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La police française relance une enquête sur un pilleur de musées européens

5 octobre 2006  Arts visuels
Paris — La police française a décidé hier de relancer l'enquête sur le vol d'oeuvres d'art par le pilleur de musées Stéphane Breitwieser, qui avait écumé plusieurs pays d'Europe, le jour même de la parution de ses «confessions», a-t-on appris de source policière.

L'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels, qui enquête notamment sur le vol en 1998 d'un Corot au musée parisien du Louvre jamais retrouvé, s'appuie sur un passage du livre où le jeune homme affirme avoir volé quelque 300 oeuvres et non 239, nombre pour lequel il a été condamné. Le parquet de Strasbourg (est) devait être saisi hier.

Stéphane Breitwieser, 35 ans, a écumé de 1994 à 2001 les musées de plusieurs pays d'Europe, dérobant pour 10 millions d'euros d'oeuvres. «Il nous reparle dans son livre de vols que l'on ne connaît pas», et il est donc normal que la police souhaite de nouveau l'interroger, a indiqué à l'AFP le commandant Bernard Darties, chef adjoint de l'Office.

Outre le vol du Corot, l'Office enquête notamment sur le vol de deux Sisley. Stéphane Breitwieser, qui nie ces vols dans son livre, s'était vanté du vol du Corot dans une lettre personnelle, se rétractant par la suite.

La façon de procéder et les dates de déplacement du jeune homme qui aurait pu se trouver dans ces régions pourraient correspondre.

Les objets dont il avoue le vol «peuvent avoir été revendus», a indiqué le commandant, ajoutant que l'enquête est d'autant plus complexe qu'on ne sait pas exactement ce que la mère du voleur a détruit.

Pendant l'enquête, la mère de Stéphane Breitwieser avait jeté des centaines de pièces volées dans le Rhin, pour la plupart repêchées, et détruit des oeuvres — dont un Cranach (XVIe) et un Bruegel (XVIIe) — dont on ignore la liste exacte.

Le voleur avait opéré en Suisse, en France, au Danemark, en Autriche et en Belgique.

Interpellé en Suisse en 2001, Stéphane Breitwieser a été condamné à quatre ans de réclusion dans ce pays, puis à trois ans dont dix mois avec sursis en France. Il est libre depuis le 22 octobre 2005 et publie aux Éditions Anne Carrière ses Confessions d'un voleur d'art.
 
 
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