«La journée d'étude - Le MACM en question» - Un musée sous la loupe
Les lettres ouvertes et confrontations par l'intermédiaire des médias semblent avoir porté leurs fruits: il y avait foule hier pour discuter de l'avenir du Musée d'art contemporain de Montréal (MACM). «La journée d'étude - Le MACM en question» a attiré à la Société des arts technologiques 130 personnes, selon les organisateurs.
La foule avait l'apparence d'être un bon tri du milieu: artistes, universitaires, commissaires indépendants, galeristes et personnalités de divers organismes, de la Biennale de Montréal à la Fondation Molinari. Des professionnels des musées assistaient aussi, mais pas des masses, et surtout pas de représentants du MACM, si on ne tient pas compte des conservateurs retraités aperçus.
Rappelons que cette «consultation publique au sujet du Musée d'art contemporain de Montréal» a pris origine en juin, lors de la nomination de Paulette Gagnon à la direction de l'institution. C'est le processus de sélection, et non pas le choix comme tel, qui a créé la controverse.
Il s'en est suivi une profonde remise en question du musée, à l'image des cinq «ateliers» mis au menu hier. Mission, gouvernance, leadership, diffusion internationale, rôle dans la société, le MACM a été attaqué de partout. Un document synthèse sera préparé et remis au gouvernement et au musée.
Laurier Lacroix, émérite historien de l'art et coauteur des missives envoyées aux médias, a rappelé en ouverture que «la réflexion en est une sur l'état actuel du musée». «On ne demande pas plus d'argent, pas un agrandissement. On demande comment, tel qu'il est, le musée peut faire davantage.»
La foule a pris la chose au sérieux. Elle ne s'est pas contentée de parapher comme cet été une lettre ouverte (117 signataires), mais y est allée de commentaires et demandes concrètes. Une des principales cibles a été le conseil d'administration, dont la formation pose problème. On y réclame, entre autres, la présence d'artistes. On remet aussi en question le rôle joué par des membres «honoraires», voire la légalité de leur implication.
«Je ne suis pas avocat, disait François Colbert, professeur à HEC et spécialiste de la gestion des organismes culturels, mais si ces gens [les membres honoraires] votent, les décisions du conseil d'administration sont invalides.»
Discussion ouverte, mais unidirectionnelle, sans véritable confrontation d'idées. Le MACM, absent, ne pouvait se défendre. Les ex-conservateurs, eux, restaient cois.
Questionné au téléphone, Éric Bilodeau, directeur des communications au musée, a rappelé que le refus de participer du MACM découlait du rejet d'impliquer un médiateur.
«Oui, on a suggéré [à notre personnel] de ne pas se présenter parce qu'on ne savait pas quel ton ça prendrait. Mais pas sous peine de représailles, non, ça non», dit-il, rejetant des allégations dans ce sens entendues à la Journée d'étude.
«C'est un petit milieu, conclut-il, on prendra connaissance de ce qui se sera dit, et les meilleures idées, on va les garder, on va les travailler.»
***
Collaborateur du Devoir
La foule avait l'apparence d'être un bon tri du milieu: artistes, universitaires, commissaires indépendants, galeristes et personnalités de divers organismes, de la Biennale de Montréal à la Fondation Molinari. Des professionnels des musées assistaient aussi, mais pas des masses, et surtout pas de représentants du MACM, si on ne tient pas compte des conservateurs retraités aperçus.
Rappelons que cette «consultation publique au sujet du Musée d'art contemporain de Montréal» a pris origine en juin, lors de la nomination de Paulette Gagnon à la direction de l'institution. C'est le processus de sélection, et non pas le choix comme tel, qui a créé la controverse.
Il s'en est suivi une profonde remise en question du musée, à l'image des cinq «ateliers» mis au menu hier. Mission, gouvernance, leadership, diffusion internationale, rôle dans la société, le MACM a été attaqué de partout. Un document synthèse sera préparé et remis au gouvernement et au musée.
Laurier Lacroix, émérite historien de l'art et coauteur des missives envoyées aux médias, a rappelé en ouverture que «la réflexion en est une sur l'état actuel du musée». «On ne demande pas plus d'argent, pas un agrandissement. On demande comment, tel qu'il est, le musée peut faire davantage.»
La foule a pris la chose au sérieux. Elle ne s'est pas contentée de parapher comme cet été une lettre ouverte (117 signataires), mais y est allée de commentaires et demandes concrètes. Une des principales cibles a été le conseil d'administration, dont la formation pose problème. On y réclame, entre autres, la présence d'artistes. On remet aussi en question le rôle joué par des membres «honoraires», voire la légalité de leur implication.
«Je ne suis pas avocat, disait François Colbert, professeur à HEC et spécialiste de la gestion des organismes culturels, mais si ces gens [les membres honoraires] votent, les décisions du conseil d'administration sont invalides.»
Discussion ouverte, mais unidirectionnelle, sans véritable confrontation d'idées. Le MACM, absent, ne pouvait se défendre. Les ex-conservateurs, eux, restaient cois.
Questionné au téléphone, Éric Bilodeau, directeur des communications au musée, a rappelé que le refus de participer du MACM découlait du rejet d'impliquer un médiateur.
«Oui, on a suggéré [à notre personnel] de ne pas se présenter parce qu'on ne savait pas quel ton ça prendrait. Mais pas sous peine de représailles, non, ça non», dit-il, rejetant des allégations dans ce sens entendues à la Journée d'étude.
«C'est un petit milieu, conclut-il, on prendra connaissance de ce qui se sera dit, et les meilleures idées, on va les garder, on va les travailler.»
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