Fortin intime ou magnifié
Photo : Coll. MNBAQ © Fondation Marc-Aurèle Fortin / Sodrac 2011
Marc-Aurèls Fortin, l'Orme à Pont-Viau, 1928 (ou avant), huile sur toile
Entretenir un rapport intime avec des œuvres d'art est un grand privilège. Les vrais collectionneurs le savent mieux que moi. Me serais-je intéressée à Marc-Aurèle Fortin si dans mon enfance une de ses aquarelles accrochée au mur de la salle à manger familiale — achetée jadis pour une poignée de dollars par mon père — n'avait suscité cette curiosité-là? Mes tantes possédaient d'autres toiles de ses paysages de Charlevoix, que je voyais à travers les yeux du peintre durant mes vacances passées dans cette région. Au fil des héritages, les aquarelles ont passé de main en main, intégrées à nos univers. Et je reluque la ligne de maisons aujourd'hui disparues à Saint-Hilarion, les silhouettes humaines à peine esquissées, en tâchant de saisir au vol l'inspiration de cet artiste-là.
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