Lettre - Développer une tradition philanthropique
Par exemple, en 2010, le couple Fisher de San Francisco (fondateur des magasins GAP) léguait plus de 1000 oeuvres d’art au musée de cette ville. Idem en Angleterre, alors que Charles Saatchi s’engageait en cette même année 2010 à léguer sa collection complète à un musée anglais. Enfin, pensons chez nous à cet autre couple juif, Michal et Renata Hornstein, qui firent en 2012 don d’une impressionnante collection d’art flamand au Musée des beaux-arts de Montréal.
Or, si on veut développer une grande tradition philanthropique parmi les Québécois, il faudra d’abord améliorer grandement la qualité de l’éducation artistique et cesser de confiner l’enseignement de l’histoire de l’art aux quelques facultés universitaires. Mais il faudra également cesser d’esquiver quelques questions. Dont la suivante : dans quelle mesure le rejet massif du passé religieux par les Québécois dits de souche est-il tributaire de cette impulsion philanthropique moindre ? Car, il faut bien le dire, à la source de ces nombreux dons de la part d’individus juifs à des musées se trouve, via une longue tradition religieuse au sens large, la volonté de remercier la ville qui les a jadis accueillis. Or si les Québécois dits de souche sont eux complètement coupés de leur passé, ou trouver l’inspiration morale, philosophique religieuse ou historique pour développer une grande tradition philanthropique ?
***
Yvan Petitclerc - Montréal, le 5 juillet 2012








