Exposition - Le photojournaliste François Pesant donne un visage aux oubliés
Photo : François Pesant
C’est en Inde, au cours d’un voyage à titre de bénévole pour une ONG, il y a un peu plus de trois ans, que le photographe François Pesant a découvert la réalité méconnue des réfugiés climatiques.
Il ne traque pas les cyclones ou les séismes, mais va plutôt à la rencontre de ceux qui les subissent et y laissent une partie d'eux-mêmes. Le photojournaliste François Pesant, collaborateur occasionnel du Devoir, trace ainsi un portrait des Réfugiés du climat, titre de l'exposition qu'il présente du 11 février au 25 avril à la TOHU.
Après avoir séjourné ces derniers mois en Inde et au Sri Lanka, le photographe vient de rentrer d'Haïti, où il a constaté la désolation matérielle, mais aussi l'entraide et l'espoir humain.
«Le niveau de destruction est incroyable, confie-t-il. C'est énorme. Au niveau humain, ce qui m'a frappé c'est la résilience des Haïtiens, de voir à quel point les gens sont forts et peuvent traverser une épreuve pareille en restant sains. Des gens me racontaient que leur fils, leur frère étaient morts et ils arrivaient à me sourire.»
Ces catastrophes naturelles sont souvent la manifestation d'un plus important bouleversement planétaire en cours, quoique plus lent et moins spectaculaire: le réchauffement de la planète. Les écoréfugiés sont de plus en plus déplacés par la désertification, les inondations récurrentes et l'augmentation du niveau de la mer.
À part quelques clichés d'Haïti, la trentaine de photos en noir et blanc — développées en chambre noire, chose désormais rare — de l'exposition donnent un visage aux victimes des sécheresses en Inde. C'est là, au cours d'un voyage à titre de bénévole pour une ONG, il y a un peu plus de trois ans, que François Pesant a découvert la réalité méconnue des réfugiés climatiques.
«Il n'y a aucune définition légale ou officiellement reconnue du réfugié environnemental, indique-t-il. Il y a des gens qui militent pour leur reconnaissance, d'autres contre. Parce qu'ils représentent de 30 à 40 millions [de personnes], le haut-commissariat des Nations unies aurait du mal à gérer ça. Et si on touche la convention relative aux réfugiés, elle va devenir plus restrictive.»
Depuis son premier voyage en Inde, il y a fait quelques autres séjours, dont un de cinq mois passés à «documenter leur vie» — il faut du temps pour établir des relations de confiance — dans des camps sommaires (sans eau, sans égouts, sans électricité) des États de l'Himachal Pradesh, du Punjab et du Rajasthan ainsi qu'à Delhi, où les réfugiés ont démarré une industrie informelle de recyclage.
«Les gens vont directement dans les dépotoirs ramasser les matériaux et plusieurs d'entre eux ont quitté leur État à cause de raisons environnementales ou économiques», rapporte-t-il.
Plus nombreux que les réfugiés ordinaires (victimes de guerres, de conflits ethniques ou de répression politique), ces réfugiés du climat pourraient frôler le milliard d'ici 2050, selon les Nations unies. Pourtant, ils demeurent à l'écart du circuit de l'aide internationale, hormis quelques ONG qui luttent en leur faveur.
«Haïti m'a fait prendre conscience de la différence entre des catastrophes naturelles comme ça, qui attirent l'attention les médias et la sympathie du public — il y a des campagnes incroyables! —, et des phénomènes comme la désertification qui sont lents, peu spectaculaires et qui n'ont pas le même impact médiatique, se désole-t-il. Ça crée presque autant de réfugiés, mais il n'y a pas grand-chose qui est fait... » Son exposition permet de témoigner de leur vie oubliée.
Une table ronde réunira le photojournaliste ainsi que Steven Guilbeault, d'Équiterre, et Béatrice Vaugrante, d'Amnistie internationale, le 22 mars à 19h à la TOHU. D'ici là, François Pesant récupère aussi des tentes pour les sinistrés haïtiens, à la veille de la saison des pluies, en collaboration avec AMJ Campbell Van Lines (denis.cordick@ajmcampbell.com), une compagnie de déménagement qui a mis ses entrepôts québécois (Dorval) et ontariens à contribution.
Après avoir séjourné ces derniers mois en Inde et au Sri Lanka, le photographe vient de rentrer d'Haïti, où il a constaté la désolation matérielle, mais aussi l'entraide et l'espoir humain.
«Le niveau de destruction est incroyable, confie-t-il. C'est énorme. Au niveau humain, ce qui m'a frappé c'est la résilience des Haïtiens, de voir à quel point les gens sont forts et peuvent traverser une épreuve pareille en restant sains. Des gens me racontaient que leur fils, leur frère étaient morts et ils arrivaient à me sourire.»
Ces catastrophes naturelles sont souvent la manifestation d'un plus important bouleversement planétaire en cours, quoique plus lent et moins spectaculaire: le réchauffement de la planète. Les écoréfugiés sont de plus en plus déplacés par la désertification, les inondations récurrentes et l'augmentation du niveau de la mer.
À part quelques clichés d'Haïti, la trentaine de photos en noir et blanc — développées en chambre noire, chose désormais rare — de l'exposition donnent un visage aux victimes des sécheresses en Inde. C'est là, au cours d'un voyage à titre de bénévole pour une ONG, il y a un peu plus de trois ans, que François Pesant a découvert la réalité méconnue des réfugiés climatiques.
«Il n'y a aucune définition légale ou officiellement reconnue du réfugié environnemental, indique-t-il. Il y a des gens qui militent pour leur reconnaissance, d'autres contre. Parce qu'ils représentent de 30 à 40 millions [de personnes], le haut-commissariat des Nations unies aurait du mal à gérer ça. Et si on touche la convention relative aux réfugiés, elle va devenir plus restrictive.»
Depuis son premier voyage en Inde, il y a fait quelques autres séjours, dont un de cinq mois passés à «documenter leur vie» — il faut du temps pour établir des relations de confiance — dans des camps sommaires (sans eau, sans égouts, sans électricité) des États de l'Himachal Pradesh, du Punjab et du Rajasthan ainsi qu'à Delhi, où les réfugiés ont démarré une industrie informelle de recyclage.
«Les gens vont directement dans les dépotoirs ramasser les matériaux et plusieurs d'entre eux ont quitté leur État à cause de raisons environnementales ou économiques», rapporte-t-il.
Plus nombreux que les réfugiés ordinaires (victimes de guerres, de conflits ethniques ou de répression politique), ces réfugiés du climat pourraient frôler le milliard d'ici 2050, selon les Nations unies. Pourtant, ils demeurent à l'écart du circuit de l'aide internationale, hormis quelques ONG qui luttent en leur faveur.
«Haïti m'a fait prendre conscience de la différence entre des catastrophes naturelles comme ça, qui attirent l'attention les médias et la sympathie du public — il y a des campagnes incroyables! —, et des phénomènes comme la désertification qui sont lents, peu spectaculaires et qui n'ont pas le même impact médiatique, se désole-t-il. Ça crée presque autant de réfugiés, mais il n'y a pas grand-chose qui est fait... » Son exposition permet de témoigner de leur vie oubliée.
Une table ronde réunira le photojournaliste ainsi que Steven Guilbeault, d'Équiterre, et Béatrice Vaugrante, d'Amnistie internationale, le 22 mars à 19h à la TOHU. D'ici là, François Pesant récupère aussi des tentes pour les sinistrés haïtiens, à la veille de la saison des pluies, en collaboration avec AMJ Campbell Van Lines (denis.cordick@ajmcampbell.com), une compagnie de déménagement qui a mis ses entrepôts québécois (Dorval) et ontariens à contribution.
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