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Programmation 2010 - Renouveau au Symposium de Baie-Saint-Paul

Jérôme Delgado   14 juillet 2010  Arts visuels
Oeuvre de Sony Assu, originaire de la nation Laich-kwil-tach<br />
Photo : Symposium de Baie-Saint-Paul
Oeuvre de Sony Assu, originaire de la nation Laich-kwil-tach
Le Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul, dont on dévoilait hier à Montréal la programmation de son 28e été, n'aura jamais montré un visage aussi frais. Il aura fallu pour cela sortir du Québec. Le commissaire invité, Stefan St-Laurent, peut venir de la pas très lointaine Ottawa — il y travaille à la galerie SAW —, sa sélection est des plus originales.

Finies, les cliques des centres d'artistes et finies, les retrouvailles entre amis. Méconnus, les huit artistes ou collectifs qui s'activeront à l'aréna municipal à compter du 30 juillet viennent d'horizons très diversifiés. Sony Assu, originaire de la nation Laich-kwil-tach, vit à Vancouver. Nicholas Galanin, de l'exotique Alaska. Le trio des Bomford, père et fils, oeuvre aussi en Colombie-Britannique, mais également en Allemagne.

Pour la première fois, les Québécois sont minoritaires. Encore là, le duo de Rouyn-Noranda, Geneviève et Matthieu, et Jean-Robert Drouillard, de Québec, ne sont pas parmi les plus en vue.

Au-delà des distinctions territoriales, le Symposium 2010 se démarque par une plus grande ouverture vers les métiers d'art, la culture populaire et les traditions ancestrales. Baie-Saint-Paul s'enorgueillit d'ailleurs d'avoir, en invitée d'honneur, Faith Ringgold, artiste new-yorkaise octogénaire dont la pratique de la courtepointe l'a longtemps condamnée au statut d'artisane.

«Lors de mes séjours à Baie-Saint-Paul, disait Stefan St-Laurent, j'ai rencontré les gens pour savoir comment améliorer le Symposium, comment le rendre plus dynamique. Je me suis rendu compte qu'il fallait sortir du cadre de l'art contemporain, qu'il fallait inviter des artistes qui travaillent les métiers d'art, qui travaillent avec les artisans.»

«Il y a beaucoup de similitudes entre les deux, poursuit-il, et pour moi c'est une façon de rendre hommage à Baie-Saint-Paul.»

Grande dimension


Jacques Tremblay, directeur de l'événement, résume l'édition à venir comme une «de plus grande dimension». «[Le Symposium] est connecté à la fois à son milieu, convivial, et à l'art d'envergure, à la fine pointe.»

Le travail en collégialité est une des grandes idées derrière cette édition. D'où son titre, très évocateur: L'Union fait la force. D'où la forte présence de collectifs, autant dans la programmation officielle — à l'instar de Bakerygroup, de l'Ontario, qui élaborera une oeuvre à partir de troncs trouvés sur place — que dans la série de conférences, par la venue, parmi d'autres, du très militant ATSA.

Moins peinture, bien que plusieurs artistes s'en servent (Galanin, Assu, Geneviève et Mathieu), très sculpture (les personnages de taille humaine de Drouillard, par exemple), le 28e Symposium aura aussi une grande première: de la photographie. Benoît Aquin, attendu vers la fin du mois d'août, a reçu carte blanche. «Il peut aussi bien photographier les artistes au repos, comme l'aréna. Il fera ce qu'il veut», dit Stefan St-Laurent.

***

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  • Ève Cadieux - Inscrite
    14 juillet 2010 08 h 06
    Cliques... vraiment?!
    Me voilà très étonnée de lire le mot "cliques", ici associé aux centres d'artistes... Vraiment?! La plupart des centres d'artistes du Québec en 2010 -malgré leur budget annuel encore trop restreint- travaillent à diversifier leur programmation et à l'ouvrir à des artistes de partout dans le monde. Il est vrai qu'on peut, heureusement, encore parler de COLLECTIF d'artistes, mais "cliques" est franchement inapproprié...
    Ève Cadieux
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  • Solange Hudon - Abonné
    14 juillet 2010 09 h 27
    La courtepointe au Symposium d'art contemporain de Baie-Saint-Paul
    Après le plaisir d'appendre la venue de Mme Faith Ringgold au Symposium, j'ai été bouleversée d'apprendre que "la pratique de la courtepointe l'a longtemps CONDAMNÉE au statut d'artisane", selon les termes de M. Delgado. Je pratique la courtepointe depuis plus de 10 ans et je ne me savais pas condamnée à n'être qu'une artisane... Sans vouloir vous faire un procès d'intention, monsieur, ceci est un bel exemple de l'importance de la valeur que les mots sous-tendent. Ainsi écrite, cette phrase perpétue la dévalorisation des activités artisanales (essentiellement un monde de femmes). Une dévalorisation qui leur colle à la peau comme une tique dans la toison d'un mouton. Hors de l'ART, point de salut! point de reconnaissance! point de valeur! Je vous salue, monsieur, et vous conseille de vous relire.
    Solanges Hudon, Québec
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