Les collectionneurs exposent au Musée des beaux-arts de Montréal - Passez au salon!
Photo : Pascal Ratthé
Duo choc, la photographie Le Sorcier impérial d’Andres Serrano, provenant d’une collection particulière, côtoie Sans titre, de Valérie Bélin, de la collection Phoebe Greenberg, dans le grand hall du pavillon Michal et Renata Hornstein.
Jusqu'au 24 février, le Musée des beaux-arts entrebâille la porte des salons de quelque 67 collectionneurs montréalais, qui ont accepté de dévoiler au public quelques-unes des plus belles pièces de leurs collections privées.
C'est quelque 250 oeuvres que donne à voir l'exposition Pour l'art! Oeuvres de nos collectionneurs privés, un riche amalgame de petits trésors de toutes les époques et de tous les styles confondus, amassés à coup de flair et de patience par des dizaines de Montréalais complètement fous d'art. «L'esprit de ce projet était d'inviter au musée des collectionneurs qui ont un vrai lien avec Montréal et qui sont prêts à partager leurs oeuvres et leur passion», a affirmé hier Nathalie Bondil, la directrice du MBAM. «Nous voulions donner à tous l'occasion de pouvoir voir ces oeuvres gratuitement», a-t-elle ajouté.
Clin d'oeil amusant, le musée a regroupé les oeuvres tantôt par style, tantôt par thème, mais surtout, il les dévoile dans un environnement calquant le salon privé, histoire de donner encore plus au visiteur l'impression de s'immiscer dans l'antre du collectionneur. Nous passons ainsi du cabinet d'estampes au grand salon d'apparat, orné de bronzes et de marbres, au salon moderne puis à l'espace épuré du loft.
Des estampes vénitiennes aux sculptures de Rodin, Bourdelle et Miro, du pastel de Degas aux dessins de Matisse, en passant par de spectaculaires toiles de Picasso, Léger et Van Gogh, la richesse des pièces présentées époustoufle. «Nous avons été soufflés par certains trésors, certains objets d'archéologie, et notamment un pastel de Degas qui pourrait être accroché dans les plus grands musées», a confié hier Mme Bondil.
Parmi ces mordus d'art qui ont prêté une partie de leur collection, Frieda et Irwin Browns, qui possèdent un inventaire impressionnant de gravures et de dessins de maîtres anciens et modernes. «Notre collection montre toutes les femmes que Picasso a aimées, de la première aux portraits de Jacqueline, sa seconde épouse», a expliqué hier Irwin Browns, qui a acquis sa première gravure en 1972, à défaut de pouvoir se payer des toiles. Maintenant, la collection du couple est telle qu'une bonne partie a déjà été léguée au MBAM.
Dans un grand salon violet, on se surprend à découvrir toute une panoplie d'objets historiques ayant appartenu à Napoléon, propriété de la famille Weider, ainsi que des pièces d'art judaïque prêtées par David Azrieli. Puis, aux côtés des cubistes Picasso et Braque, une collection d'art précolombien, ainsi que des pièces d'art africain, issues de la collection Guy Laliberté-Cirque du Soleil. Au détour de plusieurs salles trônent de magnifiques Rodin, dont un appartenant à Phyllis Lambert. Plus loin, le salon moderne dévoile des fauteuils dessinés par Frank Gehry et Bernard Rancillac, provenant de la collection Luc Plamondon.
Si à New York ou à Toronto les collectionneurs n'hésitent pas à se dévoiler publiquement, plusieurs des Montréalais approchés pour exposer leurs collections ont préféré garder l'anonymat. «Cela fait un peu partie de notre culture à Montréal. Les gens n'aiment pas étaler leur richesse», croit Irwin Browns.
L'exposition ne rassemble pourtant pas que les pièces de richissimes mécènes, mais aussi celles de collectionneurs aux origines plus modestes, dont les oeuvres appartenant à François Rochon, un jeune collectionneur d'art contemporain qui a acquis sa première oeuvre il y a sept ans. «J'ai eu le coup de foudre en 1987 lors d'une exposition sur Borduas au MBAM. Depuis, je suis cela de près, je vais voir les grandes expositions à New York trois ou quatre fois par an. C'est une passion», dit-il. Le catalogue de l'exposition regroupe d'ailleurs les entrevues réalisées avec 70 de ces passionnés d'art, qui se confient sur leurs premiers coups de foudre, leurs folies, leurs occasions ratées. Un autre point de vue, totalement personnel et rafraîchissant, sur l'art.
- Pour l'art! Oeuvres de nos grands collectionneurs privés au Musée des beaux-arts de Montréal, du 6 décembre 2007 au 24 février 2008.
C'est quelque 250 oeuvres que donne à voir l'exposition Pour l'art! Oeuvres de nos collectionneurs privés, un riche amalgame de petits trésors de toutes les époques et de tous les styles confondus, amassés à coup de flair et de patience par des dizaines de Montréalais complètement fous d'art. «L'esprit de ce projet était d'inviter au musée des collectionneurs qui ont un vrai lien avec Montréal et qui sont prêts à partager leurs oeuvres et leur passion», a affirmé hier Nathalie Bondil, la directrice du MBAM. «Nous voulions donner à tous l'occasion de pouvoir voir ces oeuvres gratuitement», a-t-elle ajouté.
Clin d'oeil amusant, le musée a regroupé les oeuvres tantôt par style, tantôt par thème, mais surtout, il les dévoile dans un environnement calquant le salon privé, histoire de donner encore plus au visiteur l'impression de s'immiscer dans l'antre du collectionneur. Nous passons ainsi du cabinet d'estampes au grand salon d'apparat, orné de bronzes et de marbres, au salon moderne puis à l'espace épuré du loft.
Des estampes vénitiennes aux sculptures de Rodin, Bourdelle et Miro, du pastel de Degas aux dessins de Matisse, en passant par de spectaculaires toiles de Picasso, Léger et Van Gogh, la richesse des pièces présentées époustoufle. «Nous avons été soufflés par certains trésors, certains objets d'archéologie, et notamment un pastel de Degas qui pourrait être accroché dans les plus grands musées», a confié hier Mme Bondil.
Parmi ces mordus d'art qui ont prêté une partie de leur collection, Frieda et Irwin Browns, qui possèdent un inventaire impressionnant de gravures et de dessins de maîtres anciens et modernes. «Notre collection montre toutes les femmes que Picasso a aimées, de la première aux portraits de Jacqueline, sa seconde épouse», a expliqué hier Irwin Browns, qui a acquis sa première gravure en 1972, à défaut de pouvoir se payer des toiles. Maintenant, la collection du couple est telle qu'une bonne partie a déjà été léguée au MBAM.
Dans un grand salon violet, on se surprend à découvrir toute une panoplie d'objets historiques ayant appartenu à Napoléon, propriété de la famille Weider, ainsi que des pièces d'art judaïque prêtées par David Azrieli. Puis, aux côtés des cubistes Picasso et Braque, une collection d'art précolombien, ainsi que des pièces d'art africain, issues de la collection Guy Laliberté-Cirque du Soleil. Au détour de plusieurs salles trônent de magnifiques Rodin, dont un appartenant à Phyllis Lambert. Plus loin, le salon moderne dévoile des fauteuils dessinés par Frank Gehry et Bernard Rancillac, provenant de la collection Luc Plamondon.
Si à New York ou à Toronto les collectionneurs n'hésitent pas à se dévoiler publiquement, plusieurs des Montréalais approchés pour exposer leurs collections ont préféré garder l'anonymat. «Cela fait un peu partie de notre culture à Montréal. Les gens n'aiment pas étaler leur richesse», croit Irwin Browns.
L'exposition ne rassemble pourtant pas que les pièces de richissimes mécènes, mais aussi celles de collectionneurs aux origines plus modestes, dont les oeuvres appartenant à François Rochon, un jeune collectionneur d'art contemporain qui a acquis sa première oeuvre il y a sept ans. «J'ai eu le coup de foudre en 1987 lors d'une exposition sur Borduas au MBAM. Depuis, je suis cela de près, je vais voir les grandes expositions à New York trois ou quatre fois par an. C'est une passion», dit-il. Le catalogue de l'exposition regroupe d'ailleurs les entrevues réalisées avec 70 de ces passionnés d'art, qui se confient sur leurs premiers coups de foudre, leurs folies, leurs occasions ratées. Un autre point de vue, totalement personnel et rafraîchissant, sur l'art.
- Pour l'art! Oeuvres de nos grands collectionneurs privés au Musée des beaux-arts de Montréal, du 6 décembre 2007 au 24 février 2008.
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