Le public, commentateur artistique
Le musée interactif Steve invite les internautes à décrire et à qualifier les oeuvres
Credo de la modernité, la démocratisation de l'art a le vent en poupe avec Internet. Cette fois, ce sont les musées qui tendent virtuellement la main au grand public afin de créer un vaste dictionnaire de mots clés en vue d'élargir l'accès aux oeuvres d'art.
Le projet de recherche Steve réunit une dizaine d'institutions américaines, dont le Guggenheim et le Metropolitan Museum de New York, le San Francisco Museum of Modern Art et le Denver Museum of Art. Musée d'art en ligne qui expose les oeuvres des différents catalogues, Steve est avant tout un outil d'étiquetage social (social tagging, en anglais) des oeuvres en ligne.
Un tag est généralement un mot clé qu'on utilise pour identifier un signet, une page Web ou tout autre article affiché en ligne. Ces étiquettes permettent d'organiser ses infos personnelles, souvent en lien avec d'autres internautes. L'étiquetage social connaît un essor foudroyant grâce à Internet. Des sites tels Del.icio.us ou Flicker, où chacun affiche ses préférences (qu'il s'agisse de photos, de sites consultés, etc.), appellent cette pratique. Dans le cas de Steve, ces mots clés servent à décrire, à commenter, à qualifier des oeuvres d'art.
«Le tagging d'art aide à comprendre ce que les gens voient dans les oeuvres, ce qui les intéresse, comment ils perçoivent les choses, ce qu'ils ne comprennent pas — ce qui est aussi intéressant que ce qu'ils comprennent d'ailleurs, explique au Devoir Susan Chun, du Metropolitan Museum, qui participe au projet Steve. Le but est d'améliorer l'accès aux oeuvres en récoltant ces termes puis en les utilisant pour aider les gens à trouver ce qu'ils cherchent.»
Lancé en 2005, le projet entre dans sa phase active. Pendant deux ans, quatre groupes de recherche vont rendre environ 4000 oeuvres d'art accessibles à l'étiquetage. Déjà, www.steve.museum offre quelque 1000 pièces au regard des «tagueurs».
Elle cite l'exemple d'un internaute qui entre le mot «impressionnisme» ou «chien» dans l'outil de recherche du Met. Celui-ci ne tombera pas sur les peintures impressionnistes ou celles dépeignant le meilleur ami de l'homme. Parce qu'on ne les catalogue pas ainsi. Le projet ne vise pas nécessairement le catalogage des oeuvres en ligne. L'étiquetage citoyen peut mettre sur de nouvelles pistes en matière d'enseignement.
«On veut aussi établir une relation avec le public en lui laissant savoir qu'il peut contribuer de façon significative au bagage de connaissances que constituent les musées.»
D'autres institutions muséales recourent à l'étiquetage social pour établir des liens personnalisés avec les publics. Au Canada, le musée des beaux-arts de l'Ontario (AGO) travaille actuellement à sa propre interface, collectionsx.museum, qui permettra aux internautes de développer intelligemment des liens personnels avec la collection publique. Dans le cadre de son exposition Graffiti, le Brooklyn Museum a invité le public à ajouter des photos aux graffitis et aux murales de Brooklyn. À Sydney, en Australie, le Powerhouse Museum propose un fureteur permettant de chercher les oeuvres grâce à des mots clés proposés par les visiteurs.
«Le geste même de l'étiquetage invite les gens à s'attarder aux oeuvres, à les regarder minutieusement. Or cette observation active est une des choses qui amènent les gens à apprécier l'art. Les chances de les voir dans notre musée après sont ainsi décuplées... »
Le Devoir
Le projet de recherche Steve réunit une dizaine d'institutions américaines, dont le Guggenheim et le Metropolitan Museum de New York, le San Francisco Museum of Modern Art et le Denver Museum of Art. Musée d'art en ligne qui expose les oeuvres des différents catalogues, Steve est avant tout un outil d'étiquetage social (social tagging, en anglais) des oeuvres en ligne.
Un tag est généralement un mot clé qu'on utilise pour identifier un signet, une page Web ou tout autre article affiché en ligne. Ces étiquettes permettent d'organiser ses infos personnelles, souvent en lien avec d'autres internautes. L'étiquetage social connaît un essor foudroyant grâce à Internet. Des sites tels Del.icio.us ou Flicker, où chacun affiche ses préférences (qu'il s'agisse de photos, de sites consultés, etc.), appellent cette pratique. Dans le cas de Steve, ces mots clés servent à décrire, à commenter, à qualifier des oeuvres d'art.
«Le tagging d'art aide à comprendre ce que les gens voient dans les oeuvres, ce qui les intéresse, comment ils perçoivent les choses, ce qu'ils ne comprennent pas — ce qui est aussi intéressant que ce qu'ils comprennent d'ailleurs, explique au Devoir Susan Chun, du Metropolitan Museum, qui participe au projet Steve. Le but est d'améliorer l'accès aux oeuvres en récoltant ces termes puis en les utilisant pour aider les gens à trouver ce qu'ils cherchent.»
Lancé en 2005, le projet entre dans sa phase active. Pendant deux ans, quatre groupes de recherche vont rendre environ 4000 oeuvres d'art accessibles à l'étiquetage. Déjà, www.steve.museum offre quelque 1000 pièces au regard des «tagueurs».
Elle cite l'exemple d'un internaute qui entre le mot «impressionnisme» ou «chien» dans l'outil de recherche du Met. Celui-ci ne tombera pas sur les peintures impressionnistes ou celles dépeignant le meilleur ami de l'homme. Parce qu'on ne les catalogue pas ainsi. Le projet ne vise pas nécessairement le catalogage des oeuvres en ligne. L'étiquetage citoyen peut mettre sur de nouvelles pistes en matière d'enseignement.
«On veut aussi établir une relation avec le public en lui laissant savoir qu'il peut contribuer de façon significative au bagage de connaissances que constituent les musées.»
D'autres institutions muséales recourent à l'étiquetage social pour établir des liens personnalisés avec les publics. Au Canada, le musée des beaux-arts de l'Ontario (AGO) travaille actuellement à sa propre interface, collectionsx.museum, qui permettra aux internautes de développer intelligemment des liens personnels avec la collection publique. Dans le cadre de son exposition Graffiti, le Brooklyn Museum a invité le public à ajouter des photos aux graffitis et aux murales de Brooklyn. À Sydney, en Australie, le Powerhouse Museum propose un fureteur permettant de chercher les oeuvres grâce à des mots clés proposés par les visiteurs.
«Le geste même de l'étiquetage invite les gens à s'attarder aux oeuvres, à les regarder minutieusement. Or cette observation active est une des choses qui amènent les gens à apprécier l'art. Les chances de les voir dans notre musée après sont ainsi décuplées... »
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