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Colloque Création et diversité dans l'art autochtone - L'art autochtone est bel et bien vivant

Caroline Montpetit   23 juin 2010  Arts visuels
Le Musée amérindien de Mashteuiatsh présente la première exposition de Sophie Kurtness, une jeune artiste de la communauté de Mashteuiatsh, intitulée Fragments de culture. <br />
Photo : Musée amérindien de Mashteuiatsh
Le Musée amérindien de Mashteuiatsh présente la première exposition de Sophie Kurtness, une jeune artiste de la communauté de Mashteuiatsh, intitulée Fragments de culture.
Ces jours-ci, on peut voir à eXcentris une représentation on ne peut plus contemporaine, effets spéciaux à l'appui, d'un théâtre préhistorique maya. Rien ne peut mieux illustrer que l'art autochtone est à la fois porteur d'histoire et absolument de son temps.

C'est ce qui traverse les propos de plusieurs participants au colloque Création et diversité dans l'art autochtone, qui se termine aujourd'hui à l'Université du Québec à Montréal. Ce colloque est organisé par le tout nouvel organisme Artial, qui vise à faire mieux connaître l'art autochtone aujourd'hui et à favoriser les rencontres entre artistes amérindiens, étudiants et chercheurs.

Au Québec, l'art autochtone est mal connu, explique Anaïs Janin, la fondatrice de l'organisme, et dans la conscience, il se borne encore aux capteurs de rêve et aux tambours. Ces capteurs de rêve et ces tambours font bel et bien partie de l'imaginaire autochtone, mais l'art autochtone est rendu beaucoup plus loin, ajoute-t-elle. On citait d'ailleurs hier au colloque une phrase du célèbre métis Louis Riel: «Mon peuple va dormir durant cent ans, mais quand il s'éveillera, ce sont les artistes qui lui redonneront son esprit.» Plusieurs artistes autochtones sont engagés socialement. Anaïs Janin cite par exemple Émilie Monette et Moe Clark, qui ont créé une performance sur le thème de la violence faite aux femmes.

Pour Sonia Robertson, artiste multidisciplinaire innue de Masteuiash, le butô, cette forme de théâtre japonais, offre des liens directs avec son héritage autochtone. Son fondateur, Kazuo Ohno, incitait en effet les artistes à disparaître complètement derrière l'esprit d'un animal, par exemple, pour vraiment toucher leur auditoire. «Cela invite à communiquer avec l'esprit. C'est très autochtone comme approche», souligne Sonia Robertson.

L'art autochtone auquel Artial s'intéresse, c'est celui des Amérindiens d'aujourd'hui, dont 40 % vivent en milieu urbain au Québec (ce pourcentage est de 60 % dans le reste du Canada). Aussi, des organismes comme le Centre d'amitié autochtone de Montréal offrent des ateliers d'art à leur clientèle. C'est le cas du Centre inter-bandes des jeunes de Montréal, qui s'adresse aux autochtones et aux non-autochtones de moins de 29 ans. «On leur fait faire de la sculpture sur pierre et du théâtre, on a aussi un programme de transmission de connaissances culturelles», explique Rossel Bérard, assistant coordonnateur du Centre.

Plusieurs jeunes autochtones qui fréquentent le Centre inter-bandes ont grandi dans des familles d'accueil avec des parents non autochtones, et ont ainsi perdu contact avec leur culture d'origine.

«Cela leur fait du bien de voir des aspects positifs de leur culture, quelque chose d'autre que les perceptions négatives sur les autochtones véhiculées dans les médias», ajoute Rossel Bérard.

«Il faut rétablir la mythologie», lançait lundi Guy Sioui Durand, qui donnait la conférence d'ouverture du colloque. L'art autochtone, des jeunes comme des anciens, est bien vivant, un peu partout au Québec. Pour le connaître, pour l'apprécier, ajoutait Guy Sioui Durand, il faut circuler dans le territoire, visiter les musées de Masteuiash, de Wendake et d'Odanak, par exemple. Un beau programme de tourisme culturel estival...
 
 
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