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    Voies culturelles des faubourgs - Culture pour tous

    Un arrondissement montréalais s'est doté d'un organisme rassembleur

    Depuis leur création en 1997, les Journées de la culture ont connu un vif succès dans le Centre-Sud montréalais en rassemblant, ces dernières années, jusqu'à 30 organismes culturels. Ce dynamisme a mené, à l'automne 2001, à la création d'un organisme rassembleur tout à fait unique: les Voies culturelles des faubourgs. Mission: le développement de la culture sous toutes ses formes, en harmonie avec les aspirations du quartier qui l'abrite.

    À la veille des Journées de la culture, c'est un véritable test que s'apprêtent à passer les Voies culturelles des faubourgs. En effet, après une première année de travail acharné, l'organisme passera officiellement des paroles aux actes. Au programme: lectures publiques, ateliers, vernissages, expositions, rencontres avec les artistes et circuits historiques, le tout préparé en collaboration avec une trentaine d'organismes culturels et communautaires du Centre-Sud.

    La naissance des Voies culturelles des faubourgs témoigne du bel esprit de coopération qui règne dans le quartier depuis 1997. C'est en effet grâce à l'immense effort de concertation nécessaire à la bonne marche des Journées de la culture que l'organisme à but non lucratif a vu le jour. Aujourd'hui, émergeant de sa chrysalide, il est prêt à relever d'autres défis. «Notre première mission sera de renforcer l'esprit d'appartenance et de développer des alliances stratégiques dans le quartier», explique le directeur général de l'organisme, Denys Caron.

    Élan collectif

    Alliant sensibilisation, réflexion, coordination et intervention, les Voies ont ainsi développé un réseau culturel qui a su gagner la faveur du quartier. À ces actions s'est ajoutée une grande victoire: l'installation dans le quartier de la Grande Bibliothèque du Québec. «Sans l'effort concerté des organismes de quartier, on n'aurait jamais eu la GBQ», croit fermement Denys Caron qui compte bien suivre chacune des étapes de son édification.

    C'est aussi ce que croit Michel Gendron de l'Écomusée du fier monde qui oeuvre dans le milieu culturel depuis déjà 30 ans. Pour lui, les Voies culturelles des faubourgs sont une force dont le quartier ne saurait se passer. «J'aurais souhaité qu'un tel organisme existe bien, bien avant, car il nous permet de nous doter d'un élan collectif et d'une cohésion inégalée», confie M. Gendron.

    Non seulement les Voies permettent à ses organismes membres de se concerter, mais elles leur donnent aussi l'opportunité de joindre un public jusqu'alors inaccessible, quand ce n'est pas un public plus local. «Les Voies nous permettent de lier la culture à son quartier et donc de l'inscrire dans la réalité», confirme Michel Gendron.

    Esprit d'appartenance

    À cet élan collectif, s'ajoute en effet la consolidation de l'esprit d'appartenance au quartier. Un sentiment qui transcende les préoccupations culturelles et trouve, chez plusieurs organismes communautaires, l'étincelle nécessaire à la mise en valeur du Centre-Sud.

    Chez Inter-Loge par exemple, un organisme à but non lucratif qui développe et gère de logements sociaux, les Voies culturelles des faubourgs permettent à celui-ci de faire reconnaître ses efforts en matière de rénovation. Ceux-ci tiennent en effet à ce que les travaux soient effectués dans le respect de l'époque où ont été érigés les bâtiments. «L'enjeu pour nous c'est de mettre en place des valeurs qui représentent le quartier, explique Louise La Rue d'Inter-Loge. On trouve intéressant qu'on puisse le faire à travers un organisme comme les Voies».

    C'est là que réside l'originalité des Voies culturelles des faubourgs. En effet, l'organisme ne se contente pas de s'occuper de la vie culturelle de son quartier, il s'attarde aussi à son histoire et à ses aspirations. Une façon de mettre en valeur les particularités du Centre-Sud et ainsi d'en faire un lieu intime. «C'est pour nous, une façon de faire connaître aux gens les efforts qui sont faits pour conserver le cachet du quartier, explique Mme La Rue. On contribue ainsi à maintenir notre patrimoine collectif.»

    Petite révolution

    La naissance des Voies culturelles des faubourgs témoigne donc de l'engagement de ses membres à investir leur quartier. À long terme, les Voies aimeraient bien étendre leur influence à tout l'arrondissement Ville-Marie. Une présence qui se veut également de plus en plus visible. C'est dans cet esprit que les principaux édifices culturels du Centre-Sud ont été «marqués» du sceau du l'organisme cette semaine. «On avait déjà tenté l'expérience, il y a quelques années et cela avait bien fonctionné», rappelle M. Caron.

    Par cette action, les Voies ne visent rien de moins qu'une identification permanente des lieux culturels qui animent le Centre-Sud. Sorte de fanion qu'on aurait posé sur un fort culturel, leur stratagème pourrait fort bien être suivi par les autres arrondissements montréalais.

    En effet, Culture Montréal a récemment invité l'organisme à venir lui présenter les grandes lignes de son projet. «On est présentement en discussion avec Culture Montréal, confie Denys Caron. Ils aimeraient beaucoup que chaque arrondissement ait son organisme culturel indépendant». Un intérêt qui témoigne de l'importance des Journées de la culture qui ont su semer dans ce quartier les germes d'une petite révolution.












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