arts, loge aussi à cette enseigne. Le 2-22 ne manquera pas d’innover et de surprendre, comme en a témoigné en décembre le dévoilement de son oeuvre du « 1 % ». Et le choix inusité, une performance signée Thierry Marceau, n’en est qu’à ses premiers pas. À surveiller en 2013 : la suite de 1/100 de 2-22, J’aime Montréal et Montréal m’aime, l’oeuvre de Marceau.

     

    2. La tendance : rouge politique. Le printemps a marqué le Québec comme jamais auparavant. Reflets de leur époque, les projets artistiques en portaient le sceau, pour ne pas dire le carré, à l’instar de celui du collectif l’École de la Montagne rouge. Or des expositions programmées bien avant que la marmite explose affichaient déjà, sinon la colère, du moins le ras-le-bol envers le libéralisme à la Charest. Voici notre top 3 des expos politisées de 2012: 1. Pierre Vallières + Josée Yvon, de Cynthia Girard, centre Optica ; 2. MULTIVERSITÉ/ Métacampus, de Stéphane Gilot, Galerie de l’UQAM ; 3. La chambre magnétique, d’Andrée-Anne Dupuis Bourret, Artprim. À surveiller en 2013 : combien de programmations seront-elles teintées de rouge ?

     

    3. La consécration : Nicole Gingras. Commissaire indépendante chevronnée, Nicole Gingras a connu une sorte de consécration en 2012. La Manif d’art 6 - Machines, portée par sa griffe et ses connaissances en art cinétique, a été une des meilleures dans l’histoire de la Biennale de Québec. Au centre Vox, au 2-22, là où il fallait être, elle a présenté le deuxième volet de ses recherches sur la pratique de Raymond Gervais. Mais surtout, c’est elle qui a été hissée à la tête de la Biennale de Montréal. Une nomination saluée par tout le milieu. À surveiller en 2013 : dirigée par Nicole Gingras, la Biennale retrouvera-t-elle son lustre ?

     

    4. La révélation : Chloé Desjardins. Quelque chose, le premier solo de Chloé Desjardins présenté cet automne à la galerie B-312, annonce de… belles choses. L’artiste était connue jusque-là pour des moulages inclus dans des expositions de groupe. Or elle n’est pas que sculpteure, mais aussi metteure en scène, capable d’animer un espace, de lui donner une profondeur dramatique. Quelque part entre Valérie Blass et Stéphane La Rue, Chloé Desjardins proposait des objets, tous blancs, à l’identité floue, à la fois oeuvres, artefacts et accessoires. À surveiller en 2013 : d’autres présences en groupe, à la galerie [sas], dès janvier, et au centre Caravansérail de Rimouski, en février.

     

    5. L’événement : Montréal- Brooklyn. Rarement un événement s’était fait aussi rassembleur et catalyseur que celui piloté par le centre Clark cet automne. Sous le chapeau Montréal-Brooklyn, on retrouvait une quarantaine d’artistes et une quinzaine de lieux, y compris le Musée d’art contemporain et des galeries privées. Or cet ensemble n’était pas qu’une affaire de quantité et de diversité. La qualité y était aussi. Et elle outrepassera nos frontières, comme son nom le laisse entendre. À surveiller en 2013, donc : Brooklyn-Montréal, en janvier, mais il faudra se rendre à New York.

     

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