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Arts visuels - Récidive pour Oboro

Oboro est finaliste du Grand Prix pour la deuxième fois de son histoire. Une histoire aussi vieille que le Grand Prix du Conseil des arts: 25 ans.

Jérôme Delgado   27 mars 2010  Arts visuels
Derrière le mur qui marque les limites de l'aire d'exposition du centre Oboro, il ne s'y cache pas que des bureaux. On y trouve aussi un piano, un bac de jouets pour les plus petits visiteurs et, surtout, une grande table et une cuisinette. À Oboro, finaliste cette année dans la section Arts visuels, la bouffe est un élément central.

Il n'est pas étonnant de les surprendre en train de faire la popote. En février, c'est même l'artiste islandais Oskar Ericsson qui préparait un potage aux courgettes de son cru. La tradition à Oboro, c'est de souligner le début et la fin d'une expo par un repas communautaire. «En entrevue, ils m'ont même demandé si je cuisinais», lance à la blague Jonathan Plante, le sculpteur qui occupe le poste de technicien depuis décembre.

L'an 2009 correspondait à 25 ans d'activités oboriennes. Et, selon le communiqué du CAM, Oboro est finaliste «pour son 25e anniversaire, qui marque une contribution unique et exceptionnelle aux secteurs des arts visuels et des arts numériques».

Aux yeux de Daniel Dion, un des fondateurs du centre et toujours à la tête de l'organisme, les célébrations du 25e anniversaire n'ont cependant pas valu à Oboro de se retrouver honoré par le Conseil de arts de Montréal. Il y voit plutôt une approbation de l'ensemble de son oeuvre, de sa mission, de «ses 25 années d'existence».

Daniel Dion aime bien répéter que l'histoire des «oboros» (des oeuvres commandées à une centaine d'artistes), point de départ d'une campagne de financement organisée autour du 25e, n'était qu'une excuse, qu'une autre, pour réunir les gens. «La vente des oboros n'était pas un objectif, dit-il. On voulait célébrer avec la communauté. Célébrer la création avec le concept du mot "oboro".»

Communautaire, collaboration, entraide ne sont pas que des grands mots à Oboro, ils sont des principes. Daniel Dion n'est, dit-il, que «directeur pour l'extérieur». «On fonctionne autrement, assure-t-il. Toutes les décisions se prennent sur une base collective.» Et les «employés», occupant douze postes permanents à temps plein ou partiel, sont invités à prendre des initiatives, à y aller de leurs propositions.

Les collaborations d'Oboro avec son milieu ne se comptent plus. Et, résultat d'une autre trouvaille de l'an dernier, l'opticien Georges Laoun, celui-là bien connu pour exposer de l'art dans son espace du Plateau-Mont-Royal, s'est joint à Oboro pour la création d'un prix destiné aux cinéastes. Le lauréat du Prix du très court métrage (3 minutes ou moins) reçoit 3000 dollars et l'occasion de montrer son film aux passants de la rue Saint-Denis.

***

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