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Exposition - L'après-bureau d'art, une nouvelle tentative

Jérôme Delgado   12 janvier 2008  Arts visuels
Les travailleurs du centre-ville, amateurs d'art, potentiels collectionneurs, auront bientôt droit à un 5 à 7 nouveau genre. Purement visuel, d'art contemporain. Dans les prochains jours, deux centres d'artistes autogérés et une galerie privée renoueront avec une vieille obsession, jamais vraiment concrétisée malgré quelques tentatives: prolonger les heures d'ouverture au-delà du perpétuel seuil de 17h.

Les centres Skol et B-312, ainsi que la galerie Pierre-François Ouellette Art contemporain, accueilleront les visiteurs tous les mercredis de la saison hivernale, et peut-être plus, jusqu'à 19h. Deux heures par semaine, trois galeries, ça semble peut-être peu, mais l'effort est louable.

La dernière initiative similaire, en 2002, une soirée portes ouvertes, est restée sans lendemain. Cette fois, Skol, qui a lancé l'idée à l'ensemble des locataires de l'édifice de la rue Sainte-Catherine, assure vouloir persévérer toute l'année. «On aimerait l'annoncer pour la rentrée de septembre», dit Anne Bertrand, coordonnatrice du centre logé au troisième étage.

Ce nouveau projet repose sur la même habituelle envie de séduire un plus large public. De rendre plus accessibles des lieux souvent accusés de manquer de souplesse. «C'est une chose dont on discute depuis toujours, dit Anne Bertrand. On veut attirer un public qui n'est pas disposé [à visiter des expos] entre midi et 17h, la semaine.»

Reste le problème de ressources humaines. Si les collègues galeristes ont répondu en si petit nombre, c'est pour des raisons de personnel et de manque d'argent pour en engager du nouveau, même à temps partiel, à raison de 15$ l'heure. À Skol, où les jeudis 5 à 7 sont aussi au calendrier, on a opté pour une réorganisation des heures de bureau. D'autres centres pourraient s'en inspirer, si les premières semaines s'avèrent achalandées.

Le galeriste Pierre-François Ouellette embarque dans l'aventure avec enthousiasme, malgré ses expériences ratées — il s'est déjà tourné les pouces certains dimanches et soirées. Pour lui, cet essai vaut la peine parce qu'il réunit enfin des centres d'artistes. Il est convaincu qu'ils draineront une clientèle et une énergie nouvelles.

Mais le public, viendra-t-il? Si les gens du Belgo ont choisi le mercredi, c'est bien parce que leur voisin, le Musée d'art contemporain, y ouvre ses portes gratuitement de 18h à 21h. Et y attire, bon an, mal an, quelque 30 000 visiteurs.

«C'est une clientèle assez répétitive, dit Éric Bilodeau, chef des communications du MAC. On voit les mêmes visages d'expo en expo. Mais disons qu'en moyenne, 625 personnes viennent chaque mercredi.»

Pour Pierre-François Ouellette, il faut en profiter. «Il y a déjà une habitude, celle de la fréquentation du MAC, croit-il. Il ne s'agit pas de créer un nouveau contexte, il y a ça à un bloc de chez nous. L'habitude que l'on veut créer, c'est de l'amener ici.»

Malgré tout cet optimisme, il y a un hic: la majorité des visiteurs du MAC se présentent vers 19h.

«Les gens arrivent tard, on le voit aussi lors des Nocturnes. Peut-être qu'ils finissent de travailler de plus en plus tard, suppose Éric Bilodeau. En tout cas, ça n'arrive pas à six heures moins quart.»

Anne Bertrand est consciente de cette réalité mais croit tout de même dans le projet. Pas question pour l'instant, non plus, d'ouvrir au-delà de 19h. «On n'a pas beaucoup d'argent, on dépense déjà tout ce qu'on a, dit-elle. On essaye de bonifier le travail, pas d'exploiter notre personnel.»

Le MAC, et son bassin de bénévoles, et le Belgo, deux réalités. Mais un même objectif. Le musée pense d'ailleurs à installer des bannières faisant la promotion de tous ces lieux à visiter après 17h. La question demeure: le public suivra-t-il?

Collaborateur du Devoir






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  • Maxime Bisson
    Inscrit
    samedi 19 janvier 2008 12h00
    Pour peu que j'y sois...
    « Belle initiative !
    On se demanderait pour peu pourquoi les centres d'artistes et autres diffuseurs en art actuel ou contemporain s'obstinent à ne pas adapter leurs heures d'ouverture aux disponibilités de leur clientèle ; d'autre part, on se demande pourquoi les travailleurs de ces mêmes organisations ne pourraient revendiquer des conditions de travail normales -- disons raisonnables.
    Il est important que les communautés entourant ces joyaux du « patrimoine actuel » en supportent bien plus que la subsistance, mais réclament à titre individuel et collectif d'en accueillir les efforts. Eh bien, cela ne se fait pas tout seul et nécessite un moindre effort en contrepartie : qu'on en franchisse le seuil !

    En tant que visiteur excentrique du nombril montréalais, je salue l'initiative avec grand' joie, reconnaissant la part de sacrifice nécessaire à cette initiative et mettant au défi tous ceux qui comme moi se rendront sur l'Île à l'occasion, de se donner la peine -- Ô ! Misère ! -- ou le plaisir de débuter la soirée en se ressourçant au Belgo !

    Maxime B.
    (Saguenay) »

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