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    Peintres juifs de Montréal, 1930-1948 - Regards croisés sur la métropole de l'entre-deux-guerres

    27 janvier 2010 |Isabelle Paré | Arts visuels
    Front intérieur – Home Front, de Harry Mayerovitch (1940, huile sur panneau de fibre de bois).
    Photo: MNBAQ Front intérieur – Home Front, de Harry Mayerovitch (1940, huile sur panneau de fibre de bois).
    • Peintres juifs de Montréal - Témoins de leur époque 1930-1948
    • Au Musée McCord
    • Du 29 janvier au 2 mai 2010
    Après avoir conquis le Musée national des beaux-arts de Québec en 2008, les peintres juifs de Montréal rentrent au bercail. Reprise au Musée McCord, l'exposition Peintres juifs de Montréal - Témoins de leur époque 1930-1948 dévoile un pan méconnu de l'histoire de l'art du Québec et de l'histoire de Montréal au temps de la crise.

    Rues sales et transversales, files de chômeurs à la soupe populaire, prostituées et faune urbaine: si le regard porté par les peintres juifs de l'entre-deux-guerres sur Montréal ne procède pas de la même esthétique, il s'en dégage une véritable unité dans les thèmes, échos lointains d'une époque laissée dans l'ombre par l'arrivée triomphale du mouvement automatiste.

    Ce n'est pas un hasard si la commissaire de l'exposition, Esther Trépanier, devenue entre-temps directrice du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), s'est attardée à ce segment négligé de la production artistique québécoise. «C'était un peu d'une histoire oubliée que je voulais parler. Entre la représentation folklorique du Québec, avec paysage, cheval et carriole, et l'arrivée des automatistes, il y a dès les années 1930 ces peintres qui ont marqué l'art de l'entre-deux-guerres en incarnant l'accès à l'urbanisation», explique Mme Trépanier.

    En 218 illustrations, ce condensé, tiré de la production des artistes d'une communauté juive alors rassemblée le long de la Main, témoigne de la réalité vécue par les nouveaux immigrants, issus de l'Europe de l'Est, qui aluniront à Montréal durant la Grande Dépression. Pauvreté, urbanisation, montée du fascisme et du communisme teintent cette création, inspirée par les enjeux du temps. Avant les Borduas, Riopelle, Ferron, il y eut d'abord les Louis Muhlstock, Sam Borenstein, Rita Briansky, Eric Goldberg, Ernst Newmann et Moe Reinblatt, autant de haut-parleurs du Québec tourné vers la modernité, mais marqué au fer rouge de la misère, des luttes ouvrières et de la Seconde Guerre mondiale.

    «On ne peut pas parler d'un mouvement artistique comme tel, mais d'artistes qui partageaient les mêmes sujets et qui ne s'inscrivaient pas dans l'esthétique paysagiste de l'époque», insiste la commissaire.

    Pourquoi juifs? La question se pose, puisqu'à la même époque, d'autres artistes québécois se sont aussi posés en marge du nationalisme artistique dominant. La commissaire dit avoir fait ce choix justement pour exposer à quel point cette communauté jetait un regard novateur sur les réalités québécoise et canadienne. Les musées McCord, des beaux-arts de Montréal et Concordia ont puisé dans leurs propres collections pour bonifier d'une vingtaine d'oeuvres le corpus présenté à Québec.












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