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Un échiquier géant pour la place Émilie-Gamelin

Isabelle Paré   4 mai 2007  Arts visuels
La place Émilie-Gamelin est plus occupée par les coups de vent et les pigeons que par les citoyens...
Photo : Jacques Grenier
La place Émilie-Gamelin est plus occupée par les coups de vent et les pigeons que par les citoyens...
Trop souvent désertée par les passants, la place Émilie-Gamelin tentera de se refaire une beauté dès cet été grâce aux talents de l'artiste du pochoir Roadsworth, retenu par l'arrondissement du centre-ville pour transformer ce lieu de passage majeur en échiquier géant.

L'oeuvre, qui sera inaugurée à la fin du mois de juin, sera réalisée dans la foulée du programme de financement d'art public Vill'Art Marie, créé l'an dernier par le maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Benoit Labonté, pour revitaliser plusieurs places stratégiques au coeur de la métropole.

Mais l'idée d'insuffler un peu de vie à la place Émilie-Gamelin émane aussi du groupe Dada Diffusion Art actuel, qui privilégie l'occupation des espaces publics par les artistes. La directrice de cet organisme, France Parenteau, qui se désolait de voir un si bel espace déserté, s'est mise en tête d'inoculer un sentiment d'appartenance chez les Montréalais qui traversent chaque jour cette vaste place, plus occupée par les coups de vent et les pigeons que par les citoyens.

«La place Émilie-Gamelin est au carrefour de la Grande Bibliothèque, de l'UQAM, du métro Berri-UQAM et de la gare centrale. C'est donc un des lieux de passage les plus fréquentés de la ville. Mais les passants la contournent et ne se l'approprient pas. On veut en faire une place vivante, une vitrine pour les arts», a expliqué hier Mme Parenteau, qui a soumis l'idée à la Ville.

L'idée sera donc de créer sur le sol un échiquier géant, portant le sceau de Roadsworth, dont les pochoirs créatifs ont envahi l'an dernier la place faisant face au Centre des congrès de Montréal. L'oeuvre sera assortie de pièces d'échecs géantes, qui inviteront, trois jours par semaine les promeneurs à s'arrêter pour tenter un échec et mat.

La place Émilie-Gamelin, qui fut longtemps un parc de stationnement moche, a été réaménagée en parc à l'occasion des festivités du 350e anniversaire de Montréal et retapée à l'aide de dalles de pierre, de plans inclinés en gazon et de terrasses. Mais même les trois oeuvres de Melvin Charney qui y sont installées n'ont jamais réussi à y faire s'arrêter les Montréalais, de sorte que l'endroit est devenu le point de chute de plusieurs itinérants.

«Avec les étudiants de l'UQAM, les usagers de la bibliothèque et les tours à bureaux autour, il y a ici un potentiel fameux pour y créer une vitrine des arts. Ça pourrait devenir un genre de Washington Square», souhaite France Parenteau.

Ce projet s'accompagnera aussi d'une remise en beauté de la place de l'Espoir, un petit parc créé rue Sainte-Catherine à l'angle de la rue Panet, au début des années 1990, en hommage aux victimes du VIH. Lui aussi désaffecté, le parc sera requinqué par des murales temporaires réalisées par des artistes de l'UQAM, ainsi que par Roadsworth qui viendra y apporter son grain de sel.

Le coût total du projet s'élève à 80 000 $, dont 30 000 $ proviendront du fonds d'art public de l'arrondissement de Ville-Marie, financé par les nouvelles amendes imposées pour assurer la propreté et les surplus provenant de la vente de permis. En effet, depuis que le gouvernement Harper a réduit de 1 % la TPS, la Ville a laissé inchangé le coût de tous ses permis et verse l'excédent, soit l'équivalent de 30 000 $ par année, dans son nouveau fonds pour l'art public.






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  • Laurain Guy
    Inscrite
    vendredi 4 mai 2007 21h17
    Les artistes et les Échecs
    « Les joueurs d'Échecs se voient comme des artistes et ce n'est pas Duchamp qui dirait le contraire.À l'instar d'autres villes et pays d'Europe qui ont installé des jeux d'Échecs dans les parcs,les places et autres lieux plublics il faut encourager cette inititiative qui va permettre de rassembler les gens autour des Échecs et des Arts. Et c est là que le tout public verra qu'avec 64 dalles noires et banches sur lesquelles reposent quelques personnages féodaux, il est possible de créer un univers ludique où s'affrontent Rois, Cavaliers et Infanterie comme à l'origine le Chaturunga ou Rois des Jeux et Jeu des Rois rassemblait stratèges militaires, puis le jeu féodal les Rois et les nobles ,puis le jeu de salon les poètes et autres lettrés, puis le peuple au sein des cafés. Bravo et vive le Roi et les artistes. »

  • Dominique Dubreuil
    Abonné
    samedi 5 mai 2007 10h09
    Vif esprit et l'art de Roadsworth
    « Merci d'apporter l'art à la vue de nous tous. »

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