Sur les traces de Stirling au CCA
Notes d'archives
JamesFrazerStirling
Centre canadien d’architecture
1920, rue Baile, Montréal
Jusqu’au 14 octobre
Ce n’est pas l’exposition qui est en cause, au contraire. À ce jour, elle est la plus approfondie sur le sujet. C’est plutôt parce que l’architecte britannique n’a jamais restreint son vocabulaire architectural, puisant à la fois dans le vernaculaire, le néoclassicisme et le mouvement brutaliste. Comme le montre d’emblée l’exposition, Stirling a aussi été un fervent du modernisme — s’inspirant à ses débuts de l’architecte Le Corbusier —, qu’il se serait aussi appliqué à critiquer pour s’en distancier.
C’est d’ailleurs un peu dans cette perspective que le travail de Stirling a déjà été montré au CCA. C’était en 2003-2004, dans l’exposition collective out of the box : price rossi stirling + matta clark, qui réunissait des architectes des années 1960 et 1970 ayant tous bousculé les postulats modernistes par des voies très variées, souvent utilement recouvertes par la seule étiquette du postmodernisme. Dans ce contexte, le travail de Stirling était relativement éclipsé par celui plus flamboyant et plus radical de Gordon Matta-Clark.
Pour le CCA, qui est détenteur du Fonds James Stirling/Michael Wilford, il est tout à fait indiqué d’être revenu plus en profondeur sur la production de Stirling dans cette exposition dirigée par le commissaire Anthony Vidler et coproduite avec le Yale Center for British Art. L’exposition itinérante a d’ailleurs été enrichie de 150 objets et de documents tirés de ce Fonds pour la présentation à Montréal.
Tissus urbains
L’exposition donne à voir les premières réalisations de l’architecte, dont des ensembles d’habitation par lesquels il s’est distingué en tenant compte du tissu urbain plutôt que de faire table rase comme les modernistes. Les projets Preston en Angleterre et PREVI à Lima en sont des exemples abondamment illustrés dans l’exposition. Ayant fait l’objet de critique, le premier — comme d’autres constructions de Stirling d’ailleurs — a été démoli en 1999.
C’est dans l’architecture institutionnelle que Stirling réalise ses travaux les plus exceptionnels. Ceux-ci épousent souvent des formes atypiques, comme le bâtiment Florey à Oxford en Angleterre, qui a été préservé des altérations (apprend-on dans le catalogue). L’audace, l’intégration de composantes contextuelles et historiques fondent aussi l’architecture de la Neue Staatsgalerie à Stuttgart et de la Clore Gallery au Tate Britain.
Malgré la finesse et la sobriété du montage de l’exposition, le parcours finit par être monotone. Il est difficile de garder l’attention jusqu’au bout, d’autant qu’il y a beaucoup de documents détaillés et de textes à lire, ce qui n’est pas un tort en soi — Stirling, avisé de la singularité de ses méthodes, a compulsivement accumulé les traces de son travail. Des chaises, pas seulement au début du parcours, auraient permis de mieux apprécier tout ce matériel, dont les vidéos, qui offrent une rare emprise sur les bâtiments achevés.
Collaboratrice








