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    Accumuler les fragments

    26 février 2011 |Jérôme Delgado | Arts visuels
    • Compossibilité(s)
    • Galerie Laroche/Joncas, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, local 212, jusqu'au 26 mars.
    Le gigot rouge saignant trône sur son assiette en porcelaine. Et sur la page couverture du bouquin-référence La Viande. Achat-cuisson, du ministère de l'Agriculture du Canada. Aucune date ne permet de situer l'ouvrage. Par contre, il fait partie d'une œuvre très actuelle, signée Marc-Antoine K. Phaneuf. Et c'est en guise de carton d'invitation pour l'exposition Compossibilité(s) que la galerie Joncas/Laroche nous sert ce gigot. L'ensemble, qui regroupe les travaux de cinq «jeunes artistes prometteurs», repose sur le concept de la multiplication des sens et du détournement des fonctions. Chose rare dans une galerie de cette taille, les propriétaires ont fait confiance à un commissaire invité, Paul Brunet en l'occurrence.

    Si la diversité des pièces exposées accentue la notion d'éclatement du thème (on passe des éclaboussures de peinture de Jean-Philippe Harvey aux boîtes de carton fontaines de Guillaume Clermont), un dénominateur commun ressort. Les oeuvres naissent de l'accumulation (de gestes ou d'objets) et peuvent se lire en fragments, en pièces détachées.

    C'est particulièrement le cas chez Phaneuf, connu pour ses compilations de toutes sortes et son attrait pour le bancal. L'oeuvre Vieux buffet (premier service) réunit cent livres de cuisine des années 1970 et 1980. Disposés au mur, visibles seulement par leur couverture, ils forment une mosaïque pour le moins agressive, mais brodée d'un ou de plusieurs fils narratifs plutôt ouverts. Chaque détail permet, entre deux rires, de mesurer l'évolution d'une société à partir de la question du goût (culinaire).

    Dans ce même esprit de culture pop à toutes les sauces, Francis Arguin propose un lexique aussi éclatant, mais purement visuel, plus graphique que textuel, et sans l'ingrédient culinaire. Entre sculpture et peinture, Figures partisanes simule, en plusieurs exemplaires, les t-shirts marqués d'un logo. Celui-ci est totalement inventé, parfois abstrait et sans raison apparente, sinon celle de détourner l'objet commercial. C'est du déjà vu, mais cette collection se distingue par la petite taille du vêtement, qui insiste sur le côté utopiste de l'entreprise.

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    Collaborateur du Devoir

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    Compossibilité(s)
    Galerie Laroche/Joncas, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, local 212, jusqu'au 26 mars.












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