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    Arts visuels - Le hasard, heureux trouble-fête au coeur de la 7e Biennale de Montréal

    29 avril 2011 |Jérôme Delgado | Arts visuels
    Où Dieu habite, œuvre de Werner Reiterer, consiste en une projection de lumière qui sera visible de l’extérieur de l’ancienne École des beaux-arts. On en voit ici un dessin préparatoire.<br />
    Photo: Biennale de Montréal Où Dieu habite, œuvre de Werner Reiterer, consiste en une projection de lumière qui sera visible de l’extérieur de l’ancienne École des beaux-arts. On en voit ici un dessin préparatoire.
    D'autres renseignements figurent dans le site de l'événement: biennalemontreal.org.
    La Biennale de Montréal 2011, qui ouvre dimanche, est chapeautée de l'intitulé «La tentation du hasard». C'est le poème-phare de Stéphane Mallarmé, Un coup de dés jamais n'abolira le hasard (1897), qui a inspiré ce choix. Les 40 artistes réunis pour cet événement proviennent de dix pays. Ils forment un des plus forts contingents internationaux de l'histoire de cette biennale attendue.

    Qu'est-ce qu'on pourra voir du 1er au 31 mai? Bien des choses. De la photo conceptuelle, celle de l'illustre Vancouvérois Ian Wallace, des projections de lumière de l'Autrichien Werner Reiterer, mais aussi des papiers découpés de Loïs Andison, de Toronto, ou des textes fondateurs de la modernité transformés en confettis par Sylvie Cotton, figure de la performance au Québec.

    L'essentiel se déroule à l'ancienne École des beaux-arts de Montréal, 3450, rue Saint-Urbain, à l'angle de la rue Sherbrooke. On trouve aussi une antenne de l'événement dans l'est de la ville, à la Fondation Molinari, qui accueillera ses premiers visiteurs au 3290, Sainte-Catherine Est. On y ressort l'ultime oeuvre de Guido Molinari, une traduction plastique du poème de Mallarmé. Aussi, un programme de films est à l'affiche les dimanches de mai au cinéma du Parc.

    «Il y en a qui voudraient qu'on vive autour de lois et de règlements. Mais il faut assimiler le hasard», suggère Claude Gosselin, qui tient encore, contre vents et marées, cette manifestation à bout de bras. «Il faut être ouvert, accepter l'aléatoire, accepter l'inconnu», dit-il, fier de prouver que Mallarmé trouve écho dans les nouveaux médias. BrainStorm, de Jean Dubois, maître de la vidéo interactive, en est le meilleur exemple. L'oeuvre puise autant dans les explorations typographiques de Mallarmé et de Derrida que dans les premiers jeux vidéo.

    La Biennale de Montréal 2011 respire la fraîcheur. Claude Gosselin s'est joint un cocommissaire en la personne de David Liss, ex-Montréalais aujourd'hui à la tête d'un musée torontois, le MOCCA. Les ratages des dernières éditions, le renvoi précipité du commissaire invité en 2009 (Scott Burnham) semblent choses du passé. Et les fonds privés — dont la recherche n'est jamais «une mince affaire», selon Gosselin — sont au rendez-vous, si bien que l'entrée à la Biennale est désormais gratuite, bien qu'un «don» de deux dollars soit suggéré.

    David Liss, auteur d'expos mémorables à Montréal (Artifice, 1996), a pour sa part accepté l'invitation sans se préoccuper des récents échecs de la biennale. Pour lui, Gosselin, le père des Cent jours d'art contemporain, demeure «une source d'inspiration, par son travail en dehors des institutions». «C'est un honneur d'être à ses côtés», estime Liss, qui a sinon constaté avec étonnement le nombre «incroyable d'artistes qui travaillent avec le hasard». «On aurait pu monter trois expos», assure-t-il.

    Malgré son emplacement dans l'édifice historique de l'ancienne École des beaux-arts, la Biennale de Montréal ne fera pas dans le cours d'histoire. Oui, des noms du passé y participent, tels Daniel Spoerri, figure du mouvement Fluxus, ou encore Jean Dupuy, un peintre lyrique reconverti à l'art conceptuel et aux anagrammes dans les années 1970. Le processus, si hasardeux chez Cozic, qui apprécie le vieillissement des matériaux, demeure un des principaux moteurs de cette biennale.

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    Collaborateur du Devoir












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