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    Salon du Livre - Papiers choisis au Devoir

    14 novembre 2011 23h32 |Isabelle Paré | Arts visuels
    September, de Maskull Lasserre.
    Photo: September, de Maskull Lasserre.
    jeromefortin.com
    guylaramee.com
    maskulllasserre.com/home.html
    juliepicard.net
    En prévision du Salon du livre et de l'édition spéciale «Le Devoir des écrivains», qui sera publiée demain, Le Devoir présente dans sa vitrine de l'avenue du Président-Kennedy une exposition format poche qui rend hommage au livre dans tous ses états. Papiers choisis: une rencontre ludique entre les arts virtuels, le livre et le papier. Suivez le guide.

    Libre de penser, mais aussi de créer. Avec Papiers choisis, Le Devoir se fait entremetteur, en laissant place dans ses pages, et dans ses propres quartiers, à un rendez-vous impromptu entre l'art et les livres.

    Papiers choisis rassemble le travail de quatre artistes québécois, tous savamment inspirés par le livre. Sculpté comme une matière brute, plié ou replié dans tous les sens: le livre et le papier connaissent une seconde vie entre les doigts de Jérôme Fortin, Guy Laramée, Maskull Lasserre et Julie Picard.

    Les oeuvres choisies par Le Devoir témoignent de l'extraordinaire potentiel d'évocation du livre et de la malléabilité infinie de sa matière première, le papier.

    Paysages ciselés dans la tranche, objets insolites et traces d'origami: un fil rouge relie le travail de ces quatre artistes qui kidnappent les livres pour en faire surgir des histoires. Fabuleux détourneurs d'objets, ces artistes font parler le livre, encore et encore.

    Mise en plis

    Jérôme Fortin est un marathonien du geste. À force de patience, il plie et métamorphose romans, bandes dessinées, livres à colorier et magazines en tapisseries modernes.

    L'oeuvre présentée dans la vitrine du Devoir a été créée expressément pour l'exposition Papiers choisis, à l'aide de 25 brochures de papier glacé annonçant la semaine des galeries d'art à New York. Glanées en mai dernier par l'artiste, lors d'un passage dans la Grosse Pomme, elles renaissent aujourd'hui sous une autre forme.

    «J'avais conservé dans mon atelier ces très belles brochures, dont la couleur et le motif me plaisaient beaucoup, dans l'idée d'en faire quelque chose. Grâce à elles, j'ai pu faire cette dernière Solitude», explique Jérôme Fortin.

    Cette dernière perle vient s'ajouter à plusieurs autres de la série Solitude, une série de pièces composées de dizaines de livres patiemment pliés, pour former des tableaux saisissants. «J'ai eu cette idée en voyant un collègue qui pliait les pages d'un livre de bord pour se donner des points de repère. J'ai toujours pensé que de plier les pages d'un livre était un sacrilège. Finalement, c'est lui qui m'a inspiré Solitude. Depuis, je pense que j'ai plié plus de livres que quiconque que je connais!»

    Presque méditatif, l'exercice de pliage, répété page après page, a donné son nom à ces Solitude. «Ça fait référence au temps consacré à cette oeuvre, mais aussi au temps et à l'isolement alloués à la lecture d'un livre», dit-il.

    Consacré à 35 ans par une exposition solo au Musée d'art contemporain, l'artiste a présenté une douzaine d'expositions personnelles à Prague, Pretoria, Tokyo, Paris et Toronto. Même si Jérôme Fortin explore toutes sortes d'autres matériaux, le papier demeure sa matière de prédilection. «Pour moi, le papier et les imprimés offrent une source infinie de possibilités», dit-il.

    Papiers cachés


    Maskull Lasserre, confesse une attirance particulière pour les matériaux bruts d'où il fait émerger des objets insolites. China, sculpté dans des manuels, et September, buriné dans une pile de journaux — dont Le Devoir — prennent l'allure d'étranges objets hybrides.

    «Quand quelqu'un découvre un objet qui ne correspond à rien de connu, il se trouve dans un état de pure réceptivité. C'est cet état que j'essaie de faire durer, ce moment précis où les perceptions conventionnelles n'ont pas encore brouillé le contact avec cet objet nouveau».

    Maskull, qui a vécu jeune en Afrique du Sud, jette son dévolu sur les objets jetés aux rebuts. Un réflexe qui lui vient des impressions que lui a laissées durant l'enfance l'extraordinaire ingéniosité africaine.

    Livres impressionnistes

    D'emblée, les sculptures de Guy Laramée semblent taillées dans le bois brut ou l'ivoire. Elles sont plutôt ciselées à même la tranche jaunie de vieilles encyclopédies, de dictionnaires et d'autres livres savants. Longmen, une reproduction à l'identique d'un Bouddha d'une des centaines de grottes de Longmen en Chine, a été patiemment taillée au jet de sable dans neuf encyclopédies.

    «Ce travail avec les livres est une réflexion sur le culte de la connaissance. Y a-t-il une limite à cette soif obsessive de savoir? Peut-on comprendre le monde autrement qu'en cumulant les savoirs? Pour moi, c'est une douce revanche pour dire que l'on peut voir les livres autrement», explique l'anthropologue et artiste.

    Longmen fait partie d'une série d'oeuvres consacrées à la civilisation chinoise intitulée La Grande Muraille, et s'inscrit dans un projet plus large surnommé BIBLIOS. Amorcé en 2000, ce projet consacré à la reproduction de sites emblématiques, comme Pétra ou la cordillère des Andes, a valu à Guy Laramée des expositions à travers le monde.

    Livres pop up

    Julie Picard, elle, insuffle au papier journal une troisième dimension. «Je travaille le papier comme un sculpteur et j'aime l'idée que le papier plat puisse soudain prendre une troisième dimension.» Insérées entre deux couvertures, ces pièces faites de papier alvéolé sont dépliables, transportables. Elles s'ouvrent à la manière de livres pop up dont jaillirait une profusion d'objets ou d'histoires.

    À grand déploiement, une série de livres-éventails remet en question la surenchère médiatique entourant certains événements. «À grand déploiement, parle autant du déploiement armé que du déploiement médiatique, dit-elle. Le papier journal, lui, évoque toujours l'omniprésence et la surabondance de l'information dans notre monde».

    Les fragiles oeuvres de Julie Picard ont voyagé, notamment au Liban où l'une d'entre elles a remporté la Médaille d'or au concours culturel des Jeux de la Francophonie, ainsi qu'en Europe, dans la foulée de l'exposition collective Fazination Paper et de la Triennale internationale du papier du Musée de Charmey.

    Objet de fascination, de rêve, de réflexion, le livre continue, même une fois lu, d'être une puissante source d'inspiration pour ces artistes. Dans livre, n'y a-t-il pas le mot libre? Libre de créer.
    September, de Maskull Lasserre. La vitrine du Devoir, avenue du Président-Kennedy, présente une mini-exposition consacrée au livre.<br />
Solitudes, de Jérôme Fortin. <br />
Longmen, de Guy Laramée. <br />
China, de Maskull Lasserre. <br />
A grand déploiement, de Julie Picard<br />












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