Chauve-souris à six mains - Le livre des synonymes disparus
Photo : Omar Sailhan
Quelques sculptures en céramique de l’exposition de Z’otz* Collective à la galerie Lilian Rodriguez
À retenir
- Z'otz* Collective
- Galerie Lilian Rodriguez, 372, rue Sainte-Catherine Ouest
- Jusqu'au 24 avril.
Zotz, en langue maya, est une chauve-souris, la divinité; Camazotz, chauve-souris de la mort. Z'otz*, avec ces symboles associés à l'écriture maya, est le nom d'un collectif torontois. Vous ne vous étonnerez pas d'apprendre que sa pratique, à tout le moins les sculptures et les dessins exposés à la galerie Lilian Rodriguez, a des affinités avec les arts précolombiens.
Formé en 2004, Z'otz* Collective (Nahúm Flores, Erik Jerezano et Ilyana Martínez) s'inspire d'univers mythologiques où les êtres surnaturels abondent. Ni humains, ni animaux, ni végétaux, tout ça à la fois, les personnages sont placés au coeur de fables impossibles, aux sens multiples. Non sans humour, à l'instar des titres: El filósofo en la colina, Pingüino santo...
Les oeuvres sur papier rappellent fortement celles de Jerezano, le membre du trio le mieux connu ici au Québec. En 2009, il exposait en solo à la galerie Trois Points et participait au Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul. Le thème de l'an dernier, «Incroyables et merveilleuses», lui con-venait parfaitement, lui qui aime se référer aux nahuales préhispaniques, esprits animaux complices des dieux.
Parfaite symbiose
Les trois artistes travaillent en parfaite symbiose. La future oeuvre, celle en devenir, circule entre les mains de chacun, à tour de rôle, d'une table à l'autre. Leur processus est la simple expression de la collectivité et le groupe sem-ble fonctionner selon une confiance aveugle à autrui. Beau modèle de réussite en ces temps d'individualisme.
À la manière d'un cadavre exquis ou d'une charade, chacune des pièces se construit en particules, en éléments agencés, collés. C'est particulièrement révélateur dans le cas des dessins où les motifs, le tracé et les outils (le crayon ici, l'aquarelle là) varient.
Dans The Book of Disappeared Synonyms, l'oeuvre-titre de l'expo, deux visages pas du tout synonymes se font face. L'une, un faciès au long doigt en guise de nez, a ses contours bien définis, la couleur est appliquée soigneusement. L'autre, une tête de bête, est née d'un coup de crayon plus spontané.
Les sculptures, en céramique comme chez les ancêtres, cachent davantage la manière de faire. Le modelé et la suppression transforment davantage qu'u-ne couleur ou une ligne sur un bout de papier.
La coupe versus l'accumulation
Il faut dire aussi que, par leur monochromie, les céramiques, laissées dans ce sens à leur état naturel, donnent l'impression d'être un tout plus cohérent. Elles renferment pourtant une foule de détails, tel ce crâne couvert de feuilles ou cette ville taillée au bas d'un buste de monstre. Cette chauve-souris créatrice ne manque pas d'imagination.
***
Z'otz* Collective
Galerie Lilian Rodriguez, 372, rue Sainte-Catherine Ouest
Jusqu'au 24 avril.
***
Collaborateur du Devoir
Formé en 2004, Z'otz* Collective (Nahúm Flores, Erik Jerezano et Ilyana Martínez) s'inspire d'univers mythologiques où les êtres surnaturels abondent. Ni humains, ni animaux, ni végétaux, tout ça à la fois, les personnages sont placés au coeur de fables impossibles, aux sens multiples. Non sans humour, à l'instar des titres: El filósofo en la colina, Pingüino santo...
Les oeuvres sur papier rappellent fortement celles de Jerezano, le membre du trio le mieux connu ici au Québec. En 2009, il exposait en solo à la galerie Trois Points et participait au Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul. Le thème de l'an dernier, «Incroyables et merveilleuses», lui con-venait parfaitement, lui qui aime se référer aux nahuales préhispaniques, esprits animaux complices des dieux.
Parfaite symbiose
Les trois artistes travaillent en parfaite symbiose. La future oeuvre, celle en devenir, circule entre les mains de chacun, à tour de rôle, d'une table à l'autre. Leur processus est la simple expression de la collectivité et le groupe sem-ble fonctionner selon une confiance aveugle à autrui. Beau modèle de réussite en ces temps d'individualisme.
À la manière d'un cadavre exquis ou d'une charade, chacune des pièces se construit en particules, en éléments agencés, collés. C'est particulièrement révélateur dans le cas des dessins où les motifs, le tracé et les outils (le crayon ici, l'aquarelle là) varient.
Dans The Book of Disappeared Synonyms, l'oeuvre-titre de l'expo, deux visages pas du tout synonymes se font face. L'une, un faciès au long doigt en guise de nez, a ses contours bien définis, la couleur est appliquée soigneusement. L'autre, une tête de bête, est née d'un coup de crayon plus spontané.
Les sculptures, en céramique comme chez les ancêtres, cachent davantage la manière de faire. Le modelé et la suppression transforment davantage qu'u-ne couleur ou une ligne sur un bout de papier.
La coupe versus l'accumulation
Il faut dire aussi que, par leur monochromie, les céramiques, laissées dans ce sens à leur état naturel, donnent l'impression d'être un tout plus cohérent. Elles renferment pourtant une foule de détails, tel ce crâne couvert de feuilles ou cette ville taillée au bas d'un buste de monstre. Cette chauve-souris créatrice ne manque pas d'imagination.
***
Z'otz* Collective
Galerie Lilian Rodriguez, 372, rue Sainte-Catherine Ouest
Jusqu'au 24 avril.
***
Collaborateur du Devoir
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

