vendredi 25 mai 2012 Dernière mise à jour 09h47
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Salon d'art contemporain de Madrid - Franco dans un réfrigérateur: de jeunes artistes brisent le tabou

Agence France-Presse   23 février 2012  Arts visuels
Réalisée en résine, en silicone et avec de vrais cheveux, l’œuvre Franco toujours est en vente pour 39 300 $CAN.<br />
Photo : Agence Reuters Andrea Comas
Réalisée en résine, en silicone et avec de vrais cheveux, l’œuvre Franco toujours est en vente pour 39 300 $CAN.
Madrid — Franco dans un réfrigérateur: une jeune génération d'artistes espagnols, nés après la mort de Francisco Franco en 1975, s'attaque à la dictature à travers plusieurs œuvres satiriques exposées au Salon d'art contemporain de Madrid.

«Franco continue d'être à la une, il n'a pas disparu», explique Eugenio Merino, faisant allusion au récent procès contre le juge Baltasar Garzón pour avoir enquêté sur les disparus du franquisme.

Cet artiste de 36 ans expose l'oeuvre sans doute la plus spectaculaire du salon Arco: Franco dans un réfrigérateur, en uniforme militaire, affublé de lunettes de soleil noires.

Réalisée en résine, en silicone et avec de vrais cheveux, elle est en vente pour 30 000 euros (39 300 $CAN).

Franco toujours représente «l'idée que les Espagnols vivent avec l'image d'un Franco toujours vivant», explique Eugenio Merino, né en 1975, quelques mois avant la mort de Franco à l'âge de 82 ans.

«On ne cesse de parler de lui, de débattre sur lui. Un réfrigérateur, c'est un lieu où les choses restent en vie et fraîches», commente-t-il, citant, outre le procès Garzón, la publication l'an passé d'un article controversé sur le dictateur dans le Dictionnaire biographique espagnol de l'Académie royale d'histoire.

«La répression a été si grande et la dictature a duré si longtemps que les gens ont fini par aimer la personne qui avait pris leur liberté. Ma génération a une perspective plus archéologique, plus critique», renchérit l'artiste Fernando Sanchez Castillo.

Passionné par la période de la dictature, il a acheté l'an dernier l'ancien yacht de Franco, l'Azor, et l'a découpé en morceaux pour en faire des sculptures.

L'artiste de 41 ans est également parvenu à se procurer deux poils des sourcils du dictateur auprès d'un homme qui avait fait un moule du visage de Franco. Ils sont exposés au salon Arco, dans un sac en plastique transparent accroché au mur derrière une loupe.

Pour lui, ses sculptures et les sourcils montrent comment l'Espagne est devenue «une dictature des marchés où tout s'achète et se revend».

Un peu plus loin, une sculpture de la tête de Franco tourne à toute vitesse sur un socle, le rendant méconnaissable.

«Cela montre comment Franco est toujours présent même si on ne peut plus le voir», explique Fernando Sanchez Castillo, faisant allusion à la loi de 2007 sur la mémoire historique qui a ordonné le retrait de tout symbole en l'honneur de Franco.

Poursuite

Mais, malgré cette loi destinée à réhabiliter les victimes, les plaies de la dictature restent à vif.

La Fondation Franco, chargée de préserver l'héritage du dictateur, a annoncé la semaine dernière qu'elle allait engager des poursuites contre Eugenio Merino et les organisateurs du salon.

«Cette oeuvre génère la haine et l'affrontement, a déclaré le vice-président de la fondation, Jaime Alonso. C'est une grave offense à l'ancien chef de l'État, qui est caricaturé, transformé en guignol. Nous ne pouvons pas laisser passer cela parce qu'autrement, nous aurons des provocations de plus en plus grossières et scatologiques.»

D'autres artistes, comme Paula Rubio Infante, 34 ans, ont trouvé l'inspiration dans la souffrance de leur famille pendant la dictature, de la fin de la guerre civile en 1939 à la mort du général Franco.

«Mes grands-parents et mes oncles ont été détenus et torturés», raconte Paula Rubio Infante, qui expose une grande photo d'un site où est enfouie une fosse commune de personnes tuées par les forces de Franco pendant la guerre civile, avec, en dessous, trois sacs de chaux.

«Nous sommes la dernière génération qui a la possibilité d'écouter les témoignages directs des gens qui ont souffert du régime, de nos parents et grands-parents», souligne l'artiste. Pour elle, «il est important de continuer à alimenter la mémoire collective».
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012