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Une étude de Harvard met en doute l'authenticité de tableaux de Pollock

1 février 2007  Arts visuels
Washington — Une analyse scientifique de l'université Harvard jette un doute sur l'authenticité de trois tableaux du peintre abstrait américain Jackson Pollock en révélant que certains pigments utilisés sur les toiles n'existaient pas du vivant du peintre.

Héraut de l'action painting (peinture gestuelle), Jackson Pollock, dont un tableau a récemment atteint la valeur record de 140 millions de dollars, est mort en 1956.

L'étude, menée pendant plus d'un an et publiée par le centre de recherche du Harvard University Art Museum, a utilisé diverses techniques de spectroscopie et de décomposition chimique par chauffage pour analyser les pigments et liants de trois toiles attribuées à Pollock.

Ces tableaux font partie d'un lot d'une trentaine de toiles découvertes en 2002 par Alex Matter, fils d'un ami du peintre qui les avait conservées dans un garde-meubles.

Les tableaux, dont l'authenticité a déjà suscité des confrontations d'experts, étaient enveloppés dans un papier kraft indiquant qu'ils dataient de 1946 à 1949. Mais l'étude conclut que «certains pigments jettent un doute sur la date proposée pour la création de ces trois oeuvres».

Un tableau «contient notamment un pigment dans la peinture orange qui n'était pas disponible avant 1971» alors qu'une peinture brune sur un autre tableau n'a été «développée qu'au début des années 80 et mise sur le marché en 1986», selon l'étude.

Dans un communiqué diffusé sur Internet, Alex Matter, propriétaire des toiles, a contesté les résultats de l'étude en rappelant que certaines toiles, retrouvées en mauvais état, avaient été «fortement restaurées».

«De nombreux experts ont attribué ces tableaux à Jackson Pollock et rien dans le rapport de Harvard ne vient contester cela de façon formelle [...]. L'authentification d'oeuvres d'art est plus un art qu'une science», affirme-t-il.
 
 
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