vendredi 25 mai 2012 Dernière mise à jour 09h47
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Demeures ambivalentes

Marie-Ève Charron   9 octobre 2010  Arts visuels
L’installation de Karine Payette, Faire son nid, à la Maison de la culture Frontenac<br />
Photo : © karine payette
L’installation de Karine Payette, Faire son nid, à la Maison de la culture Frontenac

À retenir

    Faire son nid

    • Karine Payette
    • Maison de la culture Frontenac, 2550, rue Ontario Est.
    • Jusqu'au 17 octobre.
Karine Payette a encore peu d'années d'expérience derrière elle, mais un sujet lui colle déjà à la peau: les rapports que l'humain entretient avec son chez-soi. Pour l'exposition Faire son nid, que l'artiste présente alors qu'elle poursuit une maîtrise en arts visuels et médiatiques à l'UQAM (Université du Québec à Montréal), elle aborde le thème de la domesticité avec une ambivalence peut-être non désirée.

Installations, projection vidéo et photographies en couleurs tissent tour à tour dans la salle des liens entre des images de la demeure et la notion de refuge. Refuge qui se veut d'abord protecteur et accueillant, mais qui évoque aussi la fuite, la dissimulation, voire le déni du monde extérieur. À plus d'une reprise, et aussi dans des oeuvres antérieures, Payette travaille avec de la laine minérale pour traiter des fonctions physiques d'isolation du chez-soi, mais aussi de ses connotations psychiques, elles liées au besoin d'isolement. Dans la vidéo Faire son nid, des personnages sur fond blanc se vautrent dans la matière rose, moins, semble-t-il, pour trouver du réconfort que pour se soustraire à ce qui les entoure, à la manière d'une autruche qui plonge la tête dans le sable.

Réalité friable


Cette imagerie est reprise dans une série de photographies où les personnages sont cette fois dans leur milieu de vie réel, cuisine, salle de jeu ou chambre à coucher, par exemple. Ils se dissimulent tant bien que mal à l'aide du mobilier, corps sans tête et mal à l'aise, d'une manière toutefois qui fait songer à d'autres pratiques actuelles consacrées à la représentation du corps. Du reste, l'une de ces photos, Nid de Maxime, oriente la lecture de l'exposition autrement, en montrant un homme qui cherche refuge sous une chaloupe renversée sur les rives du fleuve. Ainsi, l'errance plutôt que la sédentarité, accolée à la notion de nid, un abri après tout plus transitoire que permanent.

D'ailleurs, les installations qui constituent le coeur de l'exposition, et son principal attrait, explorent davantage cette voie. Mariant avec prouesse iconographie pop et facture bricolo, Payette fait après tout du contexte de la demeure une réalité friable et labile. Les oeuvres Abri 1 et Abri 2, composées de laine minérale ou d'une boîte de carton, renferment en leur sein un personnage, liant le corps à la rénovation et au déménagement, au processus de définition de soi et au nomadisme. Un pan de mur angulaire rend compte, quant à lui, de manière plus allusive, de la présence humaine. Ici et là, sur sa surface, une pellicule de peinture blanche est déchirée de façon à laisser voir des fragments de papier peint aux motifs surannés, vestiges du passé.

Avec son recours à la mise en scène et à la performance de figurants, Karine Payette touche d'une manière qui retient l'attention, bien que celle-ci soit encore à peaufiner et à clarifier, nos pratiques d'habitation. Il ressort ici que celles-ci sont plutôt liées à l'itinérance et au déracinement.

***

Collaboratrice du Devoir
L’installation de Karine Payette, Faire son nid, à la Maison de la culture Frontenac<br />
Le Nid de Genevière, photo faisant partie de l’installation <br />
 
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Francine Gauthier - Inscrit
    9 octobre 2010 19 h 32
    faire son nid
    Je suis allée visiter la Maison de la culture Frontenac et c'est formidable ,j'ai pas de mot de voir cette exposition. Je me suis revue moi-meme de déménagée sans cesse pour me sentir bien dans un milieu confortable et de voir un mur peint, repeint, tapisserie par dessus tapisserie...
    Karine Payette nous montre ou que se sois on recherche toujours un nid confortable et d'en trouver un bon pour nos vieux jours!
    Et j'ai aimé la maison du chasseur!
    Félicitation pour votre oeuvre, et continuer vous etes dans le bon chemin.
    Laval.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
2 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012