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    Le Mois de la photo 2011 - Regards introspectifs et prise de conscience collective

    25 août 2011 |Jérôme Delgado | Arts visuels
    Comme un murmure, de Normand Rajotte
    Photo: Normand Rajotte - Le Mois de la Photo à Montréal Comme un murmure, de Normand Rajotte
    À deux semaines de son ouverture, le Mois de la photo à Montréal dévoilait hier, au nouveau complexe Arsenal, la programmation de sa 12e édition. Un contenu sous le signe de la prise de conscience et de l'introspection. Anne-Marie Ninacs, commissaire invitée cette année, a retenu le travail de 25 artistes, dont 9 Québécois, autour du titre Lucidité. Vues de l'intérieur.

    Ce 12e Mois de la photo sera bien visible un peu partout en ville. D'est en ouest, du Mile-End à Griffintown, en passant par le centre-ville. En tout, 11 lieux accueilleront un ou plusieurs projets. L'Arsenal, à lui seul, en présente 10. Fait à noter, il ne s'agit pas d'une grande exposition thématique, mais bien de 25 expositions solos.

    Les figures internationales ne manquent pas: le Britannique Douglas Gordon, déjà présent lors du Mois de la photo 2007 — l'éléphant mourant, sur trois grands écrans, c'était lui —, le Danois Jesper Just, lui aussi déjà vu à Montréal, ou Cao Fei, preuve vivante que la Chine est désormais une force en art contemporain. L'Ontario est représenté par quatre artistes, dont le très morbide Jack Burman, qui photographie des cadavres depuis 30 ans.

    Du Québec, Raymonde April paraissait incontournable, elle qui se raconte à travers une constellation d'images mettant en scène son entourage et son environnement. Corinne Lemieux, sa disciple indirecte, y sera aussi. Une de ses images, pleine de mystère, sert d'ailleurs de support promotionnel à cette édition. On y voit, sur un mur gris sale, un banal interrupteur et un insolite point d'interrogation.

    Anne-Marie Ninacs trouve dans cette photo la meilleure synthèse de sa thématique: voir la réalité comme elle est, sans l'enjoliver, mais sans pour autant la comprendre totalement. D'où l'exercice qu'elle propose, celui de chercher l'explication par un regard introspectif. «C'est une thématique qui concerne la vie, pas seulement l'art, dit-elle. Je crois profondément que si nous faisons tous ça, réfléchir à nous-mêmes, faire attention à soi, nous participons à la collectivité. Il y aura moins de violence, moins de délire de consommation.»

    Le spectre de la lucidité intérieure est large et Anne-Marie Ninacs s'est voulue ouverte à tous les genres, du plus conceptuel au plus émotif, du plus lumineux — tel le travail de la Japonaise Rinko Kawauchi — au plus sombre. Ses regroupements géographiques en tiennent compte. Au Belgo, les quatre expos parlent d'autoreprésentation (April, mais aussi l'Espagnole Cristina Núñez, au style très cru), celles de l'Arsenal, de mort et de chaos. On y verra la nature peu pittoresque de Normand Rajotte et, dans les rues environnantes, des grands formats d'un appartement dans un sale état captés par Yann Pocreau.

    Le Mois de la photo démarre le 8 septembre. Il propose un volumineux catalogue, déjà en vente, et présente un colloque, le 30 septembre. Le programme éducatif comprend des ateliers et des outils pour la famille.

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    Collaborateur du Devoir












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