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Henri, pis sa gang

Je ne sais pas en ce qui vous concerne, mais ça fait une mèche que je n'ai pas vu Henri Band en concert. Pourtant, le groupe, un fleuron de Lachute, nous assure qu'il n'a pas chômé cet hiver et qu'il a écumé le houblon dans quelques débits de nectar sur le Plateau

À la veille de sortir une suite à Henri III, qui remonte à 1998 — après un divorce coûteux avec leur ancienne compagnie de disques à qui «on a expliqué que chaque chanson était un hit pour nous autres», dixit Robert Simard, parolier et chanteur du groupe —, Henri Band se remet sur pied et s'apprête à chanter de nouvelles compositions autour des vertus de la bonne bière, une bière teintée de conscience sociale, il va sans dire. «Ce que j'écris porte à réflexion. J'ai toujours trouvé que c'est un beau tour de force que d'arriver à mettre en musique, sur un rock'n'roll de campagne un peu country, une réflexion philosophique sur le mal, de dépasser un style musical pour explorer un autre type de conscience», résume Simard.

Le groupe a repris ses billes et a fait ce qui lui plaisait. En 12 ans, il a connu peu de changements de personnel et continue de faire ce qu'il fait le mieux, ce qu'il a toujours nommé du «rock agricole», entre le traditionnel et une attitude punkette.

«On s'est installés sur le Plateau, pour faire de la gymnastique. On se voyait pus, fait qu'on s'est dit qu'il fallait jouer, pour s'assurer de se voir une fois par semaine. Fait qu'on partait sur la brosse.»

Pour le spectacle, «on fait ce qu'on fait de mieux, nos gros rigodons corrosifs». Mais, complète Daniel Gagné, comparse de la première heure, «les tounes refusent de stagner. Et le groupe est plus tigh que jamais, avec l'expérience». L'engouement renouvelé pour le trad au Québec n'a rien pour forcer Henri Band à se remettre en

question.

«En dix ans, on n'a eu aucun crisse de succès, pis on continue à faire de la musique. C'est énorme dans nos vies», note Simard. De toute façon, «la seule pression qu'on connaît, c'est la bière pression», conclut Gagné. À boire, dimanche, 21h, aux FrancoFolies.
 
 
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